Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Santé mondiale : Les risques liés au manque de financements

La lutte contre la malnutrition infantile et le VIH pourrait être influencée par les mécanismes de financements innovants en cours de discussion au Sommet des objectifs du Millénaire pour le développement de l’ONU.


Nouvelles | 20 septembre 2010

Les dirigeants du monde réunis à New York cette semaine pour évaluer les progrès réalisés dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies (OMD) pourraient influencer la lutte contre les deux principales causes de mortalité chez les enfants (la malnutrition et le VIH/sida) en appliquant un mécanisme de financement innovant, a déclaré aujourd’hui l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF).

L’Organisation mondiale de la Santé indique qu’il faudrait investir 37 milliards USD de plus par an dans la santé d’ici 2015 pour satisfaire aux OMD relatifs à la santé. Le groupe pilote intergouvernemental a estimé qu’une taxe sur les transactions financières, un prélèvement de quelque 0,005 pour cent sur les transactions des quatre devises les plus échangées dans le monde, pourrait générer environ 33 milliards USD par an. Cela pourrait servir à étendre l’application des derniers progrès médicaux à la lutte contre les principaux enjeux sanitaires, notamment la malnutrition et le VIH/sida.


Bangladesh 2009 © Ron Haviv / VII

Des parents s’occupent de leur petit-enfant malnutri d’un an dans un dispensaire de sous-district. Sa mère est décédée des suites d’une jaunisse lorsque l’enfant avait trois mois, ce qui l’a privé du lait maternel. Le Bangladesh est le pays qui enregistre le plus haut taux de malnutrition infantile du monde. L’UNICEF estime que 48 pour cent des enfants de moins de cinq ans vivant au Bengal (une région divisée entre l’Inde et le Bangladesh) souffrent de malnutrition.

« Pour de nombreuses maladies, nous savons ce dont nous avons besoin pour sauver des vies », a affirmé Sophie Delaunay, directrice générale de MSF à New York. « Nos équipes sur le terrain utilisent de nouveaux outils et de nouvelles approches pour empêcher la malnutrition chez les enfants et garantir qu’ils naissent sans le virus du sida, mais le financement n’est pas suffisant pour la mise en œuvre à long terme d'interventions sanitaires efficaces. Un prélèvement financier pour la santé, fournissant un flux de financement dédié et prévisible, permettrait que les vies des patients ne soient plus à la merci de marchés volatiles et de calendriers politiques. »

La réponse politique à la récente volatilité financière mondiale a eu un effet catastrophique sur la fiabilité du financement et les engagements de l’aide étrangère pour la santé mondiale. Des trous se sont donc creusés dans le financement d’institutions importantes telles que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et des gouvernements donateurs tels que les États-Unis, l'Allemagne, l’Italie et l’Espagne, qui manquent à leurs engagements antérieurs en maintenant, voire diminuant, leur financement.

Au Malawi, le gouvernement a soumis au Fonds mondial une demande de financement pour la fourniture de traitements antirétroviraux pour toutes les femmes enceintes séropositives, ce qui permettrait de réduire de façon importante la transmission du VIH à leurs bébés. Mais, étant donné le budget limité du Fonds mondial et les prévisions pessimistes des contributions futures des États donateurs, il se peut que le Malawi ne reçoive pas sa subvention et ne puisse pas mettre en œuvre pleinement le projet visant à fortement réduire le nombre d’enfants nés contaminés par le VIH. Certains pays ont déjà dû appliquer des restrictions de 10 pour cent aux financements approuvées lors du dernier cycle de subventions.

