10 000 personnes traitées contre le paludisme chaque mois au Katanga
Le paludisme demeure la principale cause de mortalité des enfants de moins de cinq ans.
Après quatre mois d’intervention pendant lesquels 10 000 patients ont été traités chaque mois, Médecins Sans Frontières (MSF) a transféré son projet d’urgence de lutte contre le paludisme à Kinkondja, une région éloignée de la province du Katanga, en République démocratique du Congo (RDC).
« Lors de son intervention de courte durée, MSF a soigné près de 40 000 hommes, femmes et enfants qui souffraient du paludisme », déclare Melanie Silbermann, coordonnatrice médicale de MSF à Lubumbashi. « Quand nous sommes arrivés, un patient sur 10 devait être hospitalisé immédiatement. Dans les dernières semaines de notre intervention, ce chiffre est passé à un patient sur cent. »
Au départ, pour faire face à une épidémie de choléra dans la région, MSF avait une équipe temporaire en poste à Kinkondja. L'équipe avait déjà pris en charge un millier de personnes lorsqu’elle a été alertée du grand nombre d'enfants mourant du paludisme. Les chants et les percussions qui accompagnent généralement les enterrements retentissaient nuit après nuit et attestaient du besoin de lancer une intervention d’urgence.
République démocratique du Congo © Francesco Di Donna
Au cours des quatre derniers mois, MSF a soigné près de 40 000 patients atteints du paludisme dans la province du Katanga. L’intervention est l’un des nombreux projets d'urgence pour répondre à l’épidémie qui fait rage dans toute la RDC.
Pour répondre à ce besoin, MSF a immédiatement mobilisé une équipe médicale d'urgence pour envoyer des cliniques mobiles dans la région. Les centres de santé locaux ont été approvisionnés avec des tests de diagnostic rapide et des médicaments de polythérapie à base d’artémisinine de sorte que la maladie puisse être diagnostiquée et traitée dès les premiers symptômes afin d’éviter des décès inutiles.
À l'hôpital local, MSF a travaillé aux côtés du personnel du ministère congolais de la Santé pour traiter le nombre élevé de patients atteints de paludisme grave nécessitant une hospitalisation. Il est arrivé que les équipes prennent en charge plus de 100 patients en une semaine et doivent mettre en place des lits supplémentaires afin de pouvoir soigner les malades. Les patients, principalement des enfants de moins de cinq ans, étaient souvent dans un état critique et plus de la moitié d'entre eux avaient besoin d'une transfusion sanguine.
En RDC, le paludisme demeure la principale cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans et est endémique dans tout le pays. Dans la province du Katanga et ailleurs au Congo, l'absence d’autres fournisseurs de soins médicaux et un système de santé surchargé contribuent à rendre la population vulnérable face au paludisme.
L’intervention d'urgence de MSF permet de sauver des vies à court terme, mais à plus long terme, l'organisation ne peut pas résoudre la crise à elle seule. MSF appelle le gouvernement congolais, les intervenants nationaux et internationaux de la santé à prendre des mesures rapides et durables pour prévenir et traiter le paludisme afin d'éviter que des enfants meurent inutilement.
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