MSF a payé 86 $CAD par dose pour le vaccin contre la pneumonie, qu’elle a dû acheter auprès de pharmacies locales. Ce montant est 20 fois plus élevé que le prix mondial le plus bas du vaccin qu'il est possible de trouver à 4 $CAD par dose.

13 jui 2016 - 21:30

Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce le prix exorbitant que les États et les organisations non gouvernementales doivent payer pour vacciner les enfants les plus vulnérables.

Ces dernières semaines, dans plusieurs camps de réfugiés et sites informels en Grèce, MSF a mené des campagnes de vaccination destinées à plus de 5 000 enfants âgés de six mois à 15 ans. Ces campagnes visent à protéger les enfants réfugiés contre 10 maladies, comme la pneumonie qui représente la première cause de décès infantiles dans le monde, notamment pour ceux vivant dans un contexte de crise.

MSF appelle Pfizer et GlaxoSmithKline (GSK) à baisser le prix de leur vaccin pneumococcique conjugué (VPC)* pour les États et les organisations humanitaires en situation d’urgence.

MSF a payé 86 $CAD par dose pour le vaccin contre la pneumonie, qu’elle a dû acheter auprès de pharmacies locales. Ce montant est 20 fois plus élevé que le prix mondial le plus bas du vaccin qu'il est possible de trouver à 4 $CAD par dose.

Bien qu’elles vaccinent des enfants hautement vulnérables, les organisations humanitaires comme MSF ne sont pas en mesure d'avoir accès aux prix les plus bas pour ces vaccins. Ceux-ci sont uniquement accessibles pour les pays les plus pauvres, et ce, via Gavi, l’Alliance du vaccin. Trois doses du vaccin VPC sont nécessaires pour offrir une protection complète à un enfant.

Un autre vaccin administré par MSF lors de ces campagnes, qui protège les enfants contre six maladies, est également très onéreux : il coûte également environ 93 $CAD par dose.

« Les États et les organisations humanitaires doivent pouvoir protéger les enfants qui traversent l’une des crises les plus importantes de notre époque », explique Apostolos Veizis, médecin et directeur de l’unité d’appui aux opérations de MSF en Grèce. « Pfizer et GSK doivent baisser le prix du vaccin contre le pneumocoque. »

« Suite à l’effondrement des systèmes de santé en Syrie, en Irak et en Afghanistan, la plupart des enfants qui vivent dans les camps de réfugiés ou dans d’autres campements n’ont pas été vaccinés dans leur pays d’origine ou au cours de leur périple. Aujourd’hui, ces enfants vivent dans des conditions terribles, et leur santé ne devrait pas être en jeu alors qu'ils fuient leur pays en quête de sécurité. Nous devons les protéger à tout prix contre la pneumonie et d’autres maladies mortelles », poursuit Apostolos Veizis.

Depuis plus de six ans, MSF essaie d’obtenir un prix plus bas pour le vaccin contre le pneumocoque auprès des deux seuls laboratoires qui le produisent, Pfizer et GSK, afin de pouvoir protéger les enfants les plus vulnérables en contexte de crise. Pour l’heure, les deux compagnies pharmaceutiques ont refusé de réduire le prix du VPC, et il n’existe donc pas de solution pour vacciner les populations en situation de crise humanitaire.

Au mois de mai, MSF a remis à Pfizer et GSK une pétition ayant recueilli plus de 416 000 signatures en provenance de 170 pays, leur demandant de réduire le prix du vaccin contre le pneumocoque à 5 $US par enfant (soit pour trois doses du vaccin) pour les personnes affectées par des crises humanitaires et pour tous les pays en développement.

Au mois de mai, MSF a vacciné 3 000 enfants à Idomeni, qui se trouve à la frontière gréco-macédonienne. Depuis, les campagnes de vaccination se sont poursuivies dans les camps de réfugiés de l’Attique, dans le centre de la Grèce, sur l’île de Samos et à Athènes. Dans les semaines à venir, MSF vaccinera les enfants de la région d’Epire et sur l’île de Lesbos, en collaboration avec le ministère de la Santé grec.

 

*L'un des microbes responsables de la forme grave de la pneumonie.