L’afflux massif de réfugiés provoque une situation de crise
MSF alerte sur les conditions de vie alarmantes dans les camps de réfugiés surpeuplés et inadaptés.
Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur les conséquences médicales catastrophiques provoquées par l’afflux de dizaines de milliers de nouveaux réfugiés en provenance du Soudan vers le Soudan du Sud dans des camps déjà surpeuplés et qui n’offrent pas l’assistance la plus élémentaire. Avec des réserves en eau qui s’épuisent et une assistance insuffisante, la situation dans les États du Nil Supérieur et d’Unité évolue rapidement vers une crise humanitaire. L’aide médicale ne suffit plus quand il manque des abris, de la nourriture et de l’eau à des populations qui arrivent dans un état déjà critique.
Dans l’État du Nil Supérieur, quelque 35 000 réfugiés ont franchi la frontière au cours des trois dernières semaines pour arriver dans un camp qui peine à répondre aux besoins en eau des 70 000 personnes déjà installées dans la zone. Les nouveaux arrivants se sont d’abord regroupés sur un site temporaire où les réserves d’eau ont vite été épuisées. Au cours de la nuit de lundi, les 15 000 personnes qui se trouvaient encore sur ce site n’ont eu d’autre choix que de parcourir les 25 kilomètres qui les séparaient du plus proche point d’eau.

Soudan du Sud 2012 © Jean-Marc Jacobs/MSF
30 000 nouveaux réfugiés ont afflué ces deux dernières semaines de l’État du Nil Bleu, au Soudan, vers l’État du Nil Supérieur, au Soudan du Sud. Ils ont rejoint les 70 000 réfugiés déjà entassés dans des camps bondés.
« Nous nous sommes rendus là le mardi matin pour leur apporter une assistance médicale et organiser des points de réhydratation le long de la route », explique Erna Rijnierse, coordonnatrice médicale pour MSF. « Nous avons vu des gens particulièrement faibles mourir de déshydratation en route, trop affectés pour être sauvés par des soins médicaux même en urgence. » La situation de ces populations ne saurait être plus critique et il est urgent de leur offrir un lieu avec des abris, de l’eau et de la nourriture le plus rapidement possible.
Dans l’État d’Unité, la taille du camp de réfugiés de Yida a augmenté de façon significative au cours des deux derniers mois pour accueillir aujourd’hui quelque 50 000 personnes, avec environ 1000 nouveaux arrivants chaque jour.
« À ce jour, notre principale inquiétude est que la moitié des patients que nous voyons en consultation souffrent de maladies hydriques cependant faciles à prévenir grâce à un accès à l’hygiène, l’assainissement et de l’eau potable en quantité suffisante », déclare André Heller-Perrache, chef de mission pour MSF au Soudan du Sud. « Nous voyons de nombreux patients, principalement des enfants, souffrant de diarrhée et dont la vie est menacée, qui reviennent plusieurs fois à l’hôpital pour y être traités. Nous observons également une augmentation des cas de malnutrition. »
La majorité des nouveaux arrivants en provenance du Soudan ont dû marcher des jours, voire des semaines, et se trouvent dans un état de santé plus critique que les personnes arrivées au cours des mois précédents. En dépit des efforts fournis par les rares organisations présentes, les conditions et les structures d’accueil dans les camps sont largement insuffisantes pour faire face à l’afflux récent de réfugiés ainsi que pour répondre aux besoins des populations déjà installées dans les camps.
L’arrivée des pluies aggrave la situation. « Alors que la saison pluvieuse s’intensifie, la situation des populations réfugiées devient de plus en plus précaire », ajoute André Heller Perrache. « Certaines voies d’accès indispensables aux secours sont déjà impraticables. MSF appelle donc tous les acteurs de l’aide présents à fournir une assistance de base afin de pouvoir répondre aux besoins des populations toujours plus nombreuses dans les camps. »
MSF mène une intervention massive dans les camps de réfugiés avec plus de 300 employés nationaux et une cinquantaine d’employés internationaux. Au total, MSF fournit chaque semaine aux nouveaux arrivants plus de 6 500 consultations médicales ainsi que des soins de première urgence. MSF promeut également la prévention d’épidémies notamment en menant des campagnes de vaccination contre la rougeole auprès des enfants de moins de 15 ans.
À Maban, dans plusieurs campements temporaires, MSF traite l’eau et la distribue, mais les réserves arrivent à leur fin : « C’est pourquoi il est indispensable que plus d’acteurs s’engagent à relocaliser les nouveaux réfugiés et à fournir des conditions de vie mieux adaptées aux populations vivant déjà dans les camps », ajoute Erna.
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