Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Lutter contre les maladies tropicales

Les lacunes actuelles doivent être corrigées


Campagne d'accès | 31 janvier 2012

Organisée par la Fondation Bill et Melinda Gates, la conférence intitulée « Uniting To Combat Tropical Diseases » qui s’est tenue à Londres lundi a tiré la sonnette d’alarme sur l’impact des maladies tropicales, négligées pendant trop longtemps. Toutefois, Médecins Sans Frontières (MSF) a déclaré que les objectifs ambitieux visant à éliminer ou endiguer 10 maladies tropicales négligées ne pourront se concrétiser que si certaines lacunes importantes sont comblées.

« Bien que nous nous réjouissions que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les bailleurs de fonds et les agences de développement aient enfin décidé d’attirer l’attention sur ces fléaux, nous restons préoccupés par le fait que les problématiques liées à certaines de ces maladies soient passées outre », explique Daniel Berman, directeur adjoint de la Campagne d’Accès de MSF. « L’augmentation des dons de médicaments par l’industrie pharmaceutique ne constitue qu’une réponse partielle au problème. Il est toutefois impossible d’éliminer ou d’endiguer par exemple la maladie de Chagas, le kala-azar ou la maladie du sommeil sans renforcer les programmes qui permettent de dépister et de traiter les patients et sans investir davantage dans des tests diagnostics et des médicaments nouveaux et de meilleure qualité. »


Éthiopie © Michael Tsegaye
Une personne reçoit son traitement contre le kala-azar sous forme d’injections dans un projet MSF à Abdurafi, en Éthiopie. 

Pour éradiquer de telles maladies à long terme, il faut mettre au point de nouveaux diagnostics et traitements qui pourront être utilisés dans les régions éloignées par les professionnels de la santé n’ayant qu’une formation de base. Par exemple, le traitement de la maladie du sommeil se fait encore à l’aide d’une ponction lombaire douloureuse car il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement par voie orale. Les médecins doivent avoir recours à des injections et des perfusions intraveineuses, ce qui est problématique dans les dispensaires rudimentaires des zones rurales et pour les patients qui doivent endurer ce traitement pénible et douloureux.

Par ailleurs, le manque de financement chronique ne touche pas seulement les médicaments, mais aussi les programmes médicaux. Si les agences gouvernementales, comme le département du développement international de la Grande-Bretagne et USAID ainsi que l’OMS et d’autres intervenants externes, ont l’intention de prendre fait et cause pour l’éradication de ces maladies, elles devront trouver un moyen d’élargir les programmes et de renforcer les systèmes de surveillance épidémiologique. Aujourd’hui, des zones d’ombre persistent pour ces maladies tropicales négligées, comme la maladie du sommeil dont la prévalence risque de perdurer en raison de l’insécurité et du manque de ressources financières qui empêchent la population d’être diagnostiquée et prise en charge.

« Les discussions sur ces projets ambitieux et l’éradication resteront vaines si nous ne soutenons pas à 100 pour cent les programmes de lutte nationaux et les systèmes de santé des pays où cette maladie est endémique », déclare Andreas Lindner, médecin et membre de l’équipe mobile interrégionale MSF qui lutte contre la maladie du sommeil dans des pays comme le Tchad et la République centrafricaine. « Nous devons comprendre qu’en bout de ligne, ce sont les programmes de lutte nationaux, et non MSF ou d’autres organisations, qui devront endiguer cette maladie. C’est pourquoi, nous devons les soutenir et coopérer avec eux le plus possible. »

Le fait de privilégier autant les dons de médicaments inquiète MSF car les stratégies visant à éliminer ces maladies risquent d’être influencées par les produits qu’offriront les compagnies pharmaceutiques. Les engagements pris par Gilead, Novartis et d’autres entreprises reflètent les politiques de leur compagnie et pas nécessairement les priorités de santé publique.


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