Quelle que soit la situation, MSF s’efforce toujours de venir en aide aux personnes oubliées par les autorités et les autres groupes humanitaires, comme les prostitués, les enfants de la rue, les prisonniers, les toxicomanes ou les malades mentaux. Dans certains endroits, les autorités en place détournent systématiquement leur attention de certains groupes pour des motifs ethniques ou politiques.

Les faits : 

Dans de nombreux pays, MSF soigne des prisonniers atteints de la tuberculose.

MSF soigne des gens qui sont exclus des soins contre leur gré.

MSF offre des soins aux travailleurs du sexe et aux toxicomanes.

MSF offre des soins aux personnes qui en sont exclues en raison d’une condition médicale stigmatisée.

Lorsque l’on parle d’« urgence », on imagine souvent des catastrophes à grande échelle, comme un tremblement de terre ou une guerre. Or, une bonne partie du travail de MSF porte sur des urgences ignorées du grand public qui, même si elles ne font pas la une des médias, n’en sont pas moins graves.

Quelle que soit la situation, MSF s’efforce toujours de venir en aide aux personnes oubliées par les autorités et les autres groupes humanitaires, comme les prostitués, les enfants de la rue, les prisonniers, les toxicomanes ou les malades mentaux. Dans certains endroits, les autorités en place détournent systématiquement leur attention de certains groupes pour des motifs ethniques ou politiques.

Quand des gens sont exclus de la société ou oubliés par leur gouvernement, MSF peut intervenir pour les aider à guérir de leurs blessures mentales ou physiques et témoigner sur leur sort. 

Forte de ses 40 ans d’expérience, MSF prend le temps de bien comprendre les personnes qu’elle prend en charge et les endroits où elle intervient. MSF va au devant de ceux qui n’ont pas de structures médicales à proximité de chez eux et leur apporte des soins.

Prisons

Dans certains pays, l’accès aux soins pour les personnes incarcérées est limité, voire inexistant, et leurs conditions de vie sont généralement mauvaises. Parmi ces personnes, la malnutrition, la déshydratation et les infections cutanées et respiratoires sont courantes. Dans les pays où la tuberculose sévit, les cellules surpeuplées peuvent devenir un terrain fertile pour la maladie.

Depuis 2010, MSF œuvre dans trois prisons de la capitale du Cambodge, Phnom Penh, qui abritent le quart des prisonniers du pays. Les équipes de MSF offrent des soins et des traitements contre le VIH et la tuberculose et ont adopté des mesures pour mieux contrôler les infections, comme une zone de quarantaine dans l’une des prisons.

Pour empêcher les patients de contracter une résistance aux médicaments, notre personnel offre des suivis médicaux après le transfert ou la libération des prisonniers. MSF s’assure qu’ils peuvent obtenir les médicaments et les services médicaux dont ils ont besoin.

Violence, abus de drogues et travailleurs du sexe

C’est à Tegucigalpa, la capitale du Honduras, que le taux d’homicide est le plus élevé au monde. À cause du trafic de drogues, les gangs extorquent les entreprises, terrorisent les habitants et se livrent à de violentes guerres de territoires. Les gens ont souvent trop peur d’aller se faire soigner.

Au Honduras, de nombreux migrants gagnent leur vie en se lançant dans le commerce du sexe ou de la drogue. Par ailleurs, l’absence de soins et la montée rapide du commerce du sexe ont fait augmenter les infections sexuellement transmissibles.

« J’ai été violée quand j’avais 17 ans », explique une patiente de MSF au Honduras, désormais âgée de 25 ans. « Je suis tombée enceinte et ma famille m’a rejetée. Je me suis retrouvée à Tegucigalpa où je me suis prostituée pour nous faire vivre, moi et mon fils. »

« J’étais pleine de rancœur et complètement désorientée. Je ne pouvais parler à personne et je n’avais plus confiance en qui que ce soit. Quand Eva [une employée de MSF] m’a envoyée voir un psychologue, j’étais très nerveuse, car j’avais de nombreux problèmes. Toutefois, je ressens moins de colère maintenant. Quand le psychologue m’écoute, je pleure et cela me soulage. Je sens que des gens sont là pour m’écouter et m’aider. »

Dans la rue, les médecins de MSF diagnostiquent les patients et leur donnent les premiers soins. Les psychologues les écoutent et les conseillent. Ceux qui ont des problèmes de santé plus graves ou chroniques et des dépendances sont orientés vers nos structures médicales. Là, les médecins et psychologues de MSF prennent en charge les victimes de violence physique, sexuelle et psychologique et soutiennent les patients pendant leur traitement.

Personnes marginalisées

D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 450 millions de personnes dans le monde souffrent de troubles mentaux, mais beaucoup sont exclues des soins.

Dans beaucoup de pays, certaines conditions médicales sont stigmatisées, comme les troubles mentaux et psychologiques. Les personnes qui en sont atteintes ont encore plus de mal à obtenir les traitements dont elles ont besoin.

« À Dadaab, j’ai vue des dizaines de personnes atteintes de troubles mentaux qui étaient enchaînées ou tenues à l’écart par leur famille, car elle ne savait absolument pas comment s’en occuper », explique le psychiatre Pablo Melgar Gomez, qui a travaillé pour MSF au camp de réfugiés à Dadaab, au Kenya, de 2009 à 2010. « Sans notre intervention, ces personnes n’auraient aucun espoir de recevoir des soins psychiatriques et seraient encore enchaînées aujourd’hui. »

Certaines conditions médicales, comme les fistules obstétricales, peuvent exclure de la société ceux qui en souffrent. La fistule obstétricale, qui est l’une des conséquences les plus graves d’un accouchement compliqué, résulte souvent en un orifice entre le vagin et le rectum par lequel s’écoulent sans cesse l’urine et les selles. Cela se produit surtout dans des régions reculées d’Afrique, où les hôpitaux, les sages-femmes et les soins obstétriques sont rares.

La plupart du temps, les femmes ayant une fistule rencontrent aussi des problèmes psychologiques. En raison des symptômes physiques, elles sont souvent exclues de la société et abandonnées par leurs maris qui les remplacent souvent par une nouvelle épouse « en bonne santé ».

En 2009, MSF a bâti un village de femmes à côté de l’hôpital général à Abéché, au Tchad. À cet endroit, les femmes atteintes de fistule peuvent se rétablir après leur opération et recevoir un soutien psychologique pour pouvoir ensuite se réinsérer dans la communauté. 

Quand des gens sont exclus de la société ou oubliés par leur gouvernement, MSF peut intervenir pour les aider à guérir de leurs blessures mentales ou physiques et témoigner sur leur sort.