La taxe sur les transactions financières : une bouée de sauvetage pour la santé mondiale?
La prochaine réunion du G20 tranchera sur la question.
La proposition d’une taxe sur les transactions financières (TTF) est présentement examinée en Europe et fera l’objet de discussions au prochain Sommet du G20. Selon un document d’informations publié aujourd’hui par Médecins Sans Frontières (MSF), il suffirait de réserver un pourcentage de cette taxe à la santé mondiale pour sauver des millions de vies.
Tout juste avant la tenue du G20 à Cannes, en France, les 3 et 4 novembre, MSF a publié le document d’informations 5 vies, qui révèle à travers cinq récits personnels l’impact retentissant que pourrait avoir la TTF sur la santé mondiale. Le rapport présente les mesures qui pourraient prévenir la malnutrition infantile sévère, protéger les enfants contre les épidémies mortelles de rougeole, empêcher la transmission du VIH de la mère à l’enfant à la naissance, donner aux tuberculeux des soins essentiels plus tôt et, finalement, sauver des vies tout en limitant drastiquement la propagation du VIH grâce au traitement.
Alors que les dirigeants européens se penchent sur les mérites de la TTF, tous les regards se tournent vers les dirigeants des pays du G20 (dont le Canada, qui s’oppose à la taxe) pour voir s’ils adopteront la TTF et, si c’est le cas, s’ils consacreront un pourcentage de celle-ci pour répondre aux besoins en matière de santé mondiale.
« Les gouvernements fournissent de moins en moins d’aide à l’étranger; il n’y a donc aucune raison de ne pas utiliser un pourcentage des fonds constitués par la taxe sur les transactions financières pour répondre aux besoins sanitaires des pays en développement », affirme Sharonann Lynch, conseillère en politiques du VIH/sida pour la Campagne d’accès de MSF. « Une taxe sur les transactions financières nous assurerait une source de revenu à long terme, qui est plus que jamais nécessaire. »
L’idée de la TTF fait de plus en plus d’adeptes au moment même où la santé mondiale se détériore à cause de la baisse des financements. Les fonds pour le VIH, par exemple, ont diminué pour la première fois en 2009, et à nouveau en 2010. Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme n’a pu accorder de subventions pour la première année de son histoire, faute de financement. La TTF pourrait aider à combler le fossé entre les fonds requis et les dons déjà reçus. Ceci permettrait aux pays de dépister davantage de patients tuberculeux, de combattre le paludisme plus efficacement ou de fournir des traitements à plus de patients séropositifs. L’impact sur le VIH serait tout particulièrement important. En effet, une étude récente révèle que le traitement contre ce virus permet de prévenir de nouvelles infections. Les gouvernements auront besoin de fonds pour tenir leur promesse, soit doubler, au bas mot, le nombre de personnes sous traitement d’ici les cinq prochaines années.
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