Thaïlande
Pendant des décennies, ce pays a fait figure d’aimant pour les migrants économiques et les demandeurs d’asile fuyant la pauvreté ou les troubles politiques des régions voisines.
En 2001, la Thaïlande a introduit un système de couverture de santé universelle incluant les travailleurs immigrés enregistrés mais pas les sans-papiers. Or, ces derniers constituent plus des trois quarts de la population immigrée totale et n’ont généralement pas les moyens de se payer un traitement. MSF s’emploie à aider ces migrants et continue à donner une assistance médicale aux déplacés et aux minorités ethniques marginalisées.
Activités transfrontalières
MSF a continué à aider les habitants de l’État Môn (Myanmar) en 2009. Situé à la frontière thaïlandaise, cet État bénéficie d’une semi-autonomie et a ses propres autorités sanitaires mais manque de médicaments et de matériel. Les Môns vivent dans des petits villages isolés et dispersés. Le programme de MSF se concentre principalement sur le traitement et la prévention du paludisme, endémique dans cette zone. Les équipes forment des villageois à la prise en charge du paludisme et aident des centres de santé locaux. En 2009, MSF a distribué plus de 1 400 moustiquaires et assuré plus de 3 700 consultations.
En mars 2009, fort de son expérience dans l’État Môn, MSF a commencé à former du personnel médical thaïlandais travaillant dans des zones isolées de l’État de Kayah, dans l’est du Myanmar, près de la frontière thaïlandaise. Ce personnel a des contacts directs avec des minorités ethniques isolées se cachant dans la jungle et qui n’ont pas accès aux soins. MSF a également distribué des kits de diagnostic et de traitement du paludisme.
Réfugiés H’mongs
Après quatre ans de présence dans le camp de réfugiés, MSF a mis fin à ses activités en mai 2009 en raison de la tentative de l’armée thaïlandaise de vider les camps en rapatriant de force les H’mongs au Laos. En outre, les restrictions accrues visant à réduire l’accès aux traitements médicaux et à la nourriture mises en places par l’armée pour inciter les réfugiés à rentrer chez eux, ont limité la capacité de travail de MSF.
MSF a dénoncé à plusieurs reprises la politique de rapatriement forcé des gouvernements thaïlandais et lao et a réclamé l’intervention d’une tierce partie indépendante (le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés - HCR) pour garantir le respect des droits et la sécurité des réfugiés à leur retour au Laos.
À son départ, MSF avait assuré 11 200 consultations, principalement pour des infections respiratoires, des diarrhées et des dermatoses, avait fourni une aide psychologique aux personnes souffrant de stress, d’anxiété et de dépression et avait assuré un programme de planning familial. Les équipes de MSF avaient aussi vacciné des femmes enceintes et des enfants.
Après le départ de MSF, les activités des camps ont été transférées à une organisation non gouvernementale locale, avec le soutien de l’UNICEF. À la fin de 2009, le gouvernement thaïlandais a rapatrié de force plus de 4 000 H’mongs du camp, sans y associer le HCR.
Transfert du projet VIH
2009 a marqué la fin des projets VIH/sida de MSF avec le transfert, en juillet, de son dernier programme, à Phang Nga, dans le sud du pays.
Récit du patient
YH, 22 ans
YH habitait les forêts de la province de Xiangkhouang au Laos. Elle a fui en Thaïlande en mai 2005, après la mort de cinq cousins et deux soeurs, tués pendant des attaques contre sa famille. Elle vit avec son mari et leur fille de trois ans à Huai Nam Khao.
« Toute ma vie, j’ai vécu dans les forêts du Laos. Les soldats laos et vietnamiens nous chassaient tout le temps. Des soldats ont tué tous les membres de ma famille. Parfois les avions qui nous attaquaient larguaient des bombes qui répandaient un gaz jaunâtre toxique. Nous devions courir et nous cacher dans les arbres. J’ai vu beaucoup de personnes mourir. Pendant une attaque, une de mes jeunes soeurs à respiré de ce gaz toxique et est morte. Ma mère a dû la porter. »
« Mon mari a décidé que nous ne pouvions plus rester dans la forêt et que nous devrions aller en Thaïlande. Tout ce que nous avions en arrivant, c’était le couteau H’mong de mon mari, qu’il utilise pour prendre des racines. Nous avons commencé à recevoir de la nourriture de MSF. Depuis que nous avons fui le Laos, notre vie s’est améliorée parce que nous avons de quoi manger et nous ne devons pas nous cacher pendant des attaques. Mais j’ai peur qu’on nous renvoie au Laos. Je ne veux pas être renvoyée au Laos pour me faire tuer. Tout le monde dit qu’on va nous renvoyer. »
MSF travaille en Thaïlande depuis 1983.
Articles de nouvelles
MSF se retire à contrecœur après 35 ans d’activité - 06 octobre 2011
Thaïlande : MSF dénonce la politique de rapatriement forcé des réfugiés hmongs - 20 mai 2009
Une vie de peur sans aucun refuge : La lutte pour la survie et la dignité des Rohingyas - 24 février 2009
Des centaines de réfugiés hmongs renvoyés de force au Laos par la Thaïlande - 25 juin 2008
Thaïlande : MSF demande de cesser le rapatriement forcé des réfugiésdemande de cesser le rapatriement forcé des réfugiés - 31 octobre 2007
MultimÉdia
RSS – Distributions MSF de communiqués de presse, mises à jour du site Web, postes à pourvoir et événements spéciaux
BALADOS MSF * – Balados provenant de missions MSF à travers le monde
BLOGUES DU TERRAIN – Des histoires personnelles provenant de nos volontaires qui travaillent sur le terrain
BABILLARD ÉLECTRONIQUE – Les annonces, les événements et les emplois
L'ASSOCIATION DE MSF – Intranet destiné aux membres de l’Association
* Disponible en anglais seulement
