Photo: Per-Anders Pettersson, MSF
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Sri Lanka : L'écoute, un soutien essentiel pour les personnes en fuite


Sri Lanka | 13 février 2009

Blessées, choquées et bouleversées. Après avoir fui de lourds combats dans la région du Vanni, les personnes qui arrivent à l’hôpital de Vavuniya ont besoin de soins médicaux et psychologiques. Karen Stewart, responsable en santé mentale travaillant avec Médecins Sans Frontières (MSF), a été dépêchée sur place pour écouter et partager leurs histoires.

Ces personnes arrivent ici dans un état de peur et d’extrême anxiété. Elles ont été séparées de leurs familles et ne savent souvent pas ce qu’il est arrivé à leurs proches. Les jeunes enfants et les personnes âgées se plaignent d’avoir été séparés des personnes qui prenaient soin d’eux lors du voyage au passage des postes de contrôle. Ces derniers ont été forcés de se rendre dans des camps lorsqu’ils étaient en bonne santé. Les blessés et les malades ont, quant à eux, été dirigés vers l’hôpital.

Seuls et pris au piège

À l’hôpital, les enfants ne sont pas accompagnés. Ils crient et demandent leur mère. Les personnes âgées sont toutes seules. Des personnes présentent de graves blessures, certaines ont dû être amputées ou ont été touchées par des éclats d’obus. Un enfant explique qu’il était avec ses cousins dans un bunker lors d’une attaque. Sur les dix personnes qui s’y étaient réfugiées, six sont mortes.

On a dit aux patients qu’ils viendraient à l’hôpital seulement pour quelques jours et qu’ils pourraient ensuite retourner dans le Vanni. Mais plus tard, ils ont entendu qu’ils ne pouvaient pas rentrer. Au même moment, nous pouvions entendre les bombardements dans le Vanni. Vous pouvez donc imaginer à quel point les gens sont désespérés, pensant à leurs enfants et aux autres membres de leur famille qui se trouvent toujours là-bas. Les gens regrettent d’être venus ici. Ils disent qu’ils auraient préféré mourir avec leur famille, que d’être dans un camp.

Photo: MSF

Photo: MSF

Montrer de l’intérêt

Avec deux autres responsables en santé mentale, j’ai parlé à 25 personnes directement après leur arrivée à l’hôpital. Il est important qu’ils puissent parler à quelqu’un et exprimer leur peur et leur extrême anxiété. Nous pouvons, bien sûr, les rassurer sur leurs familles mais nous n’avons aucune information sur ce qui se passe à l’intérieur de la zone de conflit ou dans les camps. Mais, au moins, nous montrons que certaines personnes s’intéressent à leur situation.

Santé mentale à Vavuniya

Karen Stewart et ses collègues offrent un soutien à une organisation locale, spécialisée en santé mentale. Ils forment les superviseurs et aident le nouveau personnel à développer des compétences de base dans l’assistance psychologique. Un point particulièrement important dans le cas où les assistants psychologues ont été, eux-mêmes, affectés par la violence en cours.


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