Pakistan : MSF étend ses activités, mais l’aide n’est toujours pas suffisante
Plus de quatre semaines après la réponse initiale d’urgence suite aux premières inondations qui ont submergé le Pakistan, Médecins Sans Frontières (MSF) continue d’étendre ses activités dans les zones sinistrées et s’apprête à intervenir dans de nouvelles régions où des milliers de personnes, isolées par les eaux, n’ont pas accès à l’aide.
Améliorer l’accès à l’eau potable et à l’hygiène
Afin de prévenir l’apparition de maladies hydriques, MSF augmente les distributions d’eau dans les principales villes et villages isolés des districts de Charsadda, Swat, Nowshera, Lower Dir et Dargai (province du Khyber Pakhtunkhwa). Dans les prochains jours, MSF débutera des activités d’assainissement de l’eau dans les provinces du Sind et du Balouchistan.
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Les équipes de l’organisation prévoient également d’évaluer les systèmes de distribution d’eau des villes de Dera Murad Jamali (Balouchistan) et de Sukkur (Sind).Ils s’assureront que l’eau ait été chlorée avant d’être accessible à la population.
540 000 litres d’eau sont distribués chaque jour à travers le Pakistan via des points d’eau fixes et mobiles (camions, réservoirs, distributions porte-à-porte, etc.). MSF fournit également des bidons et des seaux aux familles qui n’en ont pas assez. Par ailleurs, l’organisation assiste les communautés locales dans l’assainissement et la réhabilitation des puits contaminés.
« Quelques familles, possédant des petites pompes chez elles, ont commencé à réutiliser leurs sources d’eau. C’est inquiétant, parce que l’eau est toujours contaminée et peut provoquer de nombreuses maladies hydriques. Nous continuerons donc à fournir de l’eau potable jusqu’à la mise en place d’un système pour vérifier que l’eau soit assez bonne pour une utilisation quotidienne », explique Muhammad Shakeel, membre de l’équipe MSF chargée de l’eau et de l’assainissement à Nowshera.
Travailleurs de santé : un rôle clé
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Les agents de promotion de la santé MSF jouent un rôle crucial en sensibilisant les sinistrés aux risques sanitaires liés au manque d’hygiène. Pendant les distributions, ils montrent par exemple aux populations à utiliser les pastilles d’épuration pour obtenir de l’eau potable chez elles. Les kits d’aide distribués par l’organisation comprennent généralement 20 pastilles qui, utilisées correctement, permettent à une famille de sept personnes de bénéficier d’eau potable pendant deux semaines, et ce, sans danger.
Dans la ville de Dera Murad Jamali, au Balouchistan, MSF craint que les mauvaises conditions d’hygiène actuelles aggravent la malnutrition déjà présente avant les inondations. Le personnel médical sensibilise donc la population aux problèmes de malnutrition et délivrent des conseils d’hygiène et de santé. Dans son programme nutritionnel pédiatrique d’urgence créé avant les inondations dans la province, MSF soigne actuellement plus de 300 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition sévère.
Augmenter les cliniques mobiles et les structures de santé
Depuis le début du mois d’août, MSF a effectué plus de 16 664 consultations auprès des sinistrés dans différentes régions du Pakistan. Près de la moitié de ces consultations ont été menées par le biais de 14 cliniques mobiles, présentes dans des zones isolées ou fortement peuplées de Dera Murad Jamali, Khabula, Sobhatpur, Malakand, Swat, Lower Dir, Charsadda, Sukkur et Peshawar.
Avec l’augmentation des cas de diarrhées aqueuses aiguës, MSF a également mis en place six centres de traitement de la diarrhée à Swat, Lower Dir, Malakand, Hangu, Kot Addu et Dera Murad Jamali. Parallèlement, l’organisation a augmenté ses capacités médicales, logistiques et humaines pour soigner les maladies hydriques, comme le choléra, en forte augmentation. MSF est prête à ouvrir de nouveaux centres de traitement de la diarrhée si nécessaire.
