Double épidémie de tuberculose et de VIH dans le Sud de l’Afrique
Discussion en matière de santé publique et recherche de solutions pratiques entre MSF et le Swaziland
Le petit royaume du Swaziland, dans le Sud de l'Afrique, est au bord d'une crise sanitaire majeure due à la double épidémie de VIH/sida et de tuberculose qui décime sa population. Le pays connaît aujourd’hui le plus haut taux de prévalence de VIH/sida au monde.
Au Swaziland, un adulte sexuellement actif sur quatre est infecté par le VIH/sida, et 80 pour cent des dizaines de milliers de personnes souffrant de la tuberculose sont aussi atteints du VIH/sida. Chaque année, on recense environ 14 000 nouveaux cas de tuberculose, au sein d'une population d'à peine plus de 1,1 million, dont plus d'un quart est séropositive.
L'une des conséquences de cette double épidémie de VIH et de tuberculose est la chute à 32 ans de l'espérance de vie. Le système de santé du Swaziland, déjà fragile, a le plus grand mal à faire face à cette crise de santé publique.
Du 28 au 30 octobre, le ministère de la Santé du Swaziland et Médecins Sans Frontières (MSF) organiseront conjointement une réunion consultative réunissant des experts locaux et internationaux. Les discussions viseront à définir des mesures à prendre en matière de santé publique face au problème de la co-infection du VIH/sida et de la tuberculose résistante aux traitements combinés dans les pays du Sud de l'Afrique. Le principal objectif sera d'identifier des solutions pratiques pour les pays enregistrant une prévalence élevée du VIH et de la tuberculose.
Le ministère de la Santé du Swaziland et les équipes MSF qui travaillent dans le pays ont dû faire face à de nombreux défis dans la mise en œuvre d’un modèle décentralisé de soins pouvant s’inscrire dans des contextes ruraux touchés par une prévalence de VIH et de tuberculose présentant une haute résistance aux médicaments. Ces difficultés requièrent des solutions plus innovantes et adaptées à la réalité du Swaziland de manière à ce que la majorité des patients affectés par la tuberculose et le VIH puissent bénéficier du traitement dont ils ont besoin. Cette réalité est surtout marquée par les taux de prévalence du VIH et les taux de notification de la tuberculose les plus élevés du monde, un nombre limité de médecins, un approvisionnement interrompu en traitements contre le VIH et la tuberculose résistante, de mauvais diagnostics sur cette maladie, etc.
MSF travaille dans la région du Shiselweni au Sud du Swaziland depuis novembre 2007.
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