MSF ouvre un centre de traitement pour le kala-azar
« Si ces gens n’avaient pas reçu un traitement, ils seraient tout simplement morts aujourd’hui. En travaillant dans cet hôpital, nous pouvons sauver des centaines de vie chaque année », explique le Dr Dagemlidet Worku, coordonnateur de ce nouveau projet MSF situé à l’est du Soudan.
Le docteur Worku fait référence aux 400 patients atteints du kala-azar pris en charge en seulement deux mois, depuis que MSF a ouvert un centre pour traiter cette maladie. Le projet se situe dans le petit village de Tabarak Allah, dans l’état d’Al-Gedaref, à 550 km au sud-est de Khartoum. Cette région est une des zones les plus touchées par cette pathologie au monde. Le kala-azar, aussi appelé leishmaniose viscérale, est une maladie parasitaire transmise par la piqûre de moucherons, mortelle si elle n’est pas traitée. Les 460 000 habitants de la région vivent dans des conditions très précaires, dépendant pour la plupart d’une agriculture de subsistance.
« Avant l’arrivée de MSF, nous n’avions pas assez de médicaments. Seuls ceux qui avaient les moyens de se payer le voyage et le séjour dans des localités très éloignées pour suivre un traitement étaient soignés. Les autres me demandaient des antidouleurs avant que l’hôpital ne reçoive d’autres médicaments pour traiter cette maladie », explique le Dr Abubakar, médecin travaillant pour le ministère de la Santé soudanais à l’Hôpital de Tabarak Allah.
![]() © Asia Kambal/MSF Un jeune patient atteint du kala-azar pris en charge par le personnel médical MSF. |
Le traitement pour soigner le kala-azar consiste en une injection quotidienne pendant 30 jours. Le médicament de première ligne coûte environ 50 dollars. Il est maintenant disponible gratuitement et en quantité suffisante à l’hôpital public où MSF a mis en place son projet.
Ammar Omar Abdu Dana, 9 ans, vient à peine d’arriver au centre de traitement du kala-azar de MSF. Il a été diagnostiqué positif, et sa prise en charge doit commencer immédiatement. Le voyage a été particulièrement éprouvant pour ce jeune malade. « Après deux journées de marche, Ammar était tellement fatigué qu’il ne tenait plus debout. J’ai dû louer un âne sur lequel je l’ai assis pour arriver jusqu’ici », explique le père de l’enfant. « Le centre de traitement MSF est très connu et très populaire dans la zone », ajoute-t-il.
MSF prend en charge non seulement les traitements, mais prévoit aussi de conduire des projets de recherche sur le kala-azar, conjointement avec le ministère de la Santé soudanais et d’autres institutions internationales, pour améliorer le diagnostic, le traitement et le contrôle de cette maladie négligée. MSF s’est également engagée à former des professionnels de santé soudanais ainsi qu’à construire et à équiper, au sein de la structure publique, un laboratoire, des chambres et une salle d’accouchement spécialement dédiée aux patients atteint du kala-azar pour améliorer leur prise en charge.
Dernières Nouvelles
3 700 patients traités la première année
Les civils toujours pris dans les bombardements
Mission de MSF en Syrie en mars 2012
MSF attend toujours l’autorisation d’apporter des secours
Les gouvernements doivent tenir leurs promesses financières




