Pakistan : les victimes ont besoin d’eau potable et de soins, pas de politique
Face à la situation d’urgence engendrée par les inondations au Pakistan, l’accès à l’eau potable et aux soins de santé figure au premier rang des priorités. La réponse humanitaire doit être motivée par les seuls besoins des populations sinistrées, et non par des intérêts politiques ou militaires.
Le Pakistan a été frappé par les premières vagues d’inondations le 22 juillet 2010. Les flots ont dévasté des villages et des communautés dans toutes les provinces du Pakistan, déplaçant des centaines de milliers de personnes et les rendant aujourd’hui particulièrement vulnérables. Les communautés sinistrées et les organisations locales ont répondu rapidement à la crise. Mais les besoins sont très importants et, plus d’un mois après les premières inondations, pour bien trop de personnes, l’aide reçue est loin d’être suffisante.
L’aide humanitaire intervient dans un contexte fortement politisé, dominé par les intérêts politiques nationaux et internationaux. Certains pays donateurs affirment même ouvertement répondre à la crise pour servir leurs propres intérêts en matière de sécurité nationale. À propos de l’aide américaine apportée au Pakistan, le sénateur John Kerry a déclaré : « Il est évident qu'il y a un enjeu de sécurité nationale pour les États-Unis. »
« Lors de situations de conflits, quelles qu’elles soient, l’aide humanitaire doit reposer sur les principes d’indépendance et de neutralité. Les belligérants, gouvernements et partis politiques ne peuvent revendiquer ces principes, » déclare Thomas Conan, chef de mission MSF au Pakistan. « Nous n’acceptons par conséquent aucun don de la part des gouvernements pour nos activités au Pakistan et en Afghanistan. L’organisation est financée par des dons privés provenant du monde entier. Ce mode de financement garantit notre complète indépendance vis-à-vis des gouvernements ou de l’armée, et nous permet de répondre efficacement aux besoins que nous identifions. »
Depuis le début de la crise, MSF a mené plus de 16 664 consultations, fourni plus de 540 000 litres d’eau potable par jour et distribué 14 675 kits d’aide, ainsi que 4 855 tentes.
Si l’on veut aider les populations vulnérables à se remettre des inondations et prévenir la détérioration de la situation médicale, il est crucial d’étendre la réponse d’urgence, notamment en développant l’accès à l’eau potable et aux structures de santé. « Au vu des conditions de vie actuelles des sinistrés, et particulièrement du manque d’accès à l’eau potable et à l’hygiène, il y a de vrais risques de gastroentérite ou de maladies hydriques comme le choléra, » explique le Dr Ahmed Mukhtar, coordonnateur médical MSF au Pakistan. L’organisation étend donc ses activités contre le choléra, en mettant en place six centres de traitement de la diarrhée, mais aussi en se concentrant sur l’approvisionnement en eau potable. Néanmoins, « beaucoup plus doit être fait », ajoute le Dr Mukhtar. « Et la réponse doit dépendre des besoins médicaux avérés, et non de considérations politiques. »
MSF est une organisation médicale humanitaire qui apporte une aide d’urgence aux populations en détresse, indépendamment de tous groupes politiques ou militaires, et sans aucune discrimination de race, de religion, d’idéologie ou d’affiliation politique.
Depuis 1988, Médecins Sans Frontières fournit de l’aide médicale aux Pakistanais et aux réfugiés afghans souffrant des effets des conflits armés, de l'accès limité aux soins et des catastrophes naturelles.
Les travailleurs humanitaires de MSF mènent actuellement des activités médicales dans plus de 15 sites dans les provinces du Khyber Pakhtunkhwa, du Pendjab, du Balouchistan et du Sind, ainsi que dans les zones tribales (FATA). Avec plus de 1 200 membres nationaux et 100 internationaux au Pakistan, MSF étend actuellement ses activités après une réponse initiale d’urgence aux inondations.
Afin de garantir l’indépendance de nos activités médicales, les programmes de MSF au Pakistan sont uniquement financés par des dons privés. L’organisation n’accepte les subventions d’aucun gouvernement, bailleur de fonds, groupe militaire ou politique.
Ces 39 dernières années, les équipes médicales de MSF ont apporté des soins aux populations victimes de conflits armés, d’épidémies, de catastrophes naturelles ou bénéficiant d’un accès limité aux soins de santé. L’organisation intervient dans plus de 60 pays, dont le Pakistan, le Sri Lanka, l’Afghanistan, la Somalie, l’Irak, la Colombie, l’Ouganda et le Soudan.
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