Kirghizistan : Violence et tensions persistent dans le sud
Médecins Sans Frontières demande un accès impartial aux soins.

© Alexander Glyadyelov
Photo d'une femme ouzbèke, prise en juin 2010 dans la cour intérieure de sa maison brûlée à Jalalabad au Kirghizistan.
Cinq semaines après que de violents affrontements aient éclaté au sud du Kirghizistan, et en dépit d’un apparent retour au calme, les médecins, les psychologues et le personnel infirmier de Médecins Sans Frontières (MSF) continuent de soigner quotidiennement des patients victimes de violence. Plus inquiétant encore, la possibilité pour les victimes de recevoir des soins diffère selon la communauté à laquelle elles appartiennent.
« Chaque jour, dans nos cliniques mobiles et dans les structures de santé avec lesquelles nous travaillons, nos équipes médicales traitent des patients ayant été sévèrement battus ou portant même des marques de torture. De nombreuses personnes, en particulier celles appartenant à la communauté ouzbèke d’Och, ne vont pas dans les hôpitaux de peur d’être arrêtées », déclare Andrei Slavuckij, responsable des programmes MSF au Kirghizistan.
« Dans ce climat de peur et de profonde défiance entre les communautés ouzbèke et kirghize, l’accès aux soins est toujours très préoccupant en raison de la présence de personnes armées à l’intérieur et aux alentours de certaines structures de santé. Il est essentiel que toute personne ayant besoin de soins puisse recevoir un traitement approprié, quelle que soit son origine », insiste Bruno Jochum, directeur des opérations de MSF.
Depuis le début de la crise, quatre équipes mobiles ont dispensé plus de 1 400 consultations médicales à Och, à Jalalabad et dans les environs. MSF a également apporté son soutien à 25 structures médicales en distribuant des médicaments et du matériel médical. Aujourd’hui, des milliers de personnes se trouvent toujours dans un profond état de choc après les évènements très violents et traumatisants de juin dernier. Les besoins en soins de santé mentale sont considérables, et MSF focalise de plus en plus son action sur le soutien psychologique.
MSF intervient au Kirghizistan depuis 2006, et fournit des soins médicaux pour des patients du milieu carcéral souffrant de tuberculose, y compris ceux souffrant de la forme résistante de la maladie. Aujourd’hui, 45 collaborateurs MSF, dont 19 travailleurs internationaux et 26 travailleurs nationaux, font partie de l’opération d’urgence.
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