MSF dénonce l’alarmante situation nutritionnelle et médicale dans les prisons guinéennes.
En septembre 2008, Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé une intervention médicale et nutritionnelle d’urgence dans la prison civile de Guéckédou, dans le sud-est de la République de Guinée. Une fois sur place, MSF a découvert une situation alarmante : un homme sur trois souffrait de malnutrition modérée, et un sur cinq de malnutrition aigüe. En outre, les déplorables conditions d’hygiène avaient provoqué des cas de déshydratation et avaient favorisé la propagation d’infections respiratoires et cutanées. Dans cette prison surpeuplée, mineurs et adultes partageaient les mêmes cellules, et les prisonniers atteints de tuberculose n’étaient pas isolés des autres détenus.
Hélas, les évaluations des conditions de vie carcérales effectuées par MSF dans plusieurs autres prisons guinéennes montrent que la situation effroyable des détenus de la prison de Guéckédou n’est pas un cas isolé.
Dans un rapport paru aujourd’hui, MSF a décidé de révéler les urgents besoins médicaux et nutritionnels des détenus dont nous avons été témoins au cours de notre mission à Guéckédou et dans d’autres prisons.
Il faut répondre immédiatement à cette urgence humanitaire. Une intervention d’urgence à court terme menée par une organisation humanitaire comme MSF ne peut suffire à mettre fin aux dysfonctionnements généraux et plus structurels de l'administration pénitentiaire, qui touchent la distribution de la nourriture et le maintien des conditions d’hygiène. Le manque de nourriture, d’eau, de conditions de vie décentes et d’autres besoins élémentaires met la vie des prisonniers en danger et revient donc à les maltraiter.
Ce sont les autorités guinéennes qui ont la responsabilité ultime de faire respecter les droits fondamentaux des habitants, y compris ceux de la population carcérale. Les autorités nationales et locales doivent immédiatement agir pour satisfaire les besoins fondamentaux des prisonniers en conformité avec les normes nationales et internationales. Les bailleurs de fonds internationaux et les autres acteurs qui interviennent en Guinée doivent agir pour garantir le respect des besoins fondamentaux des prisonniers, car leur vie et leur santé en dépendent.
- Fichiers:
MSF_prisons_guinee_rapport_FR.pdf713 K
Dernières Nouvelles
3 700 patients traités la première année
Les civils toujours pris dans les bombardements
Mission de MSF en Syrie en mars 2012
MSF attend toujours l’autorisation d’apporter des secours
Les gouvernements doivent tenir leurs promesses financières



