De nouvelles violences touchent la région occidentale
MSF renforce ses capacités de prise en charge à Taï et Duékoué suite au départ du personnel médical.
Face aux nouvelles attaques survenues en début de semaine près de Taï à la frontière libérienne, MSF a renforcé ses capacités de prise en charge dans les hôpitaux de Taï et Duékoué afin de pouvoir faire face à un éventuel afflux de blessés. MSF craint une désertification sani Taïre dans la zone au sud de Taï. Le personnel de santé au même titre qu’une partie de la population ont déjà fui les hostilités.

Côte d’Ivoire 2012 © Andrei Quillien/MSF
En janvier 2011, MSF a ouvert un programme d’urgences médicales et chirurgicales à l’hôpital de Duékoué. Elle a aussi renforcé ses capacités de traitement en cas de nouvel afflux de patients.
Depuis plusieurs mois, MSF a été témoin d’une dégradation de la sécurité dans la région occidentale de la Côte d’Ivoire. Des attaques transfrontalières régulières de la part de milices libériennes se sont intensifiées à partir du 7 juin dernier lors d’une attaque contre une patrouille conjointe des forces armées ivoiriennes (FRCI) et onusiennes (Onuci) faisant 18 morts dont sept casques bleus nigériens. Les hostilités se poursuivent dans certains villages au sud de Taï.
Le 12 juin, MSF a reçu à l’hôpital de Taï quatre blessés par balle qui ont été transférés à l’hôpital de Duékoué pour des interventions chirurgicales. Aujourd’hui, les populations fuient toute la zone de Taï à Tabou vers le nord depuis que la zone a été définie comme zone militarisée. Les forces armées onusiennes et ivoiriennes y ont renforcé leurs effectifs afin d’éviter de nouvelles attaques, tandis que le Liberia voisin a déclaré sa frontière (principalement le fleuve) fermée. Pour des raisons de sécurité évidente, il est fortement déconseillé à des organisations non gouvernementales de se rendre sur l’axe sud Taï/Tabou. Dans cette région forestière isolée, le travail des humanitaires est de toute façon difficile en raison de l'insécurité qui y règne mais aussi du très mauvais état des pistes.
« La situation est très préoccupante », explique Issiaka Abou, chef de la mission en Côte d’Ivoire. « Les gens ont peur et fuient leur village. Nous craignons aussi que les populations n’aient pas accès aux soins parce que les centres de santé de cette région sont déjà peu nombreux et pas très bien équipés et parce que le personnel de santé risque de fuir avec le reste de la population. »
Plus de 4 000 personnes se sont déjà réfugiées dans le village de Taï et la plupart ont été accueillies dans des familles. Taï est le seul hôpital au nord de la zone militarisée où, depuis plusieurs mois, des incidents sporadiques ont lieu.
« Jusqu’ici nous avions reçus quelques blessés qui arrivaient par leurs propres moyens des villages attaqués au sud de Taï. En cas de combats, comme nous ne pouvons aller chercher les blessés, nous comptons sur le système d’ambulance mis en place par la Croix-Rouge », ajoute Issiaka.
Pour l’heure, MSF a renforcé ses capacités d’intervention dans l’hôpital de Taï afin de faire face à un potentiel afflux de blessés. « L’hôpital dispose du matériel d’urgence permettant la prise en charge d’une centaine de blessés », explique Issiaka. « Nous avons également renforcé nos moyens en matière de transfert des urgences vitales vers l’hôpital de Duékoué. » L’hôpital de Taï ne compte qu’une vingtaine de lits et ne dispose pas de bloc opératoire. Tous les patients devant être opérés d’urgence seront pris en charge à l’hôpital de Duékoué où les équipes MSF ont mis en œuvre le plan d’urgence.
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