MSF étend son soutien au pays déchiré par la guerre
Soins chirurgicaux et traitement des traumatismes psychologiques
Les violents affrontements continuent en Libye. L’est du pays est contrôlé par les insurgés tandis que l’ouest est entre les mains des forces pro-Kadhafi. De plus, les combats font toujours rage dans la région de Misrata, dans la partie occidentale du pays. La situation des civils, otages du conflit, y est de plus en plus difficile et la situation des travailleurs émigrés est également très préoccupante. Beaucoup quittent le pays pour rejoindre l’Europe au péril de leur vie. D’autres ont fui en Tunisie, dans des camps de réfugiés où ils doivent à nouveau faire face à la violence et l’insécurité.
MSF est arrivée en Libye le 25 février. Alors que le conflit se poursuit, les équipes étendent leur assistance humanitaire aux villes de Misrata, de Benghazi et de Zintan, ainsi que dans les camps situés à la frontière entre la Libye et la Tunisie et sur les îles italiennes de Lampedusa et de Sicile. Jusqu’à présent, le gouvernement libyen a décliné l’offre de Médecins Sans Frontières (MSF) qui est prête à démarrer des activités dans les zones pro-Kadhafi.
Une situation toujours très difficile à Misrata
Dans les environs de Misrata, au milieu des combats, MSF concentre ses activités à l’hôpital d’Abbad sur la chirurgie de guerre et post-conflit, avec notamment des greffes de peau et des opérations de chirurgie reconstructive. MSF a aménagé deux salles d’opération à l’hôpital de Kasr Ahmed afin de répondre à d’autres besoins chirurgicaux et médicaux. Chaque jour, le personnel MSF procède à une quinzaine d’accouchements à l’hôpital de Ras Tubah, avec l’aide du personnel médical libyen.
MSF a formé une équipe de 20 psychologues qui apportent à présent un soutien au personnel médical et aux patients dans quatre hôpitaux de la ville. « Même si la ligne de front s’est déplacée en dehors du centre-ville, les habitants restent confrontés à des conditions de vie particulièrement difficiles », explique Renzo Fricke, coordonnateur des urgences pour MSF à Misrata. « Ils ont assisté à de terribles affrontements, pratiquement devant chez eux, et vivent pris au piège, ce qui constitue un réel traumatisme psychologique. C’est inhumain de devoir subir une telle situation. »
Le personnel médical libyen, qui ne disposait pas d’une expérience suffisante en chirurgie de guerre, a bénéficié d’une formation dispensée par des chirurgiens MSF. Une formation de base a également été dispensée à des étudiants en médecine qui s’étaient porté volontaires pour fournir des soins infirmiers. Il faut en effet savoir que la plupart des infirmiers de la ville étaient d’origine étrangère et qu’ils sont nombreux à avoir quitté le pays.
En dehors de Misrata, MSF soutient des postes médicaux avancés à proximité de la ligne de front. Ces structures assurent les premiers secours aux blessés avant de les transférer en ambulance vers les hôpitaux de Misrata. Ce soutien inclut la formation du personnel médical à la stabilisation des blessés et l’approvisionnement de matériel médical et de communication.
Poursuite des bombardements à Zintan : MSF est contrainte d’évacuer
À l’ouest du pays, une équipe MSF soutient l’hôpital de Zintan. Elle prend en charge l’afflux de patients, dont plus de 120 y ont été admis le mois dernier, qui ont été blessés lors des combats dans la région montagneuse de Nafusa. MSF apporte également son soutien à l’hôpital en organisant des formations et en faisant des dons de matériel médical et de médicaments.
Le 27 mai, l’équipe a été contrainte d’évacuer à la suite d’une succession de bombardements. Plusieurs roquettes sont tombées à quelques mètres seulement de l’hôpital. Une équipe restreinte de deux médecins est retournée à Zintan le 4 juin afin d’évaluer la situation et de redémarrer les activités médicales. En matière de sécurité, la situation demeure extrêmement précaire. La ville et ses environs continuent de subir des bombardements. Les patients admis à l’hôpital sont actuellement transférés vers des structures situées en Tunisie ou dans la ville libyenne voisine de Jadu.
Soutien psychologique et soins mère-enfant à Benghazi
Le calme étant revenu à Benghazi, MSF concentre ses activités sur les soins de santé mentale en ciblant les femmes et les enfants ainsi que le personnel médical qui travaillait lorsque les combats ont commencé dans la ville. Un psychologue MSF forme des psychologues libyens au dépistage des patients présentant un traumatisme ou des syndromes connexes, comme la dépression.
MSF aide également la pharmacie centrale à se procurer des médicaments. Ce soutien apparaît toutefois moins nécessaire aujourd’hui car les organisations internationales sont plus nombreuses dans la ville.
En dehors de Benghazi, MSF soutient les services de gynécologie et de consultations prénatales dans trois sites situés entre les villes de Benghazi et d’Ajdabiya.

Libye © MSF
Le personnel médical MSF assure une formation en gynécologie et obstétrique aux professionnels de la santé libyen.
Afflux de réfugiés en Tunisie et en Italie
Des milliers de familles libyennes ont fui la région montagneuse de Nafusa et sont parvenues à passer la frontière tunisienne. Entre le début du mois d’avril et du mois de juin, plus de 60 000 Libyens ont fui le conflit pour se réfugier le long de la frontière entre la Tunisie et la Libye.
