Sri Lanka : Situation désespérée et inacceptable pour les populations prises au piège
Médecins Sans Frontières (MSF) demande de façon urgente aux deux parties au conflit dans la région des Vanni, au nord du Sri Lanka, d’assurer la sécurité des civils et de permettre l’accès à une assistance humanitaire.
Au Vavuniya voisin, en dehors de la zone de conflit, les équipes médicales de MSF travaillent sans relâche avec le personnel de l’hôpital. Dix-neuf pour cent des blessures qu’elles voient sont directement liées aux combats. Les personnes emmenées à l’hôpital présentent des blessures par balle et de shrapnels. Ces deux dernières semaines, MSF a effectué plus de 300 opérations sur des personnes qui avaient été directement blessées dans le conflit et il semble que ce nombre ne soit que la partie visible de l’iceberg.
Une population estimée à 200 000 Sri-Lankais, vivant dans des conditions désespérées, est toujours prise au piège dans la zone de conflit au nord du Sri Lanka. Les patients racontent à MSF que les gens sont bombardés depuis des jours sans interruption, les morts et les blessés les entourant. Il y a un manque sévère de soins médicaux et pas assez de nourriture ni d’eau potable.
Les histoires partagées avec MSF par ceux qui ont réussi à s’échapper illustrent de façon tristement évidente la situation désespérée à l’intérieur de la région des Vanni. Des personnes ont été piégées dans le conflit pendant des semaines, se cachant dans des bunkers qu’ils avaient eux-mêmes creusés.
Quelques semaines plus tôt, pour la première fois en des mois, un nombre significatif de civils a commencé à arriver des Vanni. On ramène actuellement 35 000 personnes qui ont réussi à atteindre Vavuniya. Ils sont fatigués, ont faim et peur et n’ont pas d’informations sur les membres de leurs familles qui n’ont pas réussi à s’échapper de la zone de conflit. Beaucoup sont blessés, certains présentent des blessures infectées, vieilles de plusieurs semaines. Conséquence, beaucoup de personnes sont mutilées à vie. Même celles qui sont arrivées à Vavuniya ne sont pas libres de leurs mouvements, n’ont pas d’accès à l’information et pas de possibilité de rechercher les membres de leur famille.
Seule une minorité de personnes piégée dans les Vanni a réussi à traverser la ligne de front en territoire sûr. La plupart restent coincées entre les parties au conflit.
Un nombre additionnel de 2 000 malades et blessés a été transféré des Vanni à Trincomalee en bateau par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Malgré les efforts des autorités, la gestion médicale des personnes blessées qui sont évacuées devient un défi majeur. Alors que les hôpitaux de Trincomalee et des zones environnantes étaient, dans un premier temps, capables de faire face à l’afflux de blessés, certains d’entre eux fonctionnent actuellement à pleine capacité et ont besoin d’espace supplémentaire ainsi que de médicaments et de matériel médical.
MSF a visité plusieurs hôpitaux à la suite de l’arrivée des premières évacuations médicales et est en contact avec les autorités locales de santé pour identifier le soutien qu’elle peut fournir aux hôpitaux.
Comme MSF s’est vue refuser l’accès aux populations prises au piège dans les Vanni, l’organisation se repose sur les témoignages personnels de patients pour mettre l’accent sur ce qui se passe là-bas.
Une femme de 53 ans a raconté au personnel de MSF que sa famille a passé des jours dans un bunker sans nourriture et sans eau. De désespoir et malgré les bombardements, ils ont quitté le bunker afin de trouver de la nourriture (15 membres de la famille furent tués sur place). Sa fille a été sérieusement blessée par un shrapnel et se trouve actuellement à l’hôpital de Vavuniya. Certains de ses proches sont restés derrière dans les Vanni. Elle ne sait pas s’ils sont toujours vivants. Ceci n’est qu’une histoire parmi tant d’autres similaires.
Les équipes de MSF sont toujours dans l’incapacité d’entrer dans les Vanni pour évaluer les besoins de la population affectée et d’apporter les soins médicaux d’urgence nécessaires. MSF et d’autres organisations internationales se sont vues refuser un accès depuis septembre 2008.
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