Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Journée internationale de la femme : l’aide médicale urgente, vitale pour les victimes de violences sexuelles

MSF lance son rapport « Vies brisées », sur les violences sexuelles


Colombie | 05 mars 2009

À l’approche de la Journée internationale de la femme, Médecins Sans Frontières (MSF) lance un rapport synthétisant son expérience dans la prise en charge des victimes de violences sexuelles. Dans ce rapport, basé sur son travail au Libéria, Burundi, en République démocratique du Congo, Afrique du Sud, Colombie et dans d'autres pays, MSF souligne l'importance de mettre des soins médicaux d'urgence à la disposition des victimes de viol. Pour MSF, ces soins doivent être facilement accessibles, complets et surtout proposés dans la plus stricte confidentialité.

SLIDESHOW: Vies brisées« En 2007, nos équipes ont pris en charge plus de 12 000 victimes de violences sexuelles aussi bien dans des contextes de conflit que dans des environnements stables », explique Meinie Nicolai, directrice des opérations pour MSF. « Cela représente quelque 35 personnes par jour à l’échelle de nos seuls projets. Chacune fait le récit d'horreurs, de douleurs et de traitements dégradants, souvent infligés par des personnes censées les protéger comme leurs pères, oncles, voisins ou des militaires. L’ensemble de ces victimes risquent de graves problèmes de santé à long terme à la suite d’une agression. »

La prophylaxie post-exposition pour prévenir une infection au VIH/sida est cruciale dans l'offre de soins. Pour être efficace, ce traitement préventif doit être administré le plus rapidement possible et impérativement dans les 72 heures. Le traitement d'autres infections sexuellement transmissibles, comme l'hépatite B, doit également être inclus. Selon la nature de la violence, la victime peut risquer de contracter le tétanos et doit être vaccinée. Afin de prévenir une grossesse non désirée, une contraception d'urgence est possible jusqu'à cinq jours après un rapport forcé.

« Les soins d'urgence précis dont les victimes de viol ont besoin sont souvent très limités, voire complètement inexistants, dans les pays où nous opérons », explique Thilde Knudsen, experte en santé sexuelle et reproductive. « Les séquelles du viol ou d’autres sévices sexuels ne disparaîtront jamais totalement et des conséquences psychologiques demeureront probablement à vie. Mais avec une offre de soins adéquate, délivrée à temps, combinée à une aide psychologique et à un soutien social et juridique, les conséquences de cette violence peuvent être réduites et la victime peut être aidée à survivre à ce traumatisme. »

La prise en charge des victimes de violences sexuelles demande une approche précise de la part de différents acteurs. Seule une réponse intégrée incluant un soutien médical, juridique et social est à même de soulager au mieux les personnes qui ont dû vivre le traumatisme du viol ou d’une autre forme de violences sexuelles.

S'assurer que les victimes de viols ou de violences sexuelles sollicitent des soins, et cela le plus rapidement possible, est l’un des défis pointés par ce rapport. Intégrer les services médicaux pour les victimes de violences sexuelles dans les soins de santé généraux peut aider à garantir la confidentialité. Mais, même dans ce cas, une campagne de sensibilisation adéquate s'avère souvent nécessaire pour briser les tabous sociaux et faire connaître les services de santé.

Le rapport inclut un chapitre sur les victimes masculines. Les hommes comme les garçons constituent une petite minorité des personnes prises en charge par MSF (environ 6 % à Khayelitsa, en Afrique du Sud et à Masisi, en République démocratique du Congo). La crainte de la stigmatisation les empêche encore plus que les femmes et les jeunes filles de solliciter des soins. Les hommes et les garçons font généralement face à un manque de reconnaissance et de traitement.

« Pour MSF, ce rapport est l'occasion de partager ses expériences avec les travailleurs de santé et les organismes d'aide pour que l’ensemble des victimes de violences sexuelles puissent bénéficier d’une prise en charge adéquate », explique Meinie Nicolai. « Ce rapport est également né de l’indignation de nos équipes face aux histoires douloureuses et aux actes de violences sexuelles dont peuvent être victimes les patients que nous prenons en charge. Il est de notre devoir d’en parler! Quelle que soit l’ampleur de ce phénomène dans certains de nos contextes d’intervention, rien ne peut excuser ce type de violences. »


Fichiers:
MSF_Shattered_Lives_ENG_March2009.pdf1.0 M
MSF_Vies_brisees_FR_Mars2009.pdf1.0 M
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