MSF aide les structures de santé locales à faire face aux besoins médicaux des réfugiés de plus en plus importants. MSF a également installé des cliniques mobiles dans les camps de réfugiés de la région de Remada et de Dehibat. L’accent est mis sur les soins médicaux et de santé mentale de la population réfugiée. La situation est particulièrement tendue à Dehibat, où les combats et les bombardements s’étendent à présent jusqu’en Tunisie, de l’autre côté de la frontière.
Dans les camps de transit de Ras Adjir, au nord de la frontière entre la Tunisie et la Libye, près de 4 000 réfugiés – principalement d’origine subsaharienne – ne peuvent toujours pas être rapatriés en raison de la situation dans leur pays d’origine. Leur avenir est incertain. Au début du mois de mars, MSF a démarré un programme de santé mentale dans les camps. L’objectif est d’apporter un soutien aux nombreux réfugiés qui ont été victimes ou témoins de violence alors qu’ils fuyaient la Libye.
Dans le camp le plus important de Choucha, la situation toujours précaire a aggravé les tensions. Vers la fin mai, quatre réfugiés ont perdu la vie dans un incendie volontaire qui s’est propagé dans le camp. Cet incident grave a été suivi de violentes manifestations contre les conditions de vie déplorables dans le camp. Ces manifestations ont fait au moins deux morts et de très nombreux blessés. Les deux tiers du camp ont été détruits par le feu. Le lendemain, MSF a distribué des vivres, de l’eau et des produits de première nécessité à environ 4 000 personnes. MSF a aussi assuré soins médicaux et soutien psychologique. Même si la situation s’est normalisée dans le camp, il y règne un climat de peur et de méfiance. De nombreux réfugiés auraient donc quitté le camp pour retourner en Libye, prêts à risquer une nouvelle fois leur vie à la recherche d’un avenir plus sûr. Depuis la fin du mois de mai, MSF prodigue également des soins de santé primaire aux habitants du camp de Choucha. En effet, un certain nombre de réfugiés, victimes des récentes violences, présentent des blessures. D’autres pathologies sont liées aux conditions de vie très précaires dans les camps surpeuplés.
Sur l’île de Lampedusa, MSF supervise le triage des patients dans le port ainsi que leur suivi médical dans les centres de détention et d’accueil. Entre février et mai, MSF a ainsi aidé sur l’île près de 12 000 migrants ayant fui le conflit libyen. À Mineo, en Sicile, MSF gère également un projet de santé mentale. Environ 3 500 migrants de diverses nationalités y ont été transférés depuis le mois de mars. En outre, MSF a également décidé d’évaluer les conditions de vie et l’accès aux soins des migrants dans les centres de détention en Italie continentale.
Afflux de réfugiés en Tunisie et en Italie
Des milliers de familles libyennes ont fui la région montagneuse de Nafusa et sont parvenues à passer la frontière tunisienne. Entre le début du mois d’avril et du mois de juin, plus de 60 000 Libyens ont fui le conflit pour se réfugier le long de la frontière entre la Tunisie et la Libye.
MSF aide les structures de santé locales à faire face aux besoins médicaux des réfugiés de plus en plus importants. MSF a également installé des cliniques mobiles dans les camps de réfugiés de la région de Remada et de Dehibat. L’accent est mis sur les soins médicaux et de santé mentale de la population réfugiée. La situation est particulièrement tendue à Dehibat, où les combats et les bombardements s’étendent à présent jusqu’en Tunisie, de l’autre côté de la frontière.
Dans les camps de transit de Ras Adjir, au nord de la frontière entre la Tunisie et la Libye, près de 4 000 réfugiés – principalement d’origine subsaharienne – ne peuvent toujours pas être rapatriés en raison de la situation dans leur pays d’origine. Leur avenir est incertain. Au début du mois de mars, MSF a démarré un programme de santé mentale dans les camps. L’objectif est d’apporter un soutien aux nombreux réfugiés qui ont été victimes ou témoins de violence alors qu’ils fuyaient la Libye.
Dans le camp le plus important de Choucha, la situation toujours précaire a aggravé les tensions. Vers la fin mai, quatre réfugiés ont perdu la vie dans un incendie volontaire qui s’est propagé dans le camp. Cet incident grave a été suivi de violentes manifestations contre les conditions de vie déplorables dans le camp. Ces manifestations ont fait au moins deux morts et de très nombreux blessés. Les deux tiers du camp ont été détruits par le feu. Le lendemain, MSF a distribué des vivres, de l’eau et des produits de première nécessité à environ 4 000 personnes. MSF a aussi assuré soins médicaux et soutien psychologique. Même si la situation s’est normalisée dans le camp, il y règne un climat de peur et de méfiance. De nombreux réfugiés auraient donc quitté le camp pour retourner en Libye, prêts à risquer une nouvelle fois leur vie à la recherche d’un avenir plus sûr. Depuis la fin du mois de mai, MSF prodigue également des soins de santé primaire aux habitants du camp de Choucha. En effet, un certain nombre de réfugiés, victimes des récentes violences, présentent des blessures. D’autres pathologies sont liées aux conditions de vie très précaires dans les camps surpeuplés.
Sur l’île de Lampedusa, MSF supervise le triage des patients dans le port ainsi que leur suivi médical dans les centres de détention et d’accueil. Entre février et mai, MSF a ainsi aidé sur l’île près de 12 000 migrants ayant fui le conflit libyen. À Mineo, en Sicile, MSF gère également un projet de santé mentale. Environ 3 500 migrants de diverses nationalités y ont été transférés depuis le mois de mars. En outre, MSF a également décidé d’évaluer les conditions de vie et l’accès aux soins des migrants dans les centres de détention en Italie continentale.
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