Photo: Ton Koene, MSF
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Rapport Annuel 2010

Message du président et de la directrice exécutive

Bruce Lampard
Président de MSF Canada
Marilyn McHarg
Directrice exécutive de MSF Canada

L’année 2010 était à peine entamée lorsque s’est produit le tremblement de terre le plus dévastateur que le monde ait connu au cours du dernier siècle. En un instant, le peuple haïtien a été plongé dans le chaos. En l’espace d’une minute, les sinistrés se sont retrouvés dans une situation où ils avaient désespérément besoin d’aide et, malheureusement, la capacité d’atténuer leur souffrance s’est avérée cruellement inadéquate. Plus de 200 000 personnes ont péri et 300 000 autres ont été blessées dans cette catastrophe.

Immédiatement après le séisme, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont parcouru la capitale de Port-au-Prince pour retrouver la trace des membres du personnel. Quant aux hôpitaux MSF, un a été entièrement détruit et les autres ont été fortement endommagés. En quelques heures, MSF a commencé à ériger des tentes et, avec le personnel et le matériel à sa disposition, les équipes ont été en mesure de fournir les premiers secours aux victimes du séisme.

Intervention historique accueillie par les Canadiens avec un appui sans précédent

Entre la date du séisme et la fin de 2010, plus de 8 000 personnes ont travaillé pour le compte de MSF dans plus de 40 sites en Haïti. Dans des structures soutenues par MSF, près de 360 000 patients ont reçu des consultations médicales, alors que 177 000 autres ont bénéficié d’un soutien psychologique. De plus, MSF a réalisé 16 000 interventions chirurgicales et procédé à plus de 15 000 accouchements. En 40 ans d’existence, MSF n’avait jamais mis sur pied une intervention d’urgence d’une telle envergure, et jamais elle n’avait connu une telle générosité de la part des Canadiens. Tous les fonds recueillis pour répondre à l’urgence en Haïti ont été utilisés en 2010. Malgré l’impact considérable de notre travail, nous avons également vu comment la communauté humanitaire internationale a failli à sa tâche de répondre aux besoins des Haïtiens. En dépit des milliers de groupes d’aide œuvrant dans le pays, des centaines de milliers d’Haïtiens continuent notamment à vivre dans des structures temporaires conçues pour un hébergement de quelques jours, mais pas pour des semaines et encore moins des mois. En tant que membre de la communauté humanitaire, MSF doit accepter une partie de la responsabilité face à cet échec.

Alors que les interventions des équipes MSF présentes en Haïti se sont stabilisées vers le milieu de 2010, d’autres crises sont survenues dans le monde. Au Pakistan, des pluies torrentielles ont causé des inondations qui ont dévasté les récoltes, submergé et anéanti des villages, et entraîné la mort de près de 1 700 personnes. Dans les provinces du Khyber Pakhtunkhwa, du Balouchistan, du Pendjab et du Sindh, 20 millions de Pakistanais se sont retrouvés sans logis ni moyens de subsistance. La montée des eaux a également touché les populations du Cachemire et des Zones tribales sous administration fédérale. MSF est intervenue en donnant bon nombre de consultations médicales dans des hôpitaux, des cliniques mobiles et des centres de traitement de la diarrhée. MSF a pris en charge plus de 8 800 enfants souffrant de malnutrition et fourni des soins de santé maternels. De plus, l’organisation a distribué 2,1 millions de litres d’eau potable par jour ainsi que des dizaines de milliers de kits de première nécessité et des tentes.

Chef de file en intervention d'urgence

Entre-temps, une équipe MSF présente au Nigeria a appris que les enfants d’un village mouraient à un rythme affolant. En procédant à une enquête, il s’est avéré qu’il s’agissait d’un problème d’empoisonnement au plomb résultant de l’exploitation du minerai d’or et, en conséquence, MSF a lancé sa toute première intervention visant à traiter les victimes du saturnisme. Au moyen de protocoles médicaux complexes, MSF a été en mesure de soigner jusqu’ici un millier enfants contaminés au plomb. Depuis lors, MSF a été reconnue pour son rôle de chef de file en matière d’urgences environnementales et a reçu le prix « Green Star » en mai 2011.

En outre, au cours de l’été 2010, l’explosion d’un camion-citerne dans un village de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a causé la mort de 269 personnes, laissant d’autres gravement brûlées. Une équipe chirurgicale MSF a travaillé avec une équipe de chirurgiens du Centre médical Sheba d’Israël pour prodiguer des soins aux survivants de l’explosion. Bien qu’aucune équipe n’ait formulé de plainte contre l’autre, MSF a été accusée plus tard d’antisémitisme par un journaliste faisant un reportage sur la catastrophe. MSF a mené une enquête approfondie sur ces accusations et en a conclu qu’elles étaient sans fondement. Le chef de l’équipe israélite a de plus rejeté la version des faits du journaliste et a rassuré MSF sur la collaboration positive qui a prévalu entre les deux groupes au cours de leur travail en RDC. Malgré ceci, une campagne de courriels virale lancée contre MSF à ce sujet persiste, au grand dam de l’organisation. La tension est déjà suffisamment forte lors d’une intervention d’urgence. Toutefois, lorsque des rumeurs fausses continuent de se répandre, ce sont non seulement le personnel et les patients concernés qui en pâtissent, mais aussi l’ensemble des travailleurs humanitaires dans le monde qui, chaque jour, aspirent à sauver le plus de vies possible.

Au mois d’octobre 2010, Haïti fut encore une fois touchée par l’adversité. Une épidémie de choléra s’est en effet déclarée pour la première fois dans l’histoire du pays. Comme peu de gens en connaissaient les symptômes, la maladie s’était déjà propagée considérablement avant nos équipes déterminent qu’il s’agissait bien du choléra. Les équipes MSF se sont remises en mode d’intervention d’urgence et ont transformé de nombreux services en centres de traitement du choléra à travers le pays. À l’instar des opérations de MSF suite au séisme de janvier 2010, l’intervention menée par MSF pour lutter contre le choléra a été la plus importante de l’histoire de l’organisation. Au total, 130 000 personnes souffrant du choléra ont été soignées, ce qui représente 43 pour cent de la totalité des cas dans le pays. En collaboration avec les autorités haïtiennes, le personnel MSF et des médecins venus de Cuba pour aider ont réussi à traiter la grande majorité des patients.

MSF a continué de soigner les personnes atteintes du choléra en Haïti jusqu’à la fin de l’année et est intervenue suite à un cyclone au Myanmar et à une épidémie de kala-azar au Sud-Soudan.

Ces crises se sont produites dans un contexte où de nombreuses équipes s’efforçaient déjà de mettre en œuvre les programmes médicaux planifiés par MSF dans des hôpitaux, des centres médicaux, des unités de santé mobiles, des structures de soins obstétriques d’urgence, des centres de vaccination et de nutrition en vue de fournir des soins à des milliers de patients qui tentaient de surmonter les effets de la violence, de la guerre et des catastrophes naturelles. Tout ce travail et ces interventions d’urgence ne peuvent se concrétiser qu’avec votre appui, chers donateurs, et nous vous en remercions.

Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Bruce Lampard

Président de MSF Canada

Marilyn McHarg

Directrice exécutive de MSF Canada

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