Photo: Ton Koene, MSF
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Un Travail Ardu


En Haïti, l'espérance de vie des femmes est de 58,8 ans alors que le taux de mortalité maternelle est évalué à 630 morts par 100 000 naissances vivantes (comparativement à 5 par 100 000 naissances vivantes au Canada) : c’est de loin, le pire taux de mortalité dans l'hémisphère ouest.





Dans la capitale, Port-au-Prince, des milliers de femmes doivent accoucher à la maison sans aide qualifiée. Dans bien des cas, il n'y a pas de complications et l'accouchement est relativement sécuritaire. Toutefois, lorsque surviennent des complications, les femmes doivent prendre des décisions déchirantes. Devrait-elle rester à la maison et risquer sa vie et celle de son bébé? Ou devrait-elle essayer de trouver de l’aide, sachant qu’elle devrait confronter une multitude d’obstacles pour y arriver? Le manque d'établissements de santé dans leur quartier, en partie dû à la violence, et au peu de compétences des accoucheuses traditionnelles pousse les femmes à aller chercher de l'aide ailleurs. Quitter la maison le soir venu est dangereux : bien des femmes hésitent à prendre le risque d'être confrontées aux gangs ou à d'autres types de violence en cours de route. La même crainte les habite lorsqu'elles prennent un taxi ou un tap-tap (moyen de transport local), car ceux-ci sont difficiles à trouver dans les bidonvilles la nuit tombée. De plus, il ne faut pas négliger la barrière financière et les autres problèmes de sécurité. Avoir à débourser de l’argent pour le transport, les frais hospitaliers et les médicaments signifie que la famille devra se passer d'autres biens essentiels (la nourriture ou le loyer. Elle risque également d'hésiter à visiter une clinique à l'extérieur de son quartier à cause des remarques désobligeantes que les professionnels de la santé, le personnel de l'hôpital et les autres membres de la communauté peuvent émettre.

Alarmé par le taux de mortalité maternelle, Médecins Sans Frontières a ouvert l'hôpital Jude Anne en mars 2006 dans le but de prodiguer des soins d'urgence obstétricaux à cette population très marginalisée : les femmes enceintes des quartiers populaires. Depuis l'inauguration de l'hôpital, le nombre de naissances ne cesse d'augmenter. En 24 mois, MSF a pu offrir des soins obstétricaux gratuits et de bonne qualité pour plus de 24 000 naissances, dont près de 60 % présentaient des complications qui auraient pu mettre la vie de la mère ou de l’enfant en danger. Riche de ses deux années d'expérience dans ce contexte exigeant, MSF ressent le besoin de partager son savoir par le biais de ce film pour sensibiliser les gens à la précarité de la situation et à la vulnérabilité des femmes enceintes à Port-au-Prince.

 

 

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