Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Les survivants du séisme reprennent leur vie en main grâce au soutien psychologique

MSF travaille avec des organisations turques


Turquie | 27 janvier 2012

Les enfants sont retournés à l’école; les magasins et les marchés ont rouverts. Trois mois après que les deux séismes aient secoué la province de Van, dans l’est de la Turquie, les survivants tentent de reprendre le cours normal de leur vie. Toutefois, la plupart des gens vivent toujours dans des tentes ou des conteneurs et ont du mal à se remettre leur expérience traumatisante.

Médecins Sans Frontières (MSF), en partenariat avec la branche turque de l’organisation Helsinki Citizens’ Assembly (HCA), aide la population à reprendre pied grâce à son programme de santé mentale.

« Les gens présentent les symptômes habituels liés au stress : cauchemars, perte d’appétit, problèmes de sommeil ou même insomnies. Ils se sentent démunis, ils ont peur de mourir, et certains ne reconnaissent même pas leur village », explique Maria Palha, une psychologue travaillant pour MSF à Van. « Au départ, ils étaient réticents à l’idée de venir à nos séances de groupe, puis, petit à petit, nous avons gagné leur confiance, et maintenant ils parlent ouvertement de leurs frustrations et reviennent chaque semaine », ajoute-t-elle.


Turquie © MSF
Trois mois après que les deux séismes, les survivants tentent de reprendre le cours normal de leur vie. Toutefois, la plupart des gens vivent toujours dans des tentes ou des conteneurs et ont du mal à se remettre leur expérience traumatisante.

En collaboration avec le ministère turc de la Famille et des Politiques sociales et le Centre de coordination des crises à Van, MSF et HCA ont démarré en décembre dernier un programme de soutien psychologique de deux mois dans 31 villages en périphérie de la ville. Jusqu’à présent, 3 000 femmes et 1 800 hommes ont bénéficié de ces séances de groupe et 40 personnes présentant de plus graves symptômes ont participé à des séances de santé mentale individuelles.

Dans l’un des villages, nous avons reçu un garçon de cinq ans qui est venu avec sa mère. Voici ce qu’il nous a dit : « J’ai peur sans arrêt et ma mère est toujours en colère. Vous devez nous aider. » Ceci montre que la population comprend maintenant que le soutien psychologique peut les aider, et cela marque une première victoire », ajoute Maria.

MSF a aussi contacté les instituteurs des villages pour leur offrir son aide. L’organisation fournit aussi un soutien psychologique à 91 familles de réfugiés et de demandeurs d’asile touchées par la catastrophe et vivant dans des campements de fortune à Van.

En plus d’apporter une aide en santé mentale, MSF, en collaboration avec des organisations turques, comme Hayata Destek et HCA, et les autorités locales, a distribué à 12 000 habitants de 37 villages dans la province de Van 2 000 tentes conçues pour l’hiver et 2 000 kits de cuisine.


Turquie © MSF

Les traces invisibles du séisme
Témoignages tirés des séances de groupe

Un membre de l’équipe de secours : « Un bâtiment était en train de s’écrouler. Lorsque je suis arrivé, un homme m’a demandé d’aller chercher sa femme et son bébé. Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour les sauver, mais l’immeuble s’est effondré et ils sont morts. La seule chose que je pouvais faire était de pleurer aux côtés de cet homme. Ce moment me hante encore dans mes rêves. »

Une fillette de huit ans : « Je ne vais quand même pas perdre tous mes cheveux et devenir chauve? Merci, je vais le dire à ma mère car elle aussi s’inquiétait. »

Un jeune homme de 21 ans : « Je ne peux pas vous parler à l’extérieur parce qu’il y aurait des commérages. Je sais que vous êtes là chaque semaine, mais ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai eu le courage de venir vous voir. J’ai l’impression de devenir fou. Je ne peux pas dormir dans le conteneur car cela me rappelle mon ancienne chambre où, avec mon ordinateur, je pouvais parler à mes amis. Je ne peux plus voir ma petite amie car elle est partie dans une autre ville après avoir tout perdu dans le tremblement de terre. Je ne peux plus lire ou rencontrer mes amis car je n’apprécie plus les choses que j’aimais avant la catastrophe. Suis-je en train de devenir fou? Est-ce que vous pouvez m’aider? »

« J’ai un problème, mais je ne peux pas en parler en face des autres femmes… Après le tremblement de terre, je ne peux plus faire l’amour avec mon mari car j’ai peur de mourir dans le péché. Il est de plus en plus en colère après moi et je ne sais pas quoi faire. Pouvez-vous m’aider? »


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