Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Six mois après les inondations : Soins médicaux


Pakistan | 09 février 2011

Les dévastations causées par les crues ont bouleversé la vie des sinistrés et ont affecté à la fois leur santé et leur possibilité d’accès à un traitement médical. La priorité pour les équipes MSF était de s’assurer que les victimes puissent voir un médecin gratuitement. MSF a commencé par mettre en place des cliniques mobiles, des centres de traitement antidiarrhéïques et des programmes de nutrition, puis a élargi ses activités pour englober la protection materno-infantile, les services d’aide psychologique et l’information en matière de santé.

Assurer l’accès immédiat aux soins médicaux

« J’étais malade depuis une semaine et je n’avais pas de quoi nourrir mes six enfants, encore moins pour payer le docteur. Je suis heureux qu’aujourd’hui on puisse avoir des médicaments gratuites dans ce centre. »
Un patient du centre de traitement antidiarrhéïque de MSF à Kot Addu, au Penjab.

Au moment des crues, de nombreux dispensaires locaux ont été endommagés par les eaux, et beaucoup se sont effondrés. Les membres de MSF ont travaillé à leur remise en état, les ont nettoyés, équipés en eau potable et en électricité, leur ont donné des équipements et des stocks de médicaments. Par ailleurs, les médecins de MSF ont apporté un appui médical à plusieurs hôpitaux, pour les consultations externes, le service des urgences et les chambres d’hôpital. Dans les camps de personnes déplacées et dans les régions reculées où les populations ont été privées d’accès aux soins, des équipes médicales ont conduit 15 cliniques mobiles pour s’assurer que ceux qui en avaient besoin reçoivent une aide médicale.

A la fin du mois de janvier 2011, les équipes médicales ont donné un total de 106 616 consultations aux victimes de la catastrophe. Bon nombre des problèmes de santé qu’elles ont observés étaient directement liés aux inondations, comme la diarrhée, les infections cutanées, les infections oculaires et les traumatismes. D’autres pathologies n’avaient pas de lien direct avec la situation, comme les infections respiratoires aiguës, les cas de dengue, de rougeole, de tétanos et de jaunisse.

Là où les habitants ont pu retourner chez eux, les équipes MSF ont réhabilité les dispensaires locaux pour que ceux qui sont rentré chez eux aient accès au même niveau de soins qu’avant le sinistre.

Combattre les épidémies de diarrhée

Les personnes déplacées suite à la montée des eaux ont souvent dû faire face à de mauvaises conditions de vie dans les camps provisoires, ainsi qu’au manque de nourriture, d’eau potable et d’assainissement, ce qui a conduit à une augmentation du nombre de patients souffrant de diarrhée. MSF a ouvert sept centres de traitement antidiarrhéïques pour dispenser des soins intensifs aux plus malades jusqu’à leur guérison complète.

Les équipes ont également installé 22 postes de réhydratation saline et distribué des kits d’hygiène et des comprimés pour purifier l’eau afin d’enrayer cette épidémie.

Combattre la malnutrition

« Le traitement de la malnutrition chez les moins de cinq ans est essentiel. Si elle n’est pas traitée à temps, les dommages qu’elle entraîne sur la santé physique et mentale de l’enfant sont irréversibles. »
Dr Ahmed Mukhtar, coordonnateur médical MSF

Les inondations ont détruit les récoltes, dévasté les champs et compromis aussi la prochaine période de récoltes. Par conséquent, la sous-alimentation s’est installée parmi les victimes du désastre. Dès les premiers jours de la situation d’urgence, le traitement de la malnutrition faisait partie des activités des cliniques mobiles dans le Sindh et le Balouchistan. Les équipes médicales ont commencé par dépister les enfants de moins de cinq ans ainsi que les femmes enceintes et allaitantes. Le dépistage s’effectue en mesurant leur périmètre brachial et en calculant leur rapport poids/taille.

