Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Une journée à l’hôpital MSF de Paoua


République Centrafricaine | 06 janvier 2012


Géré par Médecins Sans Frontières (MSF), l’hôpital de Paoua est le seul de la sous-préfecture pour une population d’environ 120 000 personnes. Les équipes de MSF présentes en République centrafricaine travaillent en collaboration avec le ministère de la Santé dans tous les services de l’hôpital (pédiatrie, chirurgie, maternité, urgences, hospitalisations et consultations externes ainsi que dans la prise en charge de la tuberculose et du VIH)
.

Il est 7 heures 30 à l’hôpital MSF de Paoua. C’est le moment pour l’équipe de jour de faire le point sur la nuit écoulée avec leurs collègues de garde. Le médecin de garde de la veille explique les cas de patients qu’il a hospitalisés au cours de la nuit dans les différents services et, si certains lui ont posé problème, il demande l’avis de ses confrères.

Plus tard, vers 8 heures, la Dre Frédérique Eygonnet se dirige vers le service de pédiatrie dont elle a la charge. « Paoua est le seul hôpital de la zone », explique-t-elle. «Les patients viennent de la ville mais aussi des centres de santé situés en périphérie, à environ deux heures de route. En moyenne, nous recevons chaque jour quatre à cinq patients transférés par moto de nos centres de santé. »

D’une capacité d’accueil de 155 lits environ, l’hôpital MSF de Paoua est composé de plusieurs bâtiments qui abritent les différents services de médecine, chirurgie, maternité, malnutrition et pédiatrie. Mais aussi le « village tuberculose », une aile de l’hôpital réservée aux patients souffrant de cette maladie ainsi qu’un bâtiment dédié aux patients vivant avec le VIH.

Dans la cour centrale, sous un arbre, une dizaine de motos sont stationnées. Elles assurent le transfert des patients provenant des différents dispensaires gérés par MSF dans la brousse.

En compagnie de Neema Kaseje, la chirurgienne, Frédérique fait le tour des patients qui ont reçu ou attendent des soins chirurgicaux. Neema raconte à sa consœur qu’elle a été appelée deux fois au cours de la nuit précédente : « Vers 23 heures, on est venu me chercher pour un patient qui avait une fracture à la tête après une chute. J’y suis retournée plus tard dans la nuit pour une césarienne. Mais ça va, c’est la routine, rien de particulier à signaler aujourd’hui. »

Puis, avec l’infirmier et l’aide-soignant, Frédérique visite les services des soins intensifs pédiatriques et de néonatologie. Elle s’enquiert de chaque patient auprès de sa mère et de l’infirmier de garde. Dans le service de néonatologie, un nouveau-né préoccupe particulièrement Frédérique. Née trois jours auparavant, la petite fille souffre d’insuffisance respiratoire. Frédérique demande à l’infirmier de mener un examen radiographique.

« La visite prend beaucoup de temps, le service est surchargé, souvent deux enfants par lit... Régulièrement, ma visite est interrompue par des urgences. La plupart du temps, il s’agit d’enfants avec un paludisme grave à forme anémique, qu’il faut transfuser rapidement. »

Un peu à l’écart, deux nourrissons sont alités sous le regard inquiet de leur mère. Atteints de paludisme, ils sont anémiés et doivent recevoir une transfusion sanguine. Le paludisme est l’une des principales causes d’hospitalisation et s'il n’est pas soigné, il est souvent fatal chez les enfants de moins de cinq ans.

Gaspard a deux ans. Il a contracté le paludisme sous sa forme anémique. L’enfant présente également un marasme, c'est-à-dire une malnutrition grave. Il faut rapidement le transfuser et lui administrer un traitement antipaludéen.

« Dans certains cas de paludisme grave, de forme neurologique par exemple, les enfants ont des convulsions ou tombent parfois dans le coma. Au début de ma mission, c’était assez intimidant et même carrément stressant, on a l’impression de ne rien pouvoir gérer, de courir à la catastrophe, et puis rapidement, on réalise qu’on a acquis des automatismes, et on se retrouve à faire des massages cardiaques à des bébés dans le calme, presque sans transpirer », confie Frédérique.

Il est près de 15 heures, l’heure pour elle de retourner à la base MSF située non loin de l’hôpital. De garde ce soir, Frédérique se tient prête à retourner à l’hôpital en cas d’urgence. Mais en voiture cette fois, car les déplacements de nuit ne peuvent pas se faire à pied.

 

L’hôpital de Paoua en chiffres :

  • 155 lits au total
  • 18 lits à la maternité
  • 55 lits en pédiatrie
  • 10 à 15 nouveaux patients atteints de VIH/tuberculose admis chaque mois

Des taux de mortalité au-dessus du seuil d’urgence Des taux de mortalité au-dessus du seuil d’urgence


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