Les blessures de la guerre au Congo
« Ils sont venus pendant la nuit. On dormait. Ils sont entrés dans la maison. Ensuite, ils nous ont ligotés. Ils voulaient nous tuer dans la maison de ma mère. J’ai essayé de m’enfuir, mais comme j’étais attaché, je suis tombé sur le sol, à plat ventre. L’un des hommes a pointé son arme sur mon cœur. Pour me tuer. »
Son bras enveloppé dans un morceau de compresse, Charles a le visage en sueur et les yeux remplis de terreur alors qu’il raconte son histoire. Cette nuit d’octobre, la balle n’a pas atteint son cœur. Elle lui a transpercé la poitrine avant de ressortir par l’épaule. Admis dans un état critique à l’hôpital de Mweso, au Nord-Kivu (République démocratique du Congo), il a été opéré par l’équipe chirurgicale de Médecins Sans Frontières (MSF) et est aujourd’hui sorti d’affaire.
Charles fait partie des nombreux civils qui portent les blessures de la guerre au Nord-Kivu. « La plupart des patients admis en chirurgie sont des personnes blessées suite à la violence », explique le Dr Jose Sanchez, chirurgien à l’hôpital de Mweso, situé dans le territoire du Masisi. « Nous avons aussi la maternité où nous réalisons des césariennes. Ici, nous recevons tant des civils et que des hommes armés. Depuis la reprise de la guerre, nous avons observé une augmentation des blessures liées à la violence, tant par balle que par arme blanche. »
Au mois d’octobre, l’équipe MSF à Mweso a vu défiler des milliers de personnes en fuite sur la route devant l’hôpital. Les combats faisaient rage dans les localités plus au nord, jusqu’aux abords de Mweso. Au bloc opératoire, le nombre de blessés de guerre a augmenté en flèche.
« Le mois dernier, nous avons réalisé 60 interventions chirurgicales, dont environ la moitié étaient des blessures liées à la guerre, à la violence », ajoute le Dr Sanchez. « Beaucoup étaient des civils : des hommes, des femmes et des enfants. »
Jérôme était l’un d’eux. Ce vieil homme ne connaît pas son âge exact : « Quelque part autour de 70 ans » dit-il. Assis sur un matelas du service de chirurgie, il tient dans sa main le moignon qui couronne désormais son bras droit. « C’était un soir. Nous étions six à la maison. Des hommes armés sont entrés et se sont mis à tirer dans la maison. Ce soir-là, il y a eu trois morts. Et trois blessés. J’avais reçu une balle dans l’avant-bras. La plaie s’est infectée et on a dû m’amputer la main droite. »
L’hôpital de Mweso est la seule structure de référence pour toute une région de 40 kilomètres à la ronde. Dr Jose Sanchez explique : « Il est important que MSF soit présente ici à l’hôpital, pour appuyer tous les services de l’hôpital et en particulier, pour offrir une prise en charge chirurgicale de qualité. »
Charles tente de bouger son bras. « Si par chance je guéris
- Liens:
- MSF Field Blog: DRC – Beyond the Kivus!" by Grant Assenheimer (Canada).
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