Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Sri Lanka : une journée avec les blessés de guerre

Pendant cinq jours, du 16 au 20 mai, quelque 77 000 personnes sont arrivées de l’ancienne zone de combat, dans le district de Vavuniya, au nord du Sri Lanka. Nombre d’entre eux avaient un besoin urgent de soins médicaux. Les équipes MSF ont donné des consultations médicales jour et nuit dans plusieurs endroits du district, du point de passage de l’ancienne ligne de front jusqu’à l’hôpital de la ville de Vavuniya. Près de 10 000 personnes ont passé chaque jour le point de passage de Omanthai où une équipe MSF de quatre personnes a pu identifier les personnes blessées ou malades ayant besoin d’un transfert immédiat à l’hôpital, stabiliser les patients avant leur transfert et fournir sur place autant de soins médicaux que possible.


Nouvelles | 25 mai 2009

Nous sommes aujourd’hui le 20 mai à Omanthai, et Jean-Paul Dixmeras, un chirurgien MSF, a trouvé une jeune fille âgée de 13 ans blessée par un shrapnel dont un morceau lui est resté dans le dos. Il lui demande de ne pas bouger afin de lui permettre de retirer l’éclat d’obus.

« Nous soignons sur place autant de personnes que possible car l’hôpital est plus que saturé », explique Alexa ter Horst, un médecin néerlandais travaillant aussi à Omanthai. « C’est toujours une décision extrêmement difficile à prendre : soigner les gens sur place ou les laisser partir vers les camps de personnes déplacées dans leur propre pays avec la possibilité d’un suivi là-bas, ou encore de les envoyer vers l’hôpital où il y a déjà quatre patients par lit. »

En moyenne, une vingtaine de personnes sont transférées chaque jour vers l’hôpital, pendant qu’une équipe médicale MSF de trois personnes soigne environ 150 patients par jour dans la clinique d’Omanthai. « L’un de nous parcourt les longues files d’attente et envoie vers la clinique les cas les plus sérieux. » Alexa ter Horst poursuit : « Une grande majorité des gens sortis dernièrement de la zone de combat souffrent de blessures ou de cicatrices causées par des balles ou des obus. Beaucoup d’entre eux ont reçu des soins chirurgicaux dans la zone de conflit. Certaines blessures sont anciennes et ont guéri, mais d’autres saignent encore, soit parce que la blessure est récente, soit parce qu’elle s’est rouverte. »

Dans la salle des urgences de l’hôpital de Vavuniya, il devient difficile de se déplacer parce qu’il y a des patients partout. L’hôpital a une capacité de 400 lits, mais plus de 1 900 patients y sont entassés actuellement. Les équipes MSF apportent leur soutien au personnel du ministère de la Santé pour soigner les blessés et les malades.

« Ces derniers jours, j’ai réalisé environ 30 opérations chirurgicales chaque jour », dit Matthew Deeter, l’un des quatre chirurgiens MSF travaillant à l’hôpital de Vavuniya. « En temps normal, j’en ferais cinq. Il nous arrive de travailler à plusieurs sur un même patient, l’un ampute la jambe, tandis que l’autre ampute le bras. L’un s’occupe des blessures du pied et l’autre soigne celles à la poitrine. La majorité des blessures sont plutôt légères, mais nous voyons des blessures multiples chez de nombreux patients. Il est courant de voir un blessé avec 20 blessures légères, causées par l’explosion d’une bombe. »

La grande priorité pour MSF est de traiter les personnes blessées et malades en provenance de l’ancienne zone de guerre. En plus du soutien qu’elles apportent à l’hôpital de Vavuniya, nos équipes ont mis en place un service de soins postopératoires à l’hôpital ayurvédique de Pompaimadhu afin d’y assurer le suivi des patients opérés. Dernièrement, MSF a également mis en place un hôpital de campagne d’une capacité de 100 lits situé en périphérie de Manik Farm pour fournir des soins d’urgence aux patients des camps alentours qui abritent près de 160 000 personnes.


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