Les conditions de vie des bidonvilles aggravent l’épidémie de choléra à Freetown
MSF intervient dans des centres de traitement et via une campagne de sensibilisation
La capitale de la Sierra Leone, Freetown, se bat à l’heure actuelle contre une épidémie de choléra qui a déjà contaminé plus de 1 500 personnes et causé au moins 17 décès. Médecins Sans Frontières (MSF), en collaboration avec le ministère de la Santé, s’occupe déjà de trois unités de traitement du choléra dans la ville et a pris en charge plus de 500 patients. Chaque jour, le nombre de malades ne cesse d’augmenter. Pour faire face à cette situation, MSF prévoie d’ouvrir deux structures de traitement supplémentaires et vise à ce que celles-ci soient opérationnelles dans les 10 prochains jours.
« Nous faisons notre possible pour augmenter rapidement notre capacité de prise en charge des nouveaux patients », explique Karen Van den Brande, chef de mission de MSF en Sierra Leone. « À l’heure actuelle, nos centres de traitement du choléra sont débordés à cause du nombre de patients. Les malades qui arrivent sont de tous âges; ce ne sont donc pas seulement des enfants ou des personnes affaiblies qui courent un risque. »
Un grand nombre de patients viennent des bidonvilles où les systèmes d’assainissement et de collecte des ordures sont quasiment inexistants, ce qui rend les gens encore plus vulnérables à des maladies hydriques comme le choléra. Densément peuplée, la ville est aussi coincée entre les hautes montagnes et la mer. Également, de nombreux bidonvilles se trouvent en bord de mer là où les eaux usées se déversent le long du rivage.

Sierra Leone 2012 © Florence Demeulin
Patients atteints du choléra dans l’unité de traitement Marcauley à Freetown. Pour répondre à une épidémie de choléra dans la capitale, MSF dirige trois unités de traitement et prévoie d’en ouvrir deux prochainement.
« Les conditions de vie dans les bidonvilles créent un terrain propice à la propagation des maladies. On voit souvent des enfants jouer dans les immondices ou se baigner dans les eaux polluées. De plus, le système central d’adduction d’eau est défectueux et beaucoup de points d’eau sont contaminés. Le risque que des maladies se répandent rapidement dans ce genre d’endroits est très élevé, à moins que l’on prennent des mesures de précaution strictes », déclare Karen.
MSF, en collaboration avec le ministère de la Santé, diffuse des messages de promotion sanitaire à la population expliquant comment elle peut se protéger et protéger les autres de la maladie. Pour ce faire, il est important de bien se laver les mains, d’utiliser de l’eau qu’on aura fait bouillir au préalable et de s’assurer que les aliments sont nettoyés ou cuits convenablement avant de les consommer. Ces messages expliquent aussi comment et où trouver de l’aide en cas de problème.
« Il est primordial que les gens soient sensibilisés et qu’ils sachent où trouver de l’aide rapidement dès les premiers symptômes. En l’absence de soins, les personnes infectées peuvent décéder en l’espace de 20 heures. Certains patients sont tellement déshydratés qu’ils arrivent au centre de traitement déjà dans le coma, » ajoute Karen.
Dans le passé, MSF a déjà répondu à des épidémies de choléra à Freetown : en 2006-2007, en 1995 et en 1986. En 2011, MSF a pris en charge plus de 130 000 patients dans ses centres de traitement du choléra à travers le monde.
Grâce à l’ouverture de deux autres centres de traitement du choléra à Freetown, le nombre total de lits passera de 90 à un maximum de 200. MSF envisage aussi de mettre en place une unité de traitement du choléra à Bo, la deuxième ville en importance du pays, où MSF administre un hôpital depuis 2003.
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