« Il n’est plus suffisant de réitérer son engagement pour avoir accès aux soins et aux traitements, à la santé maternelle et des enfants, à la lutte mondiale contre le sida », a indiqué Sophie Delaunay. « À moins de mettre en place des modèles de financement garantissant un financement suffisant à long terme, les pays seront toujours restreints et les engagements pris ne seront que rhétoriques. »


Uganda 2009 © Brendan Bannon

Alimo Cavine Atim a dix ans [au moment où cette photo a été prise]. En 2007, Cavine a été l’un des premiers enfants à recevoir un traitement antirétroviral salvateur dans le centre du ministère de la Santé soutenu par MSF à Madi Opei, dans le district de Kitgum, après qu’on lui ait annoncé ainsi qu’à sa mère qu’elles étaient séropositives. Sa mère déclare qu’il était difficile de voir sa fille souffrir autant avant qu’elle reçoive le traitement. « Je pensais qu’elle allait mourir », dit la grand-mère de Calvine. « Je suis heureuse maintenant car je vois qu’il n’y a pas de différence entre elle et un autre enfant de la famille. Elle travaille autant que les autres. Et elle est très brillante à l’école. »

Le manque de financement durable en matière de santé mondiale compromet également les possibilités d’extension de programmes efficaces de traitement et de prévention de la malnutrition infantile, qui contribue au décès d’environ 3,5 à 5 millions d’enfants de moins de 5 ans par an. MSF a montré que de nouveaux outils de traitement et de nouvelles approches peuvent guérir des centaines de milliers d’enfants dans les foyers de malnutrition de la planète. Par exemple, MSF a traité 77 000 enfants sévèrement malnutris dans le courant de l’année, aux côtés d’organisations locales au Niger. Depuis le mois de juillet, MSF distribue également des compléments alimentaires à plus de 143 000 jeunes enfants, pour éviter qu’ils ne deviennent malnutris.

Les efforts visant à lutter contre la malnutrition à un stade plus précoce, notamment l'intervention en cours du Niger, sont indispensables pour endiguer les crises nutritionnelles récurrentes qui touchent un grand nombre de pays dans la région du Sahel africain. Si un engagement financier pérenne n’est pas assuré par les principaux bailleurs internationaux, ces efforts seront vains.

Selon l’estimation de la Banque mondiale, il faudrait investir 12,5 milliards USD tous les ans pour financer des interventions de nutrition efficaces dans les pays les plus touchés. Une analyse MSF estime que seule une petite partie de cet argent est dépensée tous les ans, à savoir 350 millions USD en 2007.

Une taxe sur les transactions financières pourrait transformer certains foyers de malnutrition dans le monde et permettrait aux gouvernements de mieux traiter et prévenir la principale cause de mortalité infantile dans le monde.

Un mécanisme de financement innovant de la santé existe déjà sous la forme de l’UNITAID, une agence internationale, qui finance des programmes de traitement du VIH/sida grâce à des taxes minimes sur les tarifs aériens. Le Fonds monétaire international a récemment déclaré que ces taxes sur les transactions financières étaient techniquement faisables. Au Sommet de New York, la France et le Japon feront la promotion d'une taxe sur les transactions de devises afin de collecter des fonds pour l’aide au développement.

Les dirigeants du monde réunis à New York cette semaine pour évaluer les progrès réalisés dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies (OMD) pourraient influencer la lutte contre les deux principales causes de mortalité chez les enfants (la malnutrition et le VIH/sida) en appliquant un mécanisme de financement innovant, a déclaré aujourd’hui l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF).

L’Organisation mondiale de la Santé indique qu’il faudrait investir 37 milliards USD de plus par an dans la santé d’ici 2015 pour satisfaire aux OMD relatifs à la santé. Le groupe pilote intergouvernemental a estimé qu’une taxe sur les transactions financières, un prélèvement de quelque 0,005 pour cent sur les transactions des quatre devises les plus échangées dans le monde, pourrait générer environ 33 milliards USD par an. Cela pourrait servir à étendre l’application des derniers progrès médicaux à la lutte contre les principaux enjeux sanitaires, notamment la malnutrition et le VIH/sida.