Les femmes et enfants atteints de malnutrition ont reçu des aliments prêts à la consommation ainsi qu’un bilan hebdomadaire dans les centres de nutrition thérapeutique externe. Ceux qui souffraient de malnutrition sévère et de complications médicales ou de maladies opportunistes telles que le paludisme, la tuberculose ou la pneumonie, ont été hospitalisés dans des centres de nutrition thérapeutique. Ils y ont reçu des soins spécialisés jusqu’à ce qu’ils soient suffisamment rétablis pour rejoindre un programme nutritionnel externe. MSF a aussi ouvert, dans un camp de déplacés, un centre de soins quotidiens pour les enfants malnutris qui refusaient de manger ou ne prenaient pas de poids.

Les sinistrés se sont déplacés fréquemment d’un endroit à l’autre, ce qui a rendu la tâche difficile aux équipes de nutrition qui voulaient s’assurer que les enfants souffrant de malnutrition prennent bien leur traitement jusqu'à la fin. Des équipes MSF chargées de promouvoir la santé et déployées dans les camps et dans les centres de nutrition thérapeutique ont sensibilisé les mères au processus de traitement et les ont aidées à mieux comprendre l’importance de l’allaitement, d’une bonne alimentation et des mesures d’hygiène et de prévention des maladies.

À la fin janvier 2011, les équipes médicales MSF avaient procédé au dépistage de la malnutrition chez plus de 97 000 enfants et femmes enceintes ou allaitantes, et traité 8 800 enfants malnutris. Les équipes basées à Jamshoro et à Karachi suivent encore de près la situation nutritionnelle au cas où une assistance supplémentaire se révèle nécessaire.

Soins maternels et infantiles

Dans leur fuite face à la montée des eaux, les femmes et les bébés, plus vulnérables, ont particulièrement souffert. Déjà présente à travers des programmes de soins materno-infantiles dans différentes régions du pays, MSF a intensifié ses efforts dans ce domaine suite aux inondations. L’arrivée massive de sinistrés à Dera Murad Jamali a entraîné une nette augmentation du nombre de naissances, de césariennes et d’accouchements compliqués. Entre le mois d’août 2010 et janvier 2011, les équipes ont réalisé 516 accouchements, dont 82 césariennes et 434 accouchements avec complications.

Les bébés nés d'un accouchement difficile ont été transférés de la maternité dirigée par MSF à Dera Murad Jamali vers le service néonatal à côté du service d’hospitalisation. Entre le mois d’août 2010 et janvier 2011, 339 nouveaux-nés ont été admis dans cette pouponnière.

« J’avais très peur pour la vie de mon bébé et pour la mienne à cause des problèmes pendant ma grossesse, mais la césarienne nous a sauvés tous les deux. Il est en bonne santé et aujourd’hui je suis une mère heureuse. »
Une patiente de l’hôpital de soins materno-infantiles géré par MSF à Dera Murad Jamali, au Balouchistan

Soutien psychologique

Chez beaucoup de victimes, les deuils et les pertes endurés lors des inondations, ajoutés à l'expérience difficile du déplacement, ont provoqué des syndromes d’anxiété, de stress et de dépression. Pour leur venir en aide, MSF a intégré un volet de santé mentale à ses opérations d’urgence, avec des psychologues qui donnent des séances psychologiques individuelles et des séances de groupe à ceux qui en éprouvent le besoin.

Activités de promotion sanitaire

Le membres de MSF chargés de la promotion de la santé ont joué un rôle vital en sensibilisant la population aux risques sanitaires associés aux inondations. Ils ont collaboré avec les équipes médicales et les spécialistes en eau et assainissement pour garantir un niveau minimum de connaissances sur ces sujets au sein des déplacés. Au début de la crise, ils ont créé des messages d’information sanitaire destinés à promouvoir l’hygiène et l’assainissement dans divers camps et villages, afin de réduire les risques d’épidémie. Une fois passée la phase d’urgence, les agents de promotion de la santé ont adapté leur travail aux besoins de la population, depuis la sensibilisation aux mesures d’hygiène et de prophylaxie jusqu’à la formation en matière d’allaitement, de malnutrition et de maladies chroniques.


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