Forte baisse du prix des médicaments génériques contre le SIDA
Les brevets empêchent toujours certains pays d'accéder aux médicaments les moins chers
UNITAID et la Clinton Foundation’s HIV/AIDS Initiative (CHAI) viennent d'annoncer que des réductions sur les prix de 41 formulations antirétrovirales pour les enfants et les adultes, utilisées dans le traitement du VIH/SIDA ont été négociées avec des fabricants de médicaments génériques. Cette information est accueillie avec enthousiasme, mais elle doit être interprétée avec précaution, selon l'organisation humanitaire internationale Médecins Sans Frontières (MSF).
Parmi ces baisses de prix, une des plus remarquables est celle du ténofovir (TDF). En 2006, des directives de l'OMS recommandaient d'arrêter des traitements à base de stavudine, qui peut causer d'importants effets secondaires, pour passer à des traitements moins lourds à base de TDF, avec un seul comprimé par jour. Mais le coût élevé du ténofovir était jusqu'à présent un obstacle : de nombreux patients n'ont pas pu bénéficier de ce meilleur traitement.
« Ces nouveaux prix sont un immense pas en avant pour l'abolition des obstacles qui empêchaient les systèmes de santé nationaux de donner à leurs patients le meilleur traitement possible », a déclaré Janice Lee, pharmacienne pour la Campagne d'accès aux médicaments essentiels de MSF. « Nous encourageons les donateurs et les gouvernements à promouvoir ce nouveau traitement, et nous demandons à l'OMS d'accélérer le processus de présélection pour les médicaments combinés trois-en-un, plus commodes, qui contiennent du ténofovir.
Une autre grande nouvelle est que le prix du lopinavir/ritonavir (LPV/r) est passé en dessous des 600 $ CAN pour une année de traitement par patient. Le LPV/r est l'un des inhibiteurs de protéase recommandés par l'OMS pour les traitements de deuxième ligne. Cette dernière avancée signifie que les fabricants de génériques proposent maintenant ce médicament essentiel à un prix plus avantageux que le laboratoire qui détient le brevet, Abbott Laboratories, dont les politiques ont déjà, de par le passé, restreint l'accès au LPV/r dans les pays en développement.
« Ces baisses de prix montrent à nouveau que la concurrence avec les médicaments génériques est la manière la plus efficace de faire baisser le prix des médicaments qui peuvent sauver des vies », a déclaré Michelle Childs, Directrice de la politique de témoignage chez MSF.
Alors que la CHAI a annoncé que les 70 pays appartenant au Consortium d'approvisionnement de la CHAI pourraient se procurer ces médicaments à prix réduits, dans un certain nombre de ces pays, ces médicaments sont encore soumis au brevet du laboratoire qui les a créés. Cela signifie que les versions génériques de ces médicaments ne peuvent franchir les douanes de ce pays sans qu'un accord volontaire ait été passé entre ce pays et le laboratoire ou sans que le pays acquière une licence obligatoire. Par conséquent, les patients de ces pays n'auront pas accès aux versions génériques plus abordables. Cela concerne des pays comme la Chine, l'Afrique du Sud ou la Colombie.
« Mais il y a l’envers du décor : pour de nombreux pays figurant sur la liste de la CHAI, les barrières créées par les brevets ne permettront pas l'accès aux médicaments à des prix avantageux, Ces réductions de prix resteront de belles promesses sur le papier, sauf si UNITAID et la CHAI réfléchissent à une stratégie pour trouver un moyen de surmonter ces obstacles. La proposition d’UNITAID de créer une communauté de brevets pour les médicaments contre le VIH pourrait être une solution, si tous les pays pouvaient en bénéficier. De plus, l'OMS devrait fournir un soutien politique et technique aux pays qui doivent acquérir une licence obligatoire. »
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