Crise au Yémen

Après 25 mois de conflit, le Yémen est maintenant aux prises avec une situation d'urgence humanitaire à part entière. Après un court apaisement des combats durant les négociations de paix, les frappes aériennes et les combats au sol ont repris de plus belle, avec d'énormes conséquences pour les civils. Toutes les parties armées au conflit, y compris la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite et les Houthis, mènent des attaques aveugles sans aucun respect pour les civils ou les infrastructures civiles, telles que les hôpitaux, les écoles et les marchés. Les frappes aériennes font des victimes civiles dans une proportion anormalement élevée, comme le raid aérien sur Haydan en août dernier qui a tué 10 enfants et blessé grièvement 28 autres. 

Les établissements de santé de MSF à eux seuls ont été touchés quatre fois. Le dernier bombardement, un raid aérien sur l'hôpital d'Abs le 15 août dernier, a fait 19 morts et 24 blessés, dont un membre du personnel de MSF. L'ONU rapporte que plus de 600 établissements de santé dans le pays ont cessé de fonctionner en raison de dommages ou de l'absence de personnel/de fournitures, affectant l'accès aux soins de santé pour des millions de personnes. La ville de Taïz est l'une des zones les plus touchées du Yémen, avec des combats intenses et des bombardements quotidiens sur son centre-ville densément peuplé. Taïz n'a pas vu de cessez-le-feu depuis juillet 2015. 

 

Le Yémen en chiffres

●     Population : 27,4 millions de personnes (BCAH, janvier 2017)

●     PIB / habitant : 1 400 $; au 182e rang mondial (sur 228) (Banque mondiale, 2015)

●    Mortalité infantile : 89 pour 1000 naissances vivantes; mortalité chez les moins de 5 ans : 42 décès pour 1000 naissances vivantes (ONU IG CME, 2015)

●     14,8 millions de personnes n'ont pas accès aux soins de santé (BCAH, janvier 2017)

●     Environ 3,3 millions d'enfants, de femmes enceintes et de nouvelles mères souffrent de malnutrition aiguë, dont 462 000 enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition sévère (BCAH). Plus de trois millions de personnes ont fui leur foyer en quête de sécurité; de ce nombre, plus de deux millions sont déplacés à l'intérieur du pays et plus d'un million ont provisoirement regagné leur lieu d'origine (Plan d'intervention humanitaire au Yémen, janvier 2017)  

 

Dans le Yémen en guerre, l’épidémie de choléra risque de devenir incontrôlable

 

L’épidémie de choléra au Yémen prend des proportions alarmantes. 23 500 cas suspects ont été identifiés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont déjà traité plus de 3000 patients dans les gouvernorats d’Amran, Houdaydah, Hajja, Al-Dhale’, Taiz et Ibb. En l’absence d’une réponse urgente et appropriée, l’épidémie risque de devenir incontrôlable.é.

 

Taïz : Les soins de santé en état de siège

 

Après deux ans de combats incessants, la situation médicale humanitaire à Taïz, la troisième ville la plus peuplée du Yémen, est extrêmement urgente et pourrait vraisemblablement se détériorer davantage. Les bombardements, les raids aériens, les tirs croisés, les mines et les tireurs d'élite continuent de blesser, de mutiler et de tuer les habitants, alors que l'accès aux soins de santé permettant de sauver des vies est devenu de plus en plus limité.

 

 

 

 

 

 

Activités courantes

MSF travaille dans 12 hôpitaux et centres de santé au Yémen et fournit un soutien à plus de 30 hôpitaux ou centres de santé dans 11 gouvernorats yéménites : Taïz, Aden, Al-Dhale, Saada, Amran, Hajjah, Ibb, Sanaa, Hodayda , Abyan et Lahj, et compte près de 1 600 membres du personnel, dont 82 travailleurs internationaux - ce qui en fait l'une des plus imposantes missions de MSF dans le monde en termes de personnel.

 

Choléra

Un nombre croissant de cas suspectés de choléra ont été signalés par le ministère yéménite de la Santé. MSF soutient l'hôpital Al-Sabeen à Sanaa et l'hôpital Al-Sadaqa et l'hôpital Al-Jumhori à Aden, ainsi que d'autres établissements de santé dans le gouvernorat de Taïz pour aider dans l'intervention contre la maladie. MSF approvisionne ces établissements de santé en fournitures médicales et offre de la formation au personnel, en plus d'assurer un soutien logistique pour faire de la prévention, isoler les patients présentant des symptômes suspects, prendre en charge des cas et renforcer les capacités. En plus de cet appui direct aux installations médicales, MSF a des équipes qui surveillent en permanence la situation pour pouvoir réagir rapidement à toute augmentation des cas et assurent des mesures de précaution dans les installations de MSF à Aden, Al-Dhale, Amran, Ibb et Taïz. 

MSF exhorte la communauté internationale à soutenir le fragile système de santé du Yémen pour qu'il puisse répondre à tous les besoins.

 

Malnutrition

Dans nos projets, le personnel de MSF a pu constater et traiter plusieurs cas de malnutrition. La malnutrition est une maladie complexe dont les causes sont multiples. Au Yémen, le problème de la malnutrition est plus particulièrement exacerbé par la détérioration des conditions économiques – cela crée des obstacles empêchant les communautés vulnérables d'avoir accès aux traitements et limitant leur capacité de voyager et leur revenu pour acheter la nourriture nécessaire chaque jour, entre autres facteurs - en plus des autres défis du quotidien résultant du conflit. MSF somme instamment la communauté internationale à soutenir la population yéménite avec leurs besoins et à renforcer l'infrastructure en ruine. Entre janvier et septembre 2016, MSF a traité 4 485 enfants souffrant de malnutrition à Amran, à Taïz et à Hajja.

#PasUneCible : Des établissements de santé MSF touchés âr des missiles/frappes aériennes au Yémen

Quatre établissements soutenus par MSF et une ambulance ont été touchés par des frappes aériennes ou des missiles au Yémen en l'espace de 10 mois.

1. L'hôpital d'Abs, le 15 août 2016 

2. L'hôpital de Shiara, le 10 janvier 2016

3. La tente-clinique à Al-Houban, Taïz, le 2 décembre 2015

4. L'hôpital d'Haydan, le 26 octobre 2015  

 

Vivre sous les bombes au Yémen

 

 

Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont traité des dizaines de milliers de blessés de guerre depuis l'intensification des hostilités en 2015, malgré les difficultés causées par la violence persistante, les combats et un blocus de carburant qui continue de paralyser le pays. 

MSF compte actuellement 790 membres de son personnel au Yémen. MSF a commencé à travailler au Yémen en 1986 et y maintient une présence constante depuis 2007. L'organisation y opère actuellement des projets dans les gouvernorats de Sanaa, d'Amran, d'Aden et d'Ad-Dhale, et fournit des soins médicaux dans les différentes régions du pays en cas d'urgence.

 

 

Vidéo : Une infirmière canadienne raconte l'attaque qu'elle a vécue au Yémen

Dans la vidéo ci-dessus, l'infirmière Céline Langlois de Médecins Sans Frontières (MSF) décrit comment elle s'est retrouvée sous le feu des armes, au cœur du violent conflit qui fait rage au Yémen.

 

Extrait du Rapport d'activités international de Médecins Sans Frontières (MSF) :

 

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