République du Congo : MSF appelle à l’aide pour les réfugiés fuyant la RDC
Fuyant une vague de violence en République démocratique du Congo (RDC), environ 24 000 réfugiés sont arrivés au nord de la République du Congo, aussi connue sous le nom de Congo-Brazzaville. Une équipe d’urgence de Médecins Sans Frontières (MSF) soutient médicalement ces réfugiés qui ont un besoin urgent d’aide alimentaire et matérielle.
« Les réfugiés ne reçoivent aucune aide, ni même de nourriture, d’eau ou d’abris », décrit Salha Issoufou, coordonnateur d’urgence pour MSF. « Les familles sont éparpillées le long de la rivière, dans la nature. »
MSF offre maintenant des soins médicaux pour les réfugiés dans le département d’Inpfoudou au nord du Congo-Brazzaville. MSF met en place des cliniques itinérantes sur plusieurs sites de regroupement de réfugiés et va soutenir davantage l’hôpital de Bétou où seront pris en charge les cas les plus sévères.
L’équipe insiste auprès d’autres acteurs humanitaires pour qu’ils apportent immédiatement une assistance matérielle, notamment des abris, et distribuent de la nourriture. Des agences des Nations unies et les autorités ont annoncé des distributions de matériel de secours, mais cette aide n’est pas encore atteints les personnes qui en ont besoin.
« Il est urgent qu’une aide humanitaire plus conséquente soit déployée sur cette zone », conclut Salha. « La population locale partage déjà ses ressources avec les vagues de réfugiés qui se sont succédés depuis plusieurs années, suite à différents conflits. Ils n’ont plus les moyens de faire face à un nouvel afflux. »
« Le principal problème de santé des réfugiés est la diarrhée », explique Salha. « Ils boivent l’eau de la rivière et cela les rend malades. Il y a aussi le paludisme, puisque il y a beaucoup de moustiques le long de la rivière ».
Il faut également améliorer l’accès à l’eau en réparant les puits dans les villages où les réfugiés ont élu domicile. Si les autres acteurs ne parviennent pas à intervenir prochainement, MSF envisage aussi des distributions de bâches en plastique, de couvertures et de moustiquaires.
À la fin d’octobre, des combats se sont déroulés dans la cité de Dongon, dans la province Equateur au nord-ouest de la République démocratique du Congo. Depuis une cinquantaine d’années, un conflit à propos de droits de pêche et de terre oppose deux groupes communautaires. La milice d’un groupe a lancé une attaque le 29 octobre qui s’est soldée par le décès de 47 policiers et de nombreux civils. L’escalade de violence s’est poursuivie, la ville a été occupée dix jours durant et des centaines de maisons ont été brûlées.
Des milliers de personnes ont fui, une partie s’est réfugiée au Congo-Brazzaville. Certains essaient encore de traverser la rivière pour rejoindre l’autre côté de la frontière. Dans ces zones frontalières, les réfugiés continuent de craindre que les assaillants parviennent jusqu’à eux.
Au début du mois de novembre, une trentaine de blessés est parvenue à l’hôpital de Bétou. « Un des médecins de l’hôpital a des compétences chirurgicales et il a pu en soigner quelques-uns », raconte Salha. « Les cas graves ont été transférés vers des hôpitaux mieux équipés. Mais des blessés sont décédés avant d’être parvenus jusqu’à cet hôpital. »
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