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RDC : d’interminables attaques contre les civils de la province Orientale

Haut-Uélé, RDC
Publié le 20 janvier 2009

 

Plus de trois semaines après les attaques contre les villes de Faradje et Doruma au Haut-Uélé, République démocratique du Congo (RDC), l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) poursuit ses coups meurtriers contre les populations civiles de l’est de la RDC, de plus en plus près de la ville de Dungu. L'équipe de Médecins Sans Frontières (MSF) qui travaille à Dungu est très inquiète.

L’équipe MSF s’est rendue par petit avion dans les villes attaquées pour porter assistance aux populations. Le mouvement des attaques se rapproche en effet de Dungu qui avait, on s'en souvient, été assailli le 1er novembre dernier.

Dans les jours précédents l'assaut sur Tora, le 17 janvier dernier, c’était les localités de Sambia, Subani, Akwa, et Tomati qui avaient été successivement attaquées.

Aujourd'hui, l'équipe MSF voit arriver, à pied, les premières personnes fuyant ces zones. Elles passent d’abord par Ndedu, une petite ville située à une trentaine de kilomètres au sud de Dungu. Ndedu était encore récemment un site de regroupement des déplacés de Dungu et des autres localités du nord, comme Duru et Bangadi, qui avaient fui lors des premières attaques d'octobre dernier.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient ainsi en route, sur les pistes de terre au sud du parc de la Garamba, à la recherche d'un lieu pour se protéger. « Il est de plus en plus difficile pour l’équipe de se rendre vers ces localités pour évaluer les besoins de ces populations déplacées, mettre en place des cliniques mobiles et éventuellement référer les blessés vers l'hôpital de Dungu, explique Charles Gaudry, le responsable du projet MSF sur place. La situation de sécurité est très préoccupante. »

Cette insécurité est l'une des contraintes majeures qui contribuent à limiter l'assistance. Même les déplacements en avion peuvent être hasardeux, car nul ne sait ce qui peut se passer dans les petites villes où vont atterrir les équipes. Les mouvements de la LRA sont imprévisibles. Les équipes MSF ne peuvent rester que quelques heures sur place, le temps d’évaluer rapidement la situation des patients dans les structures de santé, d’évacuer les patients les plus graves, et d’apporter médicaments et matériel médical dans les centres de soins souvent pillés.

Actuellement, MSF, comme les rares organisations présentes sur place, doit reconnaître qu'il est très difficile de savoir ce qui se passe vraiment dans cette région où se multiplient les attaques. Quels sont les nombres de déplacés et même de personnes tuées dans cet immense territoire où les villages et les petites villes sont très dispersés!

Le voile commence cependant à se lever sur le nombre de victimes. Une équipe de Human Right Watch a en effet enquêté sur place et ses observations certifient malheureusement ce qui n'était encore jusqu'à aujourd'hui que des chiffres sans confirmation : plus de 600 hommes, femmes et enfants assassinés ainsi que plus de 500 jeunes kidnappés dans la période de Noël. Quant au nombre de blessés, il est extrêmement réduit.

Le fait que les attaquants ne laissent que peu de blessés a été constaté depuis le début par l'équipe MSF qui s'est rendue notamment à Faradje et Doruma immédiatement après les violences pour y  apporter des soins d’urgence. « Manifestement, leur stratégie est de tuer », nous confiait tout récemment le Dr. Matthieu Bichet, médecin MSF de retour de Faradje, de Doruma et de Bangadi. « Les seuls blessés que nous pouvons soigner avaient clairement été laissés pour morts. C'est ceci qui les avait sauvés! »

La situation humanitaire de ces populations du Haut-Uélé est une urgence pour MSF. « Nous renforçons les équipes pour pouvoir être plus réactifs juste après les attaques, dit Marc Poncin, responsable du programme RDC. Nous devons cependant reconnaître que dans une telle situation, il est très difficile d'intervenir auprès de ces populations qui ont pourtant, non seulement un grand besoin d'assistance, mais aussi et d'abord un grand besoin de protection, insiste Marc Poncin. Or aujourd'hui même, la sécurité de notre personnel médical, national ou expatrié est précaire. Imaginez donc celle de l’ensemble de la population. »


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