Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
 |  TEXTE  
- 0 +
 |  RSS  
RSS
 |  COURRIEL  
 |  IMPRIMER  
Print
 |  RECHERCHE  
Recherche
 |  CARTE  
Carte
 | 
English

 


 

Haïti : Un épidémiologiste souligne les besoins médicaux après le séisme

Brigg Reilley travaille comme épidémiologiste pour Médecins Sans Frontières (MSF) en Haïti. Il collecte des renseignements sur les problèmes et les besoins médicaux auxquels les équipes MSF sont confrontées. Ces données offrent une vue d’ensemble plus complète des besoins médicaux de la population après le séisme et de l’évolution probable de ces besoins. Ces informations permettent au personnel MSF, d’une part, de continuer à offrir des traitements efficaces aux survivants et, d’autre part, d’être proactif quant au travail médical à venir. Reilley nous fait part de certaines priorités constantes de MSF et aussi de leur évolution dans les semaines et les mois à venir.


Haïti | 29 janvier 2010

Dans les jours qui ont suivi le séisme en Haïti, les médias nous ont bombardés d’images de destruction massive et de toutes ces vies humaines emportées. Ils ont diffusé les images d’un nombre alarmant de cadavres et ont semé la panique en insinuant que ces corps allaient être à l’origine d’épidémies. Cette information n’est absolument pas fondée. En effet, les cadavres ne sont généralement à l’origine ni de l’éclosion ni de la propagation d’épidémies. En revanche, les personnes vivantes sont bien plus susceptibles de véhiculer des maladies quand elles sont porteuses de symptômes. Bien sûr la présence de cadavres est une source d’inquiétude, mais d’un point de vue épidémiologique, elle n’est pas une priorité.

Toutes les catastrophes naturelles engendrent des conséquences qui évoluent de façon différente et, en Haïti, les priorités changent. Au début, on voyait un grand nombre de traumatismes, de plaies et de membres écrasés. Dans la plupart des cas, nous avons prodigué les soins chirurgicaux d’urgence pour répondre à ces besoins. Les plaies infectées et les fractures sont désormais un grave problème.

Les plaies infectées peuvent entraîner la gangrène et être mortelles. Il a donc fallu que nous allions à la rencontre des gens incapables de venir à nous pour les soigner. MSF essaie de mettre en place, dans la communauté, des cliniques mobiles pour s’assurer que les personnes dans le besoin ne sont pas isolées chez elles et pour faire en sorte que leurs blessures mineures ne se surinfectent pas pour finalement devenir mortelles.

Certains patients ont des fractures qui doivent être réduites. Dans les premiers jours suivant la catastrophe, sauver des vies était primordial, et les personnes avec des fractures ont été mises de côté parce que leurs blessures ne faisaient pas partie des priorités. Résultat : les médecins s’occupent encore de bras et de jambes cassés.

Une de nos autres préoccupations est le tétanos qui, évidemment, se déclare. Il est présent dans la terre, dans l’environnement, et des plaies ouvertes profondes et sales sont susceptibles de le contracter. Le taux de vaccination en Haïti avoisine les 60 pour cent. Le tétanos est incurable et mortel dans plus de 50 pour cent des cas. On en a déjà dénombré quelques-uns. En moyenne, sa période d’incubation est d’environ 14 jours et on s’en approche. Cela dit, il peut encore frapper après plusieurs mois. Vacciner les blessés contre le tétanos devient donc l’une de nos priorités.

Le risque d’épidémies de maladies est bien élevé. En Haïti, le séisme a eu deux conséquences majeures. D'abord, beaucoup d’infrastructures qui faisaient rempart aux infections ont été endommagées ou détruites, comme les abris, l’eau et la nourriture. Ensuite, la population est considérablement affaiblie. Par conséquent, le risque de tomber malade s’accroît, mais surtout celui de tomber gravement malade.

En ce qui concerne les épidémies, les maladies hydriques sont désormais notre principale préoccupation car elles menacent surtout les enfants. Les maladies diarrhéiques en sont un exemple et peuvent entraîner la mort par déshydratation. En outre, presque toutes les personnes touchées par le séisme doivent dormir dehors et cela va augmenter le risque d’infections respiratoires, ce qui représente encore une grande menace principalement pour les enfants.

Rappelons que le taux de vaccination n’atteint pas les 100 pour cent. Au sein d’une population affaiblie, la rougeole, entre autres, peut causer de nombreux décès ou affecter beaucoup de personnes. Les enfants de moins de cinq ans sont les plus vulnérables.

MSF essaie de répondre aux besoins immédiats des patients tout en tenant compte de l’évolution des problèmes. La situation évolue maintenant car la phase des soins chirurgicaux d’urgence, même si elle demeure importante, se termine. Il y a beaucoup d’organisations qui offrent de l’aide et de nombreuses autres arrivent tous les jours. Nous essayons de collaborer avec elles et de voir de quoi elles s’occupent afin de ne pas perdre de temps à faire plusieurs fois les mêmes choses.

Haïti va mettre longtemps pour récupérer. Mais c’est surtout les personnes les plus gravement blessées qui auront du mal à se remettre. Les cas les plus sérieux vont avoir besoin de soins infirmiers intenses : pansements et désinfection régulière. Nous aurons finalement besoin de procéder à des greffes de peau et des poses de prothèses et, ce, non seulement dans les prochains jours, mais aussi dans les semaines et les mois à venir et même au-delà. Et quand Haïti sera finalement tombé dans l’oubli et ne fera plus la une des médias, il y aura toujours des patients qui auront besoin de soins orthopédiques intenses à cause du séisme.


Faites un don

Dernières Nouvelles

Afghanistan: 24 mai 2012
Soins pour traumatismes et chirurgies à Kunduz
3 700 patients traités la première année
Yémen: 23 mai 2012
MSF traite des victimes du conflit dans le sud
Les civils toujours pris dans les bombardements
Syrie: 15 mai 2012
Être pris avec un patient signifie la mort pour le blessé et son soignant
Mission de MSF en Syrie en mars 2012
Syrie: 15 mai 2012
La sécurité des blessés et des soignants doit être une priorité
MSF attend toujours l’autorisation d’apporter des secours
Nigeria: 11 mai 2012
Saturnisme : Le moment est venu d’agir
Les gouvernements doivent tenir leurs promesses financières

 

 

 
Faire Un DonSahel MalnutritionTravaillez avec nousActualités & MédiaPays d'IntérêtAu sujet de MSFContacts JOBS BLOGS PODCASTS VIDEOS RSS SITE MAP SEARCH