« Pour de nombreuses maladies, nous savons ce dont nous avons besoin pour sauver des vies », a affirmé Sophie Delaunay, directrice générale de MSF à New York. « Nos équipes sur le terrain utilisent de nouveaux outils et de nouvelles approches pour empêcher la malnutrition chez les enfants et garantir qu’ils naissent sans le virus du sida, mais le financement n’est pas suffisant pour la mise en œuvre à long terme d'interventions sanitaires efficaces. Un prélèvement financier pour la santé, fournissant un flux de financement dédié et prévisible, permettrait que les vies des patients ne soient plus à la merci de marchés volatiles et de calendriers politiques. »

La réponse politique à la récente volatilité financière mondiale a eu un effet catastrophique sur la fiabilité du financement et les engagements de l’aide étrangère pour la santé mondiale. Des trous se sont donc creusés dans le financement d’institutions importantes telles que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et des gouvernements donateurs tels que les États-Unis, l'Allemagne, l’Italie et l’Espagne, qui manquent à leurs engagements antérieurs en maintenant, voire diminuant, leur financement.

Au Malawi, le gouvernement a soumis au Fonds mondial une demande de financement pour la fourniture de traitements antirétroviraux pour toutes les femmes enceintes séropositives, ce qui permettrait de réduire de façon importante la transmission du VIH à leurs bébés. Mais, étant donné le budget limité du Fonds mondial et les prévisions pessimistes des contributions futures des États donateurs, il se peut que le Malawi ne reçoive pas sa subvention et ne puisse pas mettre en œuvre pleinement le projet visant à fortement réduire le nombre d’enfants nés contaminés par le VIH. Certains pays ont déjà dû appliquer des restrictions de 10 pour cent aux financements approuvées lors du dernier cycle de subventions.

« Il n’est plus suffisant de réitérer son engagement pour avoir accès aux soins et aux traitements, à la santé maternelle et des enfants, à la lutte mondiale contre le sida », a indiqué Sophie Delaunay. « À moins de mettre en place des modèles de financement garantissant un financement suffisant à long terme, les pays seront toujours restreints et les engagements pris ne seront que rhétoriques. »

Le manque de financement durable en matière de santé mondiale compromet également les possibilités d’extension de programmes efficaces de traitement et de prévention de la malnutrition infantile, qui contribue au décès d’environ 3,5 à 5 millions d’enfants de moins de 5 ans par an. MSF a montré que de nouveaux outils de traitement et de nouvelles approches peuvent guérir des centaines de milliers d’enfants dans les foyers de malnutrition de la planète. Par exemple, MSF a traité 77 000 enfants sévèrement malnutris dans le courant de l’année, aux côtés d’organisations locales au Niger. Depuis le mois de juillet, MSF distribue également des compléments alimentaires à plus de 143 000 jeunes enfants, pour éviter qu’ils ne deviennent malnutris.

Les efforts visant à lutter contre la malnutrition à un stade plus précoce, notamment l'intervention en cours du Niger, sont indispensables pour endiguer les crises nutritionnelles récurrentes qui touchent un grand nombre de pays dans la région du Sahel africain. Si un engagement financier pérenne n’est pas assuré par les principaux bailleurs internationaux, ces efforts seront vains.

Selon l’estimation de la Banque mondiale, il faudrait investir 12,5 milliards USD tous les ans pour financer des interventions de nutrition efficaces dans les pays les plus touchés. Une analyse MSF estime que seule une petite partie de cet argent est dépensée tous les ans, à savoir 350 millions USD en 2007.

Une taxe sur les transactions financières pourrait transformer certains foyers de malnutrition dans le monde et permettrait aux gouvernements de mieux traiter et prévenir la principale cause de mortalité infantile dans le monde.

Un mécanisme de financement innovant de la santé existe déjà sous la forme de l’UNITAID, une agence internationale, qui finance des programmes de traitement du VIH/sida grâce à des taxes minimes sur les tarifs aériens. Le Fonds monétaire international a récemment déclaré que ces taxes sur les transactions financières étaient techniquement faisables. Ce mois-ci, plusieurs pays, y compris le Brésil, la Grande-Bretagne, le Chili, l'Éthiopie, la France, l'Inde, le Japon et l'Afrique du Sud ont annoncé qu'ils proposeront au Sommet de New York une taxe sur les transactions de devises afin de collecter des fonds pour l’aide au développement.


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