Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Dégradation de la situation et abandon des centres médicaux par le personnel ivoirien

MSF demande à toutes les parties au conflit de laisser ses équipes médicales soigner tous les patients.


Côte d'Ivoire | 07 mars 2011

L’organisation humanitaire médicale internationale Médecins Sans Frontières  (MSF) s’inquiète de la dégradation de la situation dans l’ouest de la Côte d’Ivoire et à la frontière libérienne. La population fuie la violence, et le personnel médical déserte les structures de santé. Face à l’intensification des affrontements, MSF adapte son intervention et demande à toutes les parties au conflit de laisser ses équipes médicales soigner les patients quelque soit leur camp.

Le personnel médical ayant abandonné les centres de santé, une équipe mobile MSF avait commencé à dispenser des soins de santé primaires dans le nord du district de Duékoué, à l’ouest de la Côte d’Ivoire. Mais le 3 mars, MSF a dû arrêter ses activités pour des raisons de sécurité. Les habitants de cette zone ont commencé à fuir. De même, les personnes déplacées autour de la ville de Toulepleu, située près de la frontière libérienne et inaccessible pour le moment, prennent la fuite.


Libéria © Katrin Kisswani/MSF
Dans le comté de Nimba, la clinique mobile MSF vient en aide aux Ivoiriens qui ont fui la violence.

« Il est essentiel que les patients puissent accéder aux structures de soins et que les équipes médicales MSF qui respectent strictement les principes d’impartialité et de neutralité puissent soigner les patients quelque soit leur camp », explique Mego Terzian, responsable des urgences pour MSF.

Présente depuis fin décembre dans l’ouest pour apporter une aide médicale aux personnes déplacées, MSF donne des consultations dans la ville de Guiglo et dans un camp de 12 000 personnes déplacées à Duékoué. De plus, MSF a travaillé pendant cinq semaines à l’hôpital de Duékoué où elle a soigné 63 blessés. L’équipe chirurgicale s’est retirée après le retour du personnel. MSF continue toutefois à y donner des consultations.

À l’hôpital de Danané, près de la frontière libérienne, une dizaine de blessés ont été soignés la semaine dernière grâce notamment au matériel médical pré-positionné par MSF. Toute cette zone étant privée d’électricité, l’accès à l’eau potable est problématique.

À Abidjan enfin, MSF observe également une inquiétante dégradation de la situation et s’efforce d’apporter un soutien aux structures hospitalières.

« Au Libéria, nous observons, depuis le 24 février, l’arrivée d’une deuxième vague de réfugiés », explique Helga Ritter, coordonnatrice de MSF au Libéria. « Les gens ont peur, ne parlent pas de retour et craignent pour ceux qui sont restés du côté ivoirien. »

Dans le district de Nimba, où plus de 70 000 réfugiés sont enregistrés, les équipes de MSF intensifient l’assistance aux populations locales et réfugiées. « Les centres de santé ont besoin d’un soutien en personnel médical et de médicaments », explique Helga Ritter. Les équipes MSF dirigent des cliniques mobiles, soutiennent des centres de santé et mettent en place une structure médicale dans le camp de Bahn. « Les réfugiés ont aussi un besoin urgent d’abris et d’eau », ajoute la coordonnatrice.

Le déplacement des réfugiés vers le camp de Bahn prévu pour 15 000 personnes est lent, principalement à cause des pluies rendant les routes difficilement praticables. « Il est important de continuer à porter assistance là où se trouvent les réfugiés et où la population locale est très fragilisée par cet afflux massif de personnes », déclare Helga.

MSF a ouvert son premier projet en Côte d’Ivoire en 1991. Jusqu’en 2007, des équipes MSF ont travaillé dans l’hôpital de Bouaké, dans la prison de la MACA à Abidjan et dans les hôpitaux de Danané, Man, Bangolo et Zouan Hounien dans l’ouest du pays. Les équipes dispensaient des soins de santé primaires et secondaires ainsi que des soins de pédiatrie et d’obstétrique. Durant la crise précédente, MSF a par ailleurs opéré des blessés, dispensé un traitement contre la malnutrition et mené un programme de prise en charge intégrée du VIH et de la tuberculose. MSF a passé le relai en septembre 2007 quand la situation dans le pays s’est stabilisée.

MSF travaille au Liberia depuis 1990. En juin 2010, MSF a transféré aux autorités locales le dernier de ses projets de soins en milieu hospitalier libérien. MSF poursuit son travail dans la capitale de Monrovia, et soutient le ministère de la Santé et de la Protection sociale en matière de besoins médicaux pour les personnes victimes de violence sexuelle.


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