23 nov 2015 - 20:45

À 14 h 30, heure locale, le jeudi 19 novembre, une attaque aérienne a été lancée sur Erbin, l'une des zones assiégées à l'est de Damas en Syrie. Une demi-heure plus tard, à environ 15 h, lorsque sept blessés arrivaient pour le traitement urgent des blessures, deux missiles ont explosé juste devant l'entrée de l’hôpital de fortune le plus proche, qui est soutenu par Médecins Sans Frontières (MSF).

Deux personnes ont été tuées, six autres ont été blessées, portant le total des victimes à 13 - dont un infirmier et un auxiliaire médical qui tentaient de fournir une première assistance. Le bâtiment de l'hôpital et une ambulance ont également été endommagés. L’un des travailleurs sanitaires avait besoin d’une chirurgie à cœur ouvert pour lui sauver la vie, et un second souffrait de multiples fractures.

« La situation était chaotique », dit le directeur de l'hôpital d’Erbin, qui souhaite garder l’anonymat. « Nous commencions tout juste à soigner le premier afflux de blessés quand soudain d’autres missiles ont explosé à côté de l'hôpital. Il nous a fallu un moment pour réaliser que deux de nos collègues qui portaient secours aux blessés à l'entrée étaient eux-mêmes gravement blessés. Une situation soudainement devenue doublement dramatique ».

 

 

Le lendemain, des bombardements intenses se sont enchaînés dans le quartier de Ein Terma, également dans la zone assiégée de l’Est Ghouta. Un hôpital de fortune soutenu par MSF dans cette zone a traité 17 patients, et a rapporté le décès de six personnes peu après leur arrivée.

« MSF est horrifié que de nouveau une structure de santé et son personnel soient ciblés alors qu’ils fournissent des soins vitaux aux blessées d'une campagne de bombardements aveugles », explique Brice de le Vingne, directeur des opérations de MSF. « Nous partageons la douleur et le désespoir de ces médecins, qui continuent leur travail essentiel contre toute attente. Jour après jour, ces médecins et infirmières travaillent en état de siège et sous les bombes; ils disposent d'un équipement très limité, et sont forcés de travailler dans des bâtiments de fortune. Avec deux travailleurs sanitaires talentueux grièvement blessés, le nombre de personnel médical disponible pour ces communautés qui sont en état de siège et sous une pluie de bombes a diminué encore plus ces derniers jours. »

MSF gère six structures médicales dans le Nord de la Syrie et soutient directement plus de 150 postes de santé et hôpitaux de terrain à travers le pays, et plus particulièrement dans les zones assiégées. Il s'agit la plupart du temps de structures de fortune, sans personnel MSF, mais à qui l'organisation fournit un soutien matériel et des formations à distance afin d'aider les médecins syriens à répondre aux très importants besoins médicaux. Ce réseau de soutien a été construit sur les quatre dernières années.

 

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