Le nombre de victimes de mines anti-personnelles augmente fortement
La moitié sont des enfants.
Médecins Sans Frontières (MSF) appelle les autorités et les organisations spécialistes du déminage à multiplier les efforts pour réduire le nombre de victimes des mines anti-personnelles et des munitions non explosées dans le sud du Yémen.
Depuis quelques semaines, le nombre de personnes blessées par des mines et d’autres engins explosifs qui ont été admises dans le centre chirurgical de MSF à Aden est en nette augmentation, en particulier venant des villes de Jaar et Lawdar. Les équipes MSF ont soigné 19 patients en moins de quatre semaines, dont 11 enfants de moins de 14 ans.
Yémen 2012 © Saoussen Ben Cheikh/MSF
La salle d’opération du centre chirurgical d’urgence MSF à Aden, Yémen. Au cours des dernières semaines, le personnel médical a observé une forte augmentation du nombre de victimes, surtout des enfants, de mines anti-personnelles et de munitions non explosées.
« Le mois dernier nous avions reçu dix patients, trois desquels sont décédés de leurs blessures, explique Claudia Lodesani, médecin et coordinatrice médicale MSF au Yémen. La semaine dernière, neuf autres personnes ont été transférées de la région d’Abyan. C’était tous des enfants, pour la plupart avec des blessures potentiellement mortelles ».
Ces patients souffraient en majorité de fractures sévères des membres, nécessitant des interventions chirurgicales d’urgence et une longue rééducation. Pour certains, les conséquences sont irréversibles. C’est le cas d’Ahmed Jamal*, un garçon de 12 ans, qui a dû être amputé des deux jambes suite à ses blessures.
L’accalmie survenue dans les combats depuis juin a permis le retour de plusieurs centaines de familles déplacées par la violence dans les villes de Jaar, Lawdar et Zinjibar, dans le sud du pays. Mais de nombreuses zones sont infestées de mines anti-personnelles et d’autres engins non explosés. La population n’est pas suffisamment sensibilisée à ce problème et aux précautions à prendre pour éviter un accident.
« Ces explosifs représentent un danger très concret et potentiellement mortel pour la population, en particulier pour les enfants qui, sans le savoir, jouent dans des zones minées », poursuit Claudia Lodesani.
Il est très important que la population prenne des précautions particulières, évite les zones minées et signale aux autorités tout engin suspect.
Malgré les efforts déployés par les autorités locales et nationales pour déminer ces régions et sensibiliser la population, MSF craint que le nombre de victimes ne continue d’augmenter si la communauté internationale et les organisations spécialisées n’apportent pas un soutien plus important dans ce domaine.
MSF est présente au Yémen depuis 1986 et sans interruption depuis 2007. Aujourd'hui, l'association mène des activités médicales et chirurgicales dans les gouvernorats d’Aden, Ad-Daleh, Abyan et Al-Beyda, ainsi que dans ceux d'Amran et Hajjah, dans le nord du pays. Pour ses activités au Yémen, MSF n’accepte les financements d’aucun gouvernement et a choisi de compter uniquement sur des dons privés.
* Le nom a été modifié pour préserver l’anonymat du patient.
Dernières Nouvelles
Le manque de soins fragilise la population
Destruction des médicaments et câbles coupés
Les signataires doivent régler la question de l'accès aux médicaments
Le personnel de MSF est sain et sauf mais les rumeurs de violence persistent
11 membres du personnel portés disparus



