Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Survivants des villes

Sortir de l’ombre la crise humanitaire des bidonvilles


Survivants des villes | 02 novembre 2011

L’urbanisation rapide et constante des dernières décennies s’est traduite par la création de nouveaux bidonvilles partout dans le monde. Ceux qui existaient déjà sont maintenant pleins à craquer. De nos jours, plus d’une personne sur dix vit dans un bidonville. Afin de lever le voile sur les besoins humanitaires et médicaux critiques dans les zones urbaines aux quatre coins du monde, Médecins Sans Frontières (MSF), en collaboration avec l’agence de photos NOOR et les Productions Darjeeling, présente le projet multimédia Survivants des villes.

« Les habitants des bidonvilles vivent dans des conditions de vulnérabilité constantes », explique Loris De Filippi, directeur des opérations pour MSF. « Ils vivent dans des endroits qui ne sont pas conçus pour accueillir des résidents, en plus d’être victimes de discrimination et de négligence de la part des autres classes sociales. Le projet Survivants des villes nous permettra de sensibiliser les gens à la crise humanitaire qui sévit dans de nombreux bidonvilles du monde. »

Photo: Pep Bonet, Noor Images
Afrique du Sud © Pep Bonet/NOOR
Dans un bidonville de Johannesburg, un homme remplit des oreillers pour les vendre. Il vit dans l’un de ces bâtiments surpeuplés où le manque d’eau potable et d’électricité ainsi qu’une mauvaise gestion des déchets et des eaux usées est monnaie courante.

Survivants des villes est un documentaire en ligne qui fait voyager l’internaute dans cinq bidonvilles : à Dacca (Bangladesh), Karachi (Pakistan), Johannesburg (Afrique du Sud), Port-au-Prince (Haïti) et Nairobi (Kenya), où MSF mène activement des projets. Mettant en vedette le travail de photographes lauréats de NOOR, Survivants des villes permet au visiteur de mieux comprendre la vie quotidienne des habitants des bidonvilles, les enjeux humanitaires auxquels ils font face et les mesures prises par MSF pour tenter de résoudre ces problèmes.

Khurshed habite à Kamrangirchar, l’un des 5 000 bidonvilles de la capitale du Bangladesh, Dacca. Il travaille d’arrache-pied pour faire vivre sa famille et lui : sept jours par semaine, il tire un pousse-pousse dans les allées étroites de la ville. Ici, comme dans de nombreux autres bidonvilles d’ailleurs, la pollution, les mauvaises conditions de vie et le manque d’hygiène favorisent la propagation des cas de diarrhée et des maladies respiratoires. Des études de MSF ont révélé que plus de 50 pour cent des enfants de moins de cinq ans qui vivent à Kamrangirchar souffrent de malnutrition chronique.

Photo: Stanley Greene, Noor Images.
Bangladesh © Stanley Greene/NOOR
Avec ses draps blancs, roses et noirs, et ses déchets, le bidonville de Kamrangirchar surplombe le fleuve Buriganga et Dacca, la capitale du Bangladesh.

« Ce secteur est très pauvre. Nous peinons à répondre à nos besoins les plus primaires », admet Khurshed. « Nous gagnons si peu d’argent que même l’achat de vêtements de rechange présente un véritable défi. Il est extrêmement difficile de trouver de la nourriture ainsi que des médicaments et des soins quand nous sommes malades ou que nos enfants le sont. »

Les habitants des bidonvilles doivent souvent s’habituer à une vie de pauvreté dans des endroits où les cas de violence et les crimes sont plus courants. Dina, qui vit dans le bidonville de Martissant, à Port-au-Prince, fait des cauchemars et des attaques de panique depuis qu’elle a été violée. « Je vis dans un quartier extrêmement défavorisé. La violence est omniprésente et il est dangereux de sortir le soir », explique-t-elle.

À Martissant, le viol sous la menace d’une arme est chose courante. Selon une étude de MSF publiée en 2009, la violence, surtout armée et familiale, représente 23 pour cent des décès dans ce quartier. En 2010, les équipes médicales de MSF présentes à Martissant ont traité plus de 3 000 personnes présentant des blessures dues à la violence.

Au cours des dernières décennies, MSF est intervenue de diverses manières pour répondre aux problèmes de santé spécifiques aux villes. Ses interventions incluent, entre autres, des soins aux migrants vulnérables des quartiers défavorisés de Johannesburg; le traitement des patients séropositifs dans les régions les plus pauvres de Nairobi; et l’aide aux victimes d’inondations, devenues sans-abris dans les rues de Karachi. Dans nombre de ces bidonvilles, MSF est la seule organisation qui prodigue des soins de santé gratuits.

Photo: Alixandra Fazzina, Noor Images
Pakistan © Alixandra Fazzina/NOOR
Accroupie sur le sol, Farzana, âgée de quatre ans, vit dans cet abri de fortune avec sa famille. Celui-ci se trouve à côté d’une route, au bord d’un camp de trois kilomètres de long à la périphérie de Karachi, au Pakistan. Farzana, en compagnie de sa mère et sa petite sœur, se rend une fois par semaine au centre de nutrition MSF pour y recevoir des soins et des suppléments alimentaires.

« À force de travailler dans les zones urbaines au cours des dernières décennies, MSF a réalisé que l’accroissement de leur population avait rendu nécessaire une intervention humanitaire dans les bidonvilles », affirme Loris De Filippi. « Elle a donc déployé des ressources supplémentaires pour œuvrer dans ces milieux. Aujourd’hui, elle mène des projets dans une vingtaine de villes aux quatre coins du monde. »

Pour découvrir le documentaire en ligne Survivants des villes, rendez-vous à : www.urbansurvivors.org/fr.


Fichiers:
2011_UrbanSurvivors_EN.pdf2.5 M
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