Dans le district de Swat (province du Khyber Pakhtunkhwa), une unité d’isolement de 20 lits a été installée dans l’hôpital de Mingora, comprenant une tente destinée aux traitements de réhydratation orale et aux activités de sensibilisation à l’hygiène. L’équipe de Dera Murad Jamali, au Balouchistan, a mis en place un centre de traitement de la diarrhée de 20 lits pour répondre à l’afflux massif de patients venant des districts voisins. À Kot Addu, au Pendjab, le centre de traitement de la diarrhée de MSF a augmenté sa capacité de 30 à 100 lits, afin de pouvoir prendre en charge davantage de patients hospitalisés.
À ce jour, les équipes MSF ont soigné près de 1 600 patients souffrant de diarrhées aqueuses aiguës.
Continuer les distributions
Alors que les risques de nouvelles inondations ne sont toujours pas écartés, MSF continue à fournir des produits de première nécessité aux sinistrés afin de leur assurer des conditions de vie minimales et de prévenir la propagation de maladies. Au Balouchistan et au Khyber Pakhtunkhwa, plus de 14 675 kits d’aide et 4 855 tentes ont été distribués dans les zones inondées. Un kit contient généralement des seaux, du savon, de la lessive, des brosses à dents, un bidon, des produits d’hygiène féminine, des serviettes, des tasses en plastique, des ustensiles de cuisine, des bâches en plastique, des tentes, des matelas, ainsi que des pastilles d’épuration de l’eau. Dans les prochains jours, les équipes étendront les distributions de kits et de tentes à de nouvelles zones dans lesquelles les besoins ont été identifiés.
Nouveaux besoins identifiés, nouvelles activités
Au Balouchistan et au nord du Sind, le gonflement des eaux du fleuve Indus a forcé 90 pour cent de la population vivant dans les zones d’Usta Muhammad, Dera Allah Yar ou Ganakha, à fuir leur habitation. Au sud du district de Kashmore, ainsi qu’au sud du Sind, les inondations ont forcé les familles pauvres à se réfugier sur des terres surélevées, les berges des principaux canaux, les lignes de chemin de fer, ou sur n’importe quel espace disponible le long des routes.
À Sukkur, au nord du Sind, MSF a commencé à distribuer des produits de première nécessité et a mis en place trois nouveaux dispensaires mobiles pour apporter des soins gratuits aux communautés touchées par les inondations. Les équipes mobiles au Sind rencontrent chaque jour jusqu’à un millier de personnes avec des besoins médicaux urgents, surtout des enfants. Dans la ville de Sukkur, MSF soutient désormais une unité pédiatrique de 30 lits destinée aux enfants de moins de cinq ans.
Au sud du Sind, MSF a établi un nouveau bureau à Hyderabad pour coordonner davantage d’activités dans la région.
Au Khyber Pakhtunkhwa, au Sind, au Pendjab et au Balouchistan, les équipes exploratoires continuent leur mission d’évaluation pour identifier les besoins et intervenir immédiatement auprès de populations isolées. Dans ces localités nouvelles identifiées, les équipes MSF se préparent désormais à répondre aux énormes besoins humanitaires et médicaux, en faisant des distributions de produits de première nécessité et d’eau propre, mais aussi en mettant en place des cliniques mobiles et des centres de traitement de la diarrhée.
Plus de 110 travailleurs internationaux opèrent actuellement aux côtés de 1 200 Pakistanais dans les programmes existants et d’urgence MSF du pays.
MSF apporte une aide médicale aux Pakistanais et réfugiés afghans victimes de conflits armés depuis 1988. La population des provinces du Khyber Pakhtunkhwa, du Balouchistan et du Cachemire, ainsi que des zones tribales (FATA) ont souffert des répercussions des conflits armés, d’un accès limité aux soins de santé et des catastrophes naturelles. Les activités de MSF au Pakistan sont uniquement financées par des dons privés. L’organisation n’accepte les subventions d’aucun gouvernement.
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