MSF vaccine 117 000 personnes contre le choléra
Une approche prometteuse pour répondre aux épidémies
En quelques semaines, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) en Guinée ont vacciné 117 000 personnes contre le choléra dans la région de Boffa, à 150 kilomètres au nord de Conakry, la capitale guinéenne. C’est la première fois en Afrique que des populations sont protégées pendant une épidémie grâce à un vaccin oral pris en deux doses. Suite à cette vaccination, c’est toute la réponse aux épidémies de choléra dans le monde qui pourrait être améliorée.
En collaboration avec le ministère de la Santé guinéen, MSF s’est concentrée sur une région côtière près de Conakry, qui était considérée comme un foyer actif de choléra. « Nous étions confrontés à un début d’épidémie et nous souhaitions tout d’abord protéger les gens en les vaccinant et ainsi limiter la propagation du choléra », explique Dominique Legros, médecin en charge des initiatives innovantes pour MSF à Genève.

2012 Guinée © MSF
Une patiente guinéenne prend une dose orale du vaccin contre le choléra. Le travail de MSF en Guinée a montré que la vaccination contre le choléra est possible en période épidémique.
« MSF est régulièrement engagée dans la réponse aux épidémies de choléra et il est toujours difficile de les contrôler », poursuit Dominique Legros. « La vaccination orale nous donne un nouvel outil pour essayer d’endiguer la maladie qui évolue très rapidement. C’est en contrôlant les foyers actifs que nous pourrons diminuer la propagation. On se doit d’utiliser cette nouvelle approche et d’en documenter les résultats. »
À la suite de la vaccination, MSF et son partenaire Épicentre ont renforcé la surveillance épidémiologique de routine afin de suivre l’évolution de l’épidémie et l’efficacité vaccinale sur les six prochains mois.
L’analyse des résultats de la surveillance épidémiologique servira également pour l’élaboration d’une stratégie globale pour les futures épidémies. MSF pourra déployer rapidement des équipes pour vacciner les communautés ciblées. L’organisation sera en mesure de protéger davantage de gens et ce, très rapidement.
Bien que le vaccin anticholérique représente un nouvel outil prometteur dans la réponse aux épidémies de choléra, celui-ci ne peut être utilisé seul. Les activités de sensibilisation, de prévention et d’hygiène auprès des communautés demeurent les mêmes, ainsi que la prise en charge médicale des cas déclarés. De plus, un accent particulier doit être mis sur l’accès à une eau potable de qualité.
« En investissant dans l’eau et l’assainissement, ce sont toutes les maladies hydriques qui peuvent être contrôlées. Le vaccin oral contre le choléra n’est pas la solution miracle aux maladies diarrhéiques en Afrique », ajoute le Dr Legros.
MSF montre aujourd’hui que la vaccination contre le choléra est possible en période épidémique. Une formation de base est suffisante pour les équipes. Le vaccin est facile à administrer aux patients, il provoque peu d’effets secondaires et il est bien accepté par les populations.
Entre la fin avril et la mi-mai 2012, MSF a envoyé 31 équipes de vaccination sur trois bases : Boffa, Tougnifili et Koba en Guinée. Le travail de nos équipes a permis de vacciner 68 pour cent de la population cible (estimée à un peu plus de 163 000 personnes) avec les deux doses du vaccin. Cette opération s’est tenue en collaboration avec le ministère de la Santé guinéen et les autorités sanitaires présentes sur la zone littorale de Boffa.
De plus, les équipes de MSF ont entrepris de vacciner près de 50 000 personnes dans la région de Forécariah, au sud de la capitale Conakry.
Le vaccin contre le choléra qui s’administre en deux doses espacées de deux à six semaines a été approuvé par l’Organisation mondiale de la Santé. Il offre une protection de plus de 60 pour cent pendant au moins deux ans. Ce vaccin est bien connu de MSF. Dans le passé, l’organisation a utilisé le vaccin à titre préventif dans des pays où le choléra est endémique mais c’était la première fois qu’elle y recourait pendant une épidémie en Afrique.
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