31 aoû 2016 - 16:15

De McKenzie Ross

Lorsque Michael Talotti est arrivé à Ramtha, en Jordanie, en février dernier, l’hôpital de Médecins Sans Frontières (MSF) était rempli de patients venant de Syrie, de l’autre côté de la frontière. Ils avaient été blessés dans des explosions et présentaient des plaies causées par des éclats d’obus.

« Une grande partie de nos patients sont amputés ou ont perdu d’autres parties du corps », dit-il. « Beaucoup porteront des cicatrices physiques et mentales pendant le reste de leur vie. »

 

Soigner les blessés de cette guerre brutale

Originaire de Bowmanville, en Ontario et chef de projet, Michael supervise actuellement un programme de chirurgie de MSF dédié aux blessés de guerre. À Ramtha, lui et ses collègues, qui comprennent 137 employés jordaniens et 12 employés internationaux, travaillent dans une aile de l’hôpital du ministère de la Santé du pays. Ils y fournissent des services de chirurgie d’urgence, de physiothérapie et un soutien psychologique aux blessés syriens. Leurs patients sont ceux qui n’ont malheureusement pas pu échapper à la violence du conflit en Syrie.

 

 

« Il arrive que l’on reçoive à l’hôpital des enfants qui ont été blessés par balle alors qu’ils jouaient dans la rue avec leurs amis, ou qui ont ramassé une mine qui traînait sur leur terrain de jeu et qui a explosé », explique Michael. « Certains ont perdu une main, des doigts ou bien d’autres parties du corps; certains racontent comment la moitié de leur famille a été emportée lors de l’explosion d’une bombe. Difficile de croire les histoires que nous entendons. »

 

Offrir de l’espoir

Selon Michael, recevoir un traitement, pour certains patients, leur permet de guérir de leurs blessures mais aussi de retrouver l’espoir. « Dans la plupart des cas, nous voyons des patients pendant des semaines, voire des mois, et ils attendent avec le sourire et avec impatience de retourner chez eux et de retrouver leur femme, leur mari ou leurs enfants. Cet espoir provient du fait que nous leur donnons la possibilité d’être à nouveau avec les leurs. »

Michael chérit les instants qu’il a passé aux côtés de ces patients, car cela lui a permis de mieux comprendre qui ils sont et ce qu’ils ont vécu. 

« Ce sont des gens forts et sympathiques qui, souvent, avaient un travail comme vous et moi », décrit-il. « Ils essaient juste de vivre au jour le jour et se retrouvent piégés dans tout cela. » Et d’ajouter : « tant que la guerre se poursuivra en Syrie, mes collègues continueront à soigner les patients dans le besoin et à leur redonner la dignité que tout être humain mérite lorsqu’il est touché par une situation hors de son contrôle. »

 

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