Soudan : MSF continue de fournir son aide dans la région frontalière en proie au litige
Il y a à peine plus d’un an, 40 000 personnes ont fui les combats intensifs qui ont pratiquement détruit la ville d’Abyei située à la frontière entre le nord et le sud du Soudan. Cette semaine, la Cour Permanente d'Arbitrage de La Haye a statué sur le litige frontalier dans la région d’Abyei.
Photo: Frédéric Baldini, MSF | Clinique MSF près d'Agok. Cela fait plus d'un an maintenant que les personnes déplacées par les violences perpétrées autour d'Abyei en mai 2008 vivent dans des abris et dépendent de l'aide internationale pour survivre.
Médecins Sans Frontières (MSF) travaille à l’hôpital d’Abyei depuis 2006. À la suite des violences perpétrées en mai 2008, une équipe d'urgence MSF s'est portée au secours des déplacés, dont vingt à trente mille ont quitté le village d'Abyei pour gagner le sud, à Agok. « Quelques milliers d’entre eux sont revenus à Abyei depuis lors, mais la plupart des déplacés n’osent plus y passer la nuit et restent éparpillés dans la brousse aux alentours d'Agok. Les gens craignent que les violences ne reprennent dans leur village », explique Volker Lankow, coordonnateur de terrain à Abyei pour MSF.
Photo: Frédéric Baldini, MSF | Clinique MSF près d'Agok.
MSF prodigue des soins médicaux dans des cliniques fixes situées à Agok et Abyei, et dispose également de six cliniques mobiles dans 12 endroits à proximité des deux villages. 117 travailleurs soudanais, accompagnés de neuf expatriés, reçoivent en consultation médicale plus de 2 300 personnes par mois.
« Nous assurons les soins médicaux de base et les soins obstétriques aux personnes déplacées, ainsi qu'une aide nutritionnelle, notamment par le biais d'un centre de nutrition thérapeutique où les patients sont hospitalisés. La malnutrition est pour le moment un grave problème », explique Lankow. « Nous sommes en plein dans la période de disette annuelle au Soudan.
Helle est une infirmière qui supervise le programme alimentaire du projet. « Nous commençons à voir des adultes être soignés pour malnutrition, ce qui n'arrivait pas auparavant », dit-elle. « Mais ce sont toujours les enfants de moins de cinq ans qui sont le plus affectés par le manque de nourriture. Lorsque j’ai commencé à travailler ici, nous soignions 275 enfants mal nourris en même temps, mais aujourd’hui, cinq mois plus tard, ce chiffre a déjà doublé, pour passer à 540 enfants. »
Photo: Frédéric Baldini, MSF | Clinique MSF près d'Agok.
Cela fait plus d’un an maintenant que les personnes déplacées vivent dans des abris et dépendent de l'aide internationale pour survivre. Elles souffrent généralement d’infections de l’appareil respiratoire, de malnutrition, de diarrhées et du paludisme.
« Nous espérons simplement que tout ira bien ces prochaines semaines. Les déplacés sont déjà dans une situation tellement précaire, je n’ose même pas imaginer qu'ils doivent prendre la fuite une nouvelle fois », confie Volker Lankow.
En 2008, MSF a organisé 8 950 consultations externes à l’hôpital d’Abyei et plus de 1 200 enfants sévèrement mal nourris ont été pris en charge. En 2009, un programme de santé reproductive, procurant des soins prénataux et obstétriques, a été mis en œuvre dans la région d’Abyei.
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