Le paludisme menace des milliers de personnes À Walikale, une ville située dans la province tumultueuse du Nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC), des combats intenses faisant rage depuis quelques jours ont forcé Médecins Sans Frontières (MSF) à suspendre ses activités médicales alors que la région est actuellement en proie à une épidémie de paludisme.


RDC 2011 © Raghu Venugopal
Un médecin MSF fait ses visites dans le service de malnutrition à Mweso, une ville du Nord-Kivu en RDC. Le paludisme peut être à l’origine de 50 pour cent des décès chez les enfants malnutris pris en charge à l’hôpital.  « Les affrontements et l’insécurité à Walikale empêchent nos équipes médicales de faire leur travail », explique Andrew Mews, chef de mission à Goma pour MSF. « Nous nous inquiétons beaucoup pour les civils qui vivent dans la région car ils sont exposés à la violence qui les prive en même temps de leur accès aux soins », ajoute-il. En juin, MSF a lancé une intervention d’urgence à Walikale pour répondre à l’épidémie de paludisme. Un grand nombre des personnes affectées par cette maladie mortelle avaient déjà dû fuir à cause des combats précédents et avaient trouvé refuge dans la forêt tropicale dense qui entoure la ville. Le mois dernier, MSF prenait en charge chaque semaine plus d’un millier de patients atteints du paludisme. Désormais, la population ne peut plus recevoir ces traitements gratuits d’importance vitale.
RDC 2012 © Emily Lynch/MSF
Ces parents ont fui leur village du Nord-Kivu après l’attaque d’un groupe armé. Deux de leurs cinq enfants sont maintenant portés disparus. «  Nous ne savons pas pourquoi nous sommes venus ici. Notre pays est en guerre et nous ne savons pas où aller. La guerre est partout et tout le monde a pris la fuite », déclare le mari. « Les habitants de Walikale sont non seulement à la merci des divers groupes armés, mais doivent aussi faire face à une terrible épidémie de paludisme », déclare Andrew. « Tout autre déplacement causé par cette violence ne fera qu’exacerber leur vulnérabilité à cette maladie mortelle », renchérit-il. En RDC, le paludisme demeure la principale cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans et est endémique dans l’ensemble du pays. Bien que les activités médicales aient été interrompues à Walikale, le personnel de MSF continue de fournir des soins dans quatre hôpitaux de référence, 12 centres médicaux et quatre postes sanitaires au Nord-Kivu. L’organisation gère aussi quatre hôpitaux de référence, 19 centres médicaux et cinq postes sanitaires au Sud-Kivu. En outre, MSF dirige plusieurs centres de traitement du choléra, des cliniques mobiles hebdomadaires et des interventions d’urgence en fonction des besoins.