DRC : la violence s'intensifie au Nord-Kivu
Photo: Pascale Zintzen
Le jeudi 18 septembre, d'importants combats entre groupes armés ont fait rage dans la ville de Masisi dans la province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo (DRC). L'équipe de MSF qui travaille à l'hôpital de Masisi a effectué des chirurgies d'urgence sur 17 civils et hommes armés qui ont été blessés durant l'affrontement.
Les résidents de Masisi, des villages environnants et environ 12 000 personnes déplacées se sont réfugiés dans la brousse lorsque les combats se sont intensifiés. Plus de la moitié des patients et quelques membres du personnel de l'hôpital ont également fui de peur que les conflits pénètrent dans la ville. Malgré l'insécurité, MSF a réussi à maintenir l'hôpital opérationnel, y compris le centre nutritionnel qui soigne 54 enfants malnutris.
Vendredi soir, les combats ont cessé et nombre de personnes déplacées retournent maintenant à Masisi. MSF évalue les besoins et, à la suite de viols qui auraient été perpétrés par des hommes armés, elle sensibilise la population au sujet des soins médicaux qu’elle offre. MSF est actuellement la seule organisation internationale qui apporte un soutien dans la ville de Masisi et de ses environs.
« Cette situation n'est qu'une autre manifestation de la violence, de l'insécurité et des déplacements répétitifs auxquels sont confrontées les populations du Nord-Kivu », affirme Anna Halford, coordonnatrice de MSF à Masisi. « Malgré un accord de paix conclu en janvier, la violence et la fréquence des combats se sont intensifiées. Pris au cœur des affrontements, les civils sont à nouveau forcés de fuir en grand nombre. » En plus de la violence directe provenant des tirs et des attaques, la vulnérabilité de la population s'est accentuée à la suite d'attaques dirigées contre des centres de santé, dont ceux de Kachuga et de Busihe soutenus par MSF.
Au cours des dix derniers jours, la violence qui frappe le Nord-Kivu a provoqué le déplacement de milliers de personnes. MSF devra déployer une équipe d'évaluation à Ngungu, un village au sud de Masisi où 17 000 personnes se seraient réfugiées.
MSF a également renforcé ses programmes dans les régions comme Kitchanga qui accueillent nombre de personnes ayant fui les villages près des zones de combats. Au cours des neuf derniers mois, la population de Kitchanga a doublé et MSF a ouvert deux dispensaires additionnels pour pouvoir soigner la population toujours croissante.
Dans la province de Sud-Kivu, 5000 à 10 000 personnes ont fui la violence et se trouvent désormais dans la région de Minova, près de la frontière avec le Nord-Kivu. Une des équipes de MSF évalue la situation. Des blessés commencent à se présenter à l'hôpital de Minova où MSF distribue du matériel et des médicaments.
Depuis le début de septembre, MSF éprouve de la difficulté à prodiguer des soins dans les régions affligées par les conflits au Nord-Kivu. Ses activités comprennent des soins de santé primaires et secondaires, des opérations d'approvisionnement et d'assainissement de l'eau, le traitement des victimes de viol, un soutien nutritionnel, une réponse aux épidémies et un programme de vaccination.
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