Afrique du Sud : MSF attire l’attention sur les dangers persistants auxquels sont confrontés les migrants et les réfugiés
| Lisez le document préparatoire (en anglais seulement): LIVES OF SURVIVAL MIGRANTS AND REFUGEES IN SOUTH AFRICA |
L’organisation humanitaire médicale internationale Médecins Sans Frontières (MSF) exprime aujourd’hui sa profonde inquiétude quant à la santé et la vie de milliers de migrants et de réfugiés qui arrivent et s’installent en Afrique du Sud. Privés d’accès à des soins de santé médicaux adéquats, à des abris et à la sécurité dont ils ont besoin, ils sont également la proie de violences sexuelles, de harcèlements policiers et d’attaques xénophobes.
MSF fournit des soins de santé aux migrants et aux réfugiés dans ses cliniques dans la ville frontalière de Musina et à Johannesburg.
À Musina, à la frontière du Zimbabwe, où MSF mène des programmes médicaux, le nombre d’attaques, de pillages et de viols par des gangs qui sévissent des deux côtés de la frontière n’a cessé d’augmenter depuis le début de l’année. Dans sa clinique à Musina, MSF a traité 103 survivants de violences sexuelles au cours des quatre premiers mois de cette année, dont 71 depuis le 1er mars seulement.
En offrant des consultations à une moyenne de 2 300 patients par mois à Johannesburg, MSF constate que ses patients continuent à mettre leur santé en péril en vivant dans des endroits surpeuplés et dans des conditions insalubres. Certains cherchent encore un abri dans l’Eglise centrale méthodiste, alors que des milliers d’autres vivent dans des bâtiments abandonnés souvent sans électricité, sans eau ou dans des conditions de vie très précaires, mettant leur santé et leur sécurité en danger.
En juin 2009, MSF publiait un rapport tirant la sonnette d’alarme sur l’inquiétante situation sanitaire des personnes qui arrivent et s’installent en marge de la société sud-africaine. Aujourd’hui, presqu’un an après, leur situation reste extrêmement précaire et largement ignorée.
« Qu’est-ce qui a changé pour nos patients depuis l’année passée? Très peu de choses. Ils risquent toujours leur vie quand ils traversent la frontière, un grand nombre d’entre eux sont violés par des gangs, ils doivent ensuite faire face à l’incertitude de leur statut dans le pays. Beaucoup restent vivre à Johannesburg et mettent leur santé en danger », explique Mickael Le Paih, chef de mission de MSF en Afrique du Sud.
La menace de violences sexuelles pour ceux qui traversent la frontière du Zimbabwe doit être reconnue. Ils ont besoin d’accéder à un statut reconnu officiellement qui les autorise à rester légalement dans le pays pour leur éviter d’être forcés de traverser la frontière illégalement et d’être exposés à cette violence extrême. L’accès à des abris d’urgence et à des soins de santé primaire devraient être assurés pour les migrants, les réfugiés et les Sud-Africains vulnérables vivant des conditions inhumaines.
Sans accès aux soins de santé médicaux de base, à la sécurité et à des abris, la survie des migrants et des réfugiés en Afrique du Sud reste précaire et incertaine.
Depuis 2007, MSF fournit des soins de santé de base, réfère pour des soins secondaires ou spécialisés, traite en urgence les victimes de violence sexuelle et les épidémies, et prend en charge les victimes de violence sexuelle. MSF travaille en Afrique du Sud depuis 1999 et dirige des projets médicaux à Musina, Johannesburg et Khayelitsha près de Cape Town.
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