30 000 nouveaux réfugiés n’ont nulle part où aller
L’ONU doit réagir maintenant.
Médecins Sans Frontières (MSF) appelle le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (UNHCR) à identifier immédiatement un site adéquat pour accueillir les 30 000 nouveaux réfugiés qui ont afflué ces deux dernières semaines de l’État du Nil Bleu, au Soudan, vers l’État du Nil Supérieur, au Soudan du Sud.
Chaque jour, 2 000 nouveaux réfugiés traversent la frontière et ont besoin d’aide humanitaire de toute urgence. Ils rejoignent ainsi dans cette région 70 000 réfugiés qui ont déjà fui les combats entre les forces armées soudanaises et le Mouvement populaire de libération du Soudan, un groupe armé du Nord.

Soudan du Sud 2012 © Jean-Marc Jacobs/MSF
30 000 nouveaux réfugiés ont afflué ces deux dernières semaines de l’État du Nil Bleu, au Soudan, vers l’État du Nil Supérieur, au Soudan du Sud.
« Nous sommes confrontés à une véritable urgence », explique le coordonnateur des urgences de MSF, Patrick Swartenbroekx. « Nous offrons aux réfugiés des soins médicaux, traitons et distribuons chaque jour à leurs points de rassemblement temporaires 90 000 litres d’eau provenant d’étangs. Mais les étangs seront vides d’ici la fin de la semaine. La situation deviendra alors vraiment critique. »
Depuis décembre 2011, les pénuries d’eau entravent la réponse humanitaire dans les deux camps de réfugiés que compte cette région reculée de l’État du Nil Supérieur. Le camp de Doro a pratiquement atteint sa pleine capacité tandis que dans le camp de Jamam, chaque personne reçoit moins de sept litres d’eau par jour, soit moins de la moitié du minimum requis en cas d’urgence. Près de 40 pour cent des consultations qui sont réalisées dans la clinique de MSF concernent des cas de diarrhée.
Après de longues discussions, un troisième camp de réfugiés va être mis en place à Yusuf Batil, mais il ne peut fournir actuellement de l’eau qu’à environ 4 000 réfugiés. Alors que les camps existants sont pleins ou manquent d’eau, une solution alternative doit être trouvée de toute urgence.

Soudan du Sud 2012 © Jean-Marc Jacobs/MSF
Depuis la semaine dernière, MSF prodigue des soins aux patients les plus gravement malades. Elle a donné 214 consultations pour des diarrhées et 34 pour des cas de malnutrition infantile aiguë.
À l’heure actuelle, les nouveaux réfugiés sont rassemblés sous des arbres à un endroit appelé Rum. Seuls quelques-uns d’entre eux disposent de bâches en lambeaux pour se construire un abri. Depuis la semaine dernière, MSF prodigue des soins aux patients les plus gravement malades. Elle a donné 214 consultations pour des diarrhées et 34 pour des cas de malnutrition infantile aiguë. Les réfugiés sont épuisés et ont déjà passé des mois dans la brousse pour fuir les combats. Beaucoup racontent des histoires atroces sur les plus faibles ou les blessés qui s’effondraient en chemin. Une marche qui a duré au moins deux semaines, et encore bien plus pour bon nombre d’entre eux.
« Nous avons marché avec très peu d’eau et de nourriture avec notre famille pendant plus de 17 jours », explique un père entouré de ses enfants. « Il y a encore beaucoup de gens sur la route, dont des personnes âgées ou affaiblies. Beaucoup souffrent de diarrhée. »
« Un scénario cauchemardesque est en train de se dessiner », prévient Jean-Marc Jacobs, chef de mission adjoint de MSF. « Depuis plus de trois mois, MSF tire la sonnette d’alarme sur la nécessité de fournir davantage d’eau et de se préparer à de nouveaux afflux de réfugiés. Nous sommes confrontés maintenant à une situation qui requiert de la part de toutes les organisations une action immédiate et efficace dès aujourd’hui et dans les deux ou trois jours à venir. »

Soudan du Sud 2012 © Jean-Marc Jacobs/MSF
Les nouveaux réfugiés se sont rassemblés sous des arbres à un endroit appelé Rum. L’eau viendra à manquer d’ici la fin de la semaine.
Avant que les étangs de Rum soient asséchés, MSF entend fournir de l’eau et des soins médicaux aux nouveaux réfugiés. Entre-temps, l’organisation fait pression sur l’UNHCR et les autres organisations humanitaires dans le comté de Maban pour qu’ils trouvent un site où installer ces réfugiés.
Les activités prioritaires comprennent l’identification de sites pouvant accueillir des dizaines de milliers de réfugiés, l’approvisionnement immédiat et en quantité suffisante d’eau traitée, l’aménagement des routes en urgence pour permettre l’accès des réfugiés aux camps, sans quoi la saison des pluies rendra cet accès impossible, et la mise en place de plans de secours concrets avec des ressources adaptées pour les prochains nouveaux arrivants.
Depuis novembre 2011, MSF mène une opération médicale d’urgence de grande envergure en faveur des réfugiés dans l’État du Nil Supérieur. L’équipe compte aujourd’hui sur le terrain 250 collaborateurs sud-soudanais et plus de 40 collaborateurs internationaux qui gèrent deux hôpitaux de campagne et réalisent plus de 3 000 consultations par semaine. L’équipe dirige également des cliniques mobiles aux points de passage frontaliers. Elle assume aussi le traitement et la distribution de l’eau, une activité d’urgence vitale.
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