Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Aucun endroit sûr pour accueillir les réfugiés fuyant la Libye

4 000 réfugiés face à un avenir incertain.


Tunisie | 27 mai 2011

Alors que la violence s’intensifie dans un camp de réfugiés à la frontière entre la Tunisie et la Libye, Médecins Sans Frontières (MSF) est extrêmement préoccupée par la situation des réfugiés bloqués dans des camps provisoires et exposés à la violence.

Depuis le début du conflit en Libye, des centaines de milliers de réfugiés ont transité par le camp de Shousha, mais quelque 4 000 personnes – principalement des ressortissants d’Afrique subsaharienne – ne peuvent être rapatriées en raison de la situation dans leur pays d’origine et sont confrontés à un avenir incertain.


Tunisie © Michael Bates/MSF
Joseph, un Ivorien, observe ce qui reste de la tente qu'il partageait avec d'autres dans le camp de Shousha. Le 22 mai, 4 réfugiés ont trouvé la mort dans un incendie qui a ravagé le camp.

« Au cours des derniers jours, nous avons constaté une intensification progressive des violences, avec des incidents continuels entre des groupes de réfugiés de différentes nationalités », explique Mike Bates, chef de mission MSF. « Ils sont coincés dans ce camp, conçu comme une zone provisoire de transit, pour un séjour d’une durée indéterminée. La plupart d’entre eux ont le sentiment d’être dans une impasse, sans aucune perspective d’avenir. »

Le 22 mai, quatre réfugiés sont morts lorsqu’un incendie d’origine inconnue s’est déclaré la nuit dans le camp, brûlant plus de 20 tentes. Cet incident a exacerbé les tensions et provoqué de nouvelles violences entre les réfugiés de différentes nationalités vivant dans le camp. Des résidents locaux ont aussi été impliqués. Le 24 mai, au moins deux personnes ont trouvé la mort tandis que plusieurs ont été blessées. Entre 300 et 400 tentes ont été brûlées.

Depuis le début du mois de mars, MSF mène un programme de santé mentale pour les personnes ayant fui les violences en Libye. Plus de 9 000 consultations ont été offertes dans ce cadre. De nombreuses personnes ont vécu des événements traumatisants ; elles ont été témoins ou ont elles-mêmes subi des violences lorsqu’elles ont fui la Libye. De plus, des milliers de réfugiés d’Afrique subsaharienne sont des rescapés des persécutions et mauvais traitements infligés en Libye, avant que n’éclate le conflit.


Tunisie © Michael Bates/MSF
Quelque 4 000 réfugiés du camp de Shousha – principalement des ressortissants d’Afrique subsaharienne – ne peuvent être rapatriés en raison de la situation dans leur pays d’origine et sont confrontés à un avenir incertain.

La guerre en Libye a davantage fragilisé cette population déjà vulnérable. Depuis le début des troubles le 17 février, 800 000 personnes – pour la majorité des citoyens non-libyens – ont fui la Libye, la plupart vers l’Égypte et la Tunisie. Des milliers de personnes ont risqué leur vie en traversant la Méditerranée pour atteindre l’Europe; plus de 11 000 personnes sont arrivées sur l’île italienne de Lampedusa. De surcroît, plus de 60 000 personnes se sont aussi enfuies vers le sud, à travers le désert, en direction du Niger et au-delà.

Dans une lettre ouverte publiée le 19 mai, MSF a alerté les dirigeants des États européens impliqués dans la guerre en Libye sur la situation désespérée des migrants fuyant le conflit vers l’Europe, et a critiqué l’incohérence des politiques migratoires européennes.

« Les derniers évènements survenus dans le camp de Shousha illustrent l’absence de solutions sûres pour les populations qui fuient la Libye, en particulier les ressortissants des pays subsahariens dont le voyage à travers l’Afrique à la recherche d’une vie meilleure ressemble à un cauchemar sans fin », déclare Mike Bates.

MSF vient en aide aux victimes du conflit en Libye depuis le mois de février. Ses équipes médicales travaillent en Libye (Misrata, Benghazi et Zintan), le long de la frontière tunisienne, en Italie (Lampedusa) et au Niger.


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