4 Jan 2017 - 20:00

Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d'hiver de Récits du terrain de MSF Canada.

Diane McKenzie se  surnomme  fièrement une « maman MSF ». Elle entretient un lien étroit avec  Médecins Sans Frontières  (MSF) — son fils, Bruce Lampard, est un urgentologue qui travaille avec MSF depuis 2001 et il a même déjà occupé le poste de président du conseil d’administration de MSF Canada.

Bruce a participé à huit missions outre-mer avec MSF, de l’Afghanistan au Tchad, en passant par la Somalie. Plus récemment, en 2014, il s’est rendu à Kailahun en Sierra Leone, pour aller soi- gner les malades au Centre de traitement Ebola de MSF. Chaque fois que son fils partait travailler à l’étranger, Diane gardait contact avec lui par courriel. Elle a même imprimé ses récits et projette de les compiler pour en faire un livre.

Bruce attribue son esprit humanitaire à sa mère. Diane est infirmière et elle a travaillé dans le domaine de la santé communautaire, depuis toujours habitée par la passion d’aider les autres. Comme son fils, elle a grandi dans un foyer où il était très important et valorisé de redonner.

« À bien des égards, notre travail est similaire, sauf que le mien se fait sur une base individuelle, contrairement à lui qui traite 1000 personnes à la fois, comme Bruce le dirait si bien », dit-elle. « Je pouvais comprendre pleinement ce qu’il éprouvait. Cela m’a permis d’entretenir un lien très spécial avec lui, et j’étais très fière de ce qu’il faisait ».

Et ce lien spécial s’étend encore plus loin – les deux ont décidé  de  s’engager  pour  la  postérité    en    ajoutant    MSF    à    leur  testament.  

« Je pense qu’il est si important de regarder ce qui compte vraiment dans votre vie, et de re- donner », dit Diane. « Lorsque vous participez à ce travail, vous encouragez les autres et aidez à approfondir leurs connaissances sur MSF ». 

Bruce est très heureux de sa décision d’inclure MSF dans son testament, preuve de son fort en- gagement auprès de l’organisation. « MSF a eu un si grand impact sur ma vie que la décision    a été assez facile à prendre. Les besoins dans le monde sont énormes et l’organisation est limitée dans ce qu’elle peut faire », dit-il. « J’ai un peu d’argent que je souhaite envoyer dans cette di- rection, alors c’est ce que je vais faire ». 

 

Un soutien qui permet de sauver des vies

Bruce apprécie l’indépendance financière de MSF, ce qui rend le travail de l’organisation unique. Il explique que c’est cette indépendance qui permet à MSF de répondre aux diverses crises aussi rapidement et efficacement, souvent dans les 24 à 48 heures. « MSF se rend dans ces pays pour rejoindre les populations en situation de crise — qu’elles soient victimes d’un conflit, de négligence ou d’abus, ou encore d’épidémies. Les besoins sont absolument énormes », dit-il.

En tant qu’ancien travailleur de terrain pour MSF, Bruce connaît bien la réponse d’urgence aux besoins médicaux – travail rendu possible par les donateurs qui font un legs à MSF dans leur testament.

Bruce se souvient encore du visage du premier pa- tient qu’il a traité au tout nouvel hôpital soutenu par MSF dans l’est du Congo. « Il n’y avait pas d’hôpital dans la région auparavant. Quand nous sommes arrivés, il y avait juste trois infirmières, quelques responsables de la logistique, et moi- même », raconte Bruce. Quand l’hôpital a ouvert ses portes, aucun patient ne s’est présenté. Après quelques jours, Bruce a commencé à s’inquiéter de l’absence de patients. Mais les infirmières con- golaises l’ont rassuré en disant : « Bruce, ne vous inquiétez pas. En fait, un jour, vous allez regretter vos paroles ».

Elles avaient raison. « Pendant des mois et des mois, nous arrivions  à  peine  à  traiter  l’afflux  de patients », se souvient-il. « Mais je me sou- viens du visage du premier  patient,  un  garçon de huit ans qui avait été amené à l’hôpital par son père. Il n’avait qu’une banale infection de l’oreille, mais je lui ai dit, « Tu es notre premier patient. Nous allons t’hospitaliser   ».

L’hospitalisation de cet enfant a été salutaire pour son équipe — cela leur a permis de cons- tater que l’hôpital manquait d’éclairage et de nourriture. Frénétiquement, ils ont cherché des lanternes et des cuisiniers pour préparer le souper ce soir-là pour leur premier patient. Une expérience mémorable dont Bruce se souviendra toujours.

« Les liens d’amitié que vous tissez avec des per- sonnes locales sont très précieux. Les gens sont au centre de tout ce que nous faisons »,   dit-il.« Tout au long de votre parcours, les relations prennent une grande importance et c’est ce qui vous pousse à revenir ».

 

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