Mise à jour : Inondations à Bihar, dans le nord de l’Inde
Une entrevue avec Dr Binod Kumar qui travaille dans le projet kala-azar de MSF à Hajipur depuis avril 2008 et a fait partie de la première équipe MSF à procurer une aide médicale aux victimes des inondations survenues au Bihar.
Photo : MSF | Dr Binod Kumar qui travaille dans le projet kala-azar de MSF à Hajipur depuis avril 2008.
Quels sont les principaux besoins médicaux que vous avez identifiés dans les camps?
Nous concentrons nos activités médicales sur les femmes enceintes ou qui allaitent et les enfants de moins de 5 ans. Nous voyons beaucoup de cas de malnutrition sévère et aigüe, de diarrhées, d'infections respiratoires et de dermatoses, et autres problèmes liés à l'eau contaminée, à la promiscuité et au manque d'hygiène.
Dans certaines zones, la diarrhée est désormais endémique. À Chuni ou Sarsakla, par exemple, nous avons fait des prélèvements d'eau et les puits utilisés par les populations ont été contaminés. Nous avons distribué des contenants, des comprimés de purification de l'eau et mis en place des sessions de sensibilisation afin d'expliquer à la population la manière de les utiliser pour obtenir de l'eau potable.
Quel est l'état d'esprit général de la population?
Dans cette région du Bihar, les populations sont rurales et très pauvres. Aujourd'hui, elles ont tout perdu dans les inondations et s'inquiètent particulièrement du manque de nourriture. Nous traitons systématiquement les personnes à risque de malnutrition avec des aliments thérapeutiques prêts à l'emploi. Dans les camps où nous intervenons, nous avons également distribué des bâches en plastique, car