Les équipes MSF apportant une aide médicale et des secours d’urgence intègrent les soins de santé mentale à leurs activités. Plus d’une semaine après les événements dramatiques qui se sont produits en Asie du Sud et dans le Pacifique Sud, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) commencent à former des conseillers psychologiques locaux et à donner des soins  psychologiques aux victimes des catastrophes. Après que les puissants tremblements de terre fassent trembler les côtes des îles Vanuatu dans le Pacifique Sud, une alerte au tsunami, lancée jeudi matin, a momentanément suscité l’inquiétude. En définitive, aucun dommage n’est survenu, mais des scènes de panique ont été rapportées sur plusieurs îles. Dans les îles Samoa, une partie de la population s’est réfugiée sur les hauteurs. Cette panique survient une semaine seulement après qu’un tremblement de terre et un tsunami consécutif ont causé la mort de 137 personnes et détruit de nombreuses habitations.

Samoa : assistance psychologique fournie par des volontaires locaux

« Les gens sont traumatisés », déclare Véronique de Clerck, coordonnatrice d’urgence pour MSF à Samoa, après avoir mené plusieurs jours d’évaluation sur la côte sud de l’île, une zone fortement touchée par le tsunami. « Les habitants ont perdu tous leurs biens, certains ont perdu plusieurs membres de leur famille. Nous avons entendu parler d’une famille dont 13 membres avaient trouvé la mort. Les gens ont besoin de temps pour faire leur deuil et pour enterrer leurs proches, leurs amis. Mais après quelques jours, ils peuvent être prêts à recevoir une assistance psychologique. » Des séances de soutien psychologique sont déjà menées par des équipes mobiles dans les zones reculées. « Nous avons de nombreux volontaires, notamment des habitants de Samoa qui viennent vers nous pour offrir leur aide. Néanmoins, ils n’ont pas l’expérience pour assurer ce type d’assistance », explique Véronique. La semaine prochaine, une équipe de psychologues MSF offrira des séances de formation à des assistants psychosociaux locaux. L’équipe MSF tentera également d’identifier les personnes nécessitant des soins  psychologiques pour les transférer vers des professionnels.

Indonésie : faire le deuil en l’absence des corps

En Indonésie, de nombreuses personnes ont disparu, et l’espoir de retrouver des survivants a presque totalement disparu aujourd’hui. Les cadavres se trouvent toujours sous les décombres et les familles continuent d’attendre. Marlène Lee, psychologue MSF, apporte un soutien à certaines d’entres elles dans les zones les plus touchées par la catastrophe. « Hier, nous nous sommes rendus à Tandikat, l’une des zones les plus touchées et située dans les collines au nord de Pariaman, où plusieurs hameaux ont été emportés par des glissements de terrain », raconte-t-elle. « Les gens qui ont perdu leurs proches attendent toujours sur place que l’on extrait les corps. » Mais la zone est difficile d’accès et la plupart des routes ont été détruites. Cela rend les recherches et l’extraction des cadavres très difficiles, en particulier quand il s’agit de faire venir les machines permettant de fouiller les décombres. Pendant des jours, les gens continuent de se rendre quotidiennement sur place, ils restent assis la journée entière et attendent que les équipes de recherche extraient les corps. « Il est très important que les gens puissent enterrer leurs proches le plus rapidement possible », explique Marlène. « Nombre d’entre eux sont dans un état critique en ce moment. La plupart sont toujours sous le choc, ils pleurent, n’ont pas dormi depuis longtemps, ont perdu l’appétit et s’inquiètent du présent et de l’avenir. Il y a beaucoup de questions sans réponse. »

Philippines : vivre dans des conditions incertaines

Le sort des personnes n’ayant toujours pas reçu une assistance ou vivant dans des conditions précaires est source d’inquiétude. Aux Philippines, des milliers de personnes continuent de vivre dans des centres d’évacuation et certaines devront probablement attendre plusieurs mois avant de pouvoir retourner chez elles, plusieurs des zones touchées étant toujours sous les eaux. « Nous vivons toujours dans ce couloir. C’est bruyant, il y a des courants d’air… Ce n’est pas un endroit pour loger une famille », se plaint un père de famille dans l’un des centres d’évacuation de Pasig. À côté de lui, une femme est inquiète, elle n’a plus de maison : « Je ne sais pas quoi faire… J’ai tout perdu. » MSF intervient auprès de populations identifiées comme particulièrement vulnérables et leur fournit des soins de santé primaire, des soins  psychologiques, distribue des biens de première nécessité et apporte son aide pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement.

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