Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Le cyclone Aila : un calvaire qui n’en finit pas

Près de deux mois après que le cyclone Aila ait dévasté l’Inde orientale et les côtes du Bangladesh, la situation critique des survivants ne fait plus partie de l’actualité. Cependant, les inondations quotidiennes rendent le retour à la normale presque impossible. Dans le district 24-Parganas Nord, l’une des pires zones touchées du Bengale-Occidental, Médecins Sans Frontières (MSF) fournit une assistance humanitaire dans les villages éloignés.


Nouvelles | 09 juillet 2009

Usha Mondal, vingt-trois ans, montre du doigt une maison de boue entourée par les eaux de la crue. Elle se trouve à seulement quelques mètres du talus où elle vit maintenant avec son mari, ses deux enfants et sa belle-mère, dans une hutte temporaire faite de tiges de bambous peu solides et de tout qu’ils ont pu trouver d’autre. Le toit de la maison émerge de l’eau trouble comme la pointe d’un iceberg. C’est tout ce qui reste à Usha après que le cyclone Aila soit passé.

D’énormes besoins dans les régions éloignées
« Combien de temps pouvons-nous tenir comme ça? », s’interroge Usha. « Nous vivons dans cette boue depuis plus d’un mois maintenant et obtenons très peu d’aide. Nous avons reçu de la nourriture de la part du gouvernement, mais plus rien depuis les 10 derniers jours », dit-elle. « Nous étions agriculteurs, mais toutes les rizières sont encore sous l’eau et nous ne pouvons pas travailler, alors nous avons commencé à pêcher », explique-t-elle. « Mais cela ne fournit pas suffisamment de nourriture pour toute la famille. »

Se joignant aux voisins qui faisaient la queue, Usha se met en ligne, billet en main, pour recevoir des couvertures, des comprimés pour purifier l’eau, du savon et des bâches en plastique fournis par MSF. MSF prévoit de répondre aux besoins de 15 000 personnes dans les villages les plus touchés du district de Sandheshkhali Block II. Les éducateurs en santé de MSF montrent aux villageois comment utiliser les bâches en plastique pour recueillir l’eau de pluie et la façon de la conserver et de la purifier.

« Nous nous concentrons sur les endroits où les besoins sont les plus grands et où l’accès est difficile et nécessite un bateau », explique le coordonnateur de projet MSF Rivkah van Barneveld. « Bien que la réponse immédiate du cyclone ait été adéquate, dans certains endroits, les gens ont de plus grands besoins, et nous avons vu des situations où plusieurs familles devaient vivre sous une seule bâche en plastique. »

Des conditions difficiles

Incapables de reprendre leur vie normale, les villageois sont contraints de rester dans des abris temporaires bondés. Les mauvaises conditions d’hygiène et le manque d’eau potable entraînent des risques élevés d’épidémies. Avec la saison des pluies qui approche, les conditions pourraient se détériorer davantage.

MSF a mis en place un système de surveillance pour suivre et contrôler les épidémies potentielles. Les travailleurs de la santé et le personnel médical parcourent les villages à la recherche de cas de paludisme, de diarrhée, de rougeole ou de choléra et se réunissent régulièrement avec les infirmières des centres de santé locaux.

Les effets à long terme du sinistre risquent d’être catastrophiques. « Survivre chaque jour est une lutte qui prend toutes nos forces. Nous n’avons pas eu le temps de faire d’autres projets », affirme Usha. « C’est mon village et je ne veux pas partir, mais nous ne pouvons pas rester comme ça pour toujours. J’ai deux enfants à nourrir. Si la situation ne s’améliore pas bientôt, nous devrons aller à Calcutta dans l’espoir de trouver du travail là-bas. »


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