Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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La pénurie de fonds met en péril les malades du sida, de la tuberculose et du paludisme

Le manque de ressources arrive au pire moment


VIH/Sida | 28 novembre 2011

Suite à une baisse des fonds alloués à la lutte contre le VIH/sida, le Fonds mondial est dans une situation financière catastrophique. Pour la première fois depuis sa création il y a 10 ans, le Fonds mondial a donc décidé hier de supprimer son financement pour 2011 en raison d’un manque de ressources.

Le Fonds mondial va mettre en place un « mécanisme de financement transitoire » devant permettre aux pays ayant des interruptions dans leurs programmes de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme avant 2013, de pouvoir demander un financement pour couvrir les besoins les plus urgents. Pour le VIH/sida, ces fonds devraient permettre de garder les patients déjà sous traitement, mais ils ne suffiront pas à traiter les nouvelles personnes séropositives en attente de traitement. De même, la prise en charge des formes résistantes de tuberculose devrait être elle aussi restreinte.


Zimbabwe © Ken Tong/MSF
Un pharmacien délivre des médicaments contre le VIH dans le district de Buhera, à l’est du Zimbabwe.

Médecins Sans Frontières (MSF) appelle le Fonds mondial et ses donateurs à dégager immédiatement les fonds nécessaires pour mettre en œuvre cette disposition, mais également à donner aux pays concernés de nouvelles chances de solliciter une aide financière.

Cette pénurie dramatique de fonds intervient précisément au moment où la recherche scientifique met en évidence qu'un traitement contre le VIH/sida garantit non seulement la survie des patients mais qu'il diminue également la propagation du virus. En d’autres termes, l’épidémie de sida pourrait être endiguée.

Dans les pays où la maladie fait des ravages, Médecins Sans Frontières constate déjà les effets dévastateurs de cette pénurie de fonds. Le Cameroun et le Zimbabwe s’apprêtent à devoir faire face, dans un avenir très proche, à une pénurie de médicaments. En République démocratique du Congo, le nombre de personnes qui pourront démarrer un traitement est sensiblement réduit. Dans d’autres pays, comme le Mozambique, le manque d’argent empêche d'offrir un traitement précoce aux patients, ce que préconise pourtant l'Organisation mondiale de la Santé.


Kenya © Sven Torfinn
Catherine Atieno vit avec sa famille à Kibera, un quartier défavorisé de Nairobi, la capitale du Kenya. Elle est séropositive et bénéficie du traitement depuis plus de sept ans. Catherine est active et en bonne santé, et en plus de son emploi habituel, elle a lancé une petite plantation de cannes à sucre.

Ailleurs, par exemple au Malawi, les autorités sont contraintes d'ajourner des projets importants, comme le traitement précoce et à vie des femmes enceintes vivant avec le VIH/sida, afin qu'elles et leur bébé puissent rester en bonne santé. Par ailleurs, le Fonds mondial a demandé à certains pays, dont le Kenya, le Lesotho et l’Afrique du Sud, de ne pas déposer de demandes de financements en 2011 à cause du manque de ressources. Pourtant, le nombre de personnes n’ayant toujours pas accès au traitement dans ces pays est respectivement de 52 pour cent, 66 pour cent et 49 pour cent.

« Il existe une différence criante entre, d’un côté, les derniers développements scientifiques et les promesses politiques et, de l’autre, la réalité financière », explique Tido von Schoen-Angerer, directeur de la Campagne d’accès aux médicaments essentiels de MSF. « Les bailleurs de fonds mettent en péril les perspectives de survie des personnes vivant avec le VIH/sida au moment précis où ils devraient au contraire s’investir au maximum dans cette lutte et permettre à un bien plus grand nombre de patients de bénéficier du traitement. Tous les gouvernements doivent contribuer aux efforts visant à endiguer l’épidémie de VIH/sida, et surtout les pays qui peuvent faire la différence. Nous les appelons d’ailleurs à prendre de toute urgence leurs responsabilités et à permettre un nouveau cycle de financement en faveur des pays touchés par l'épidémie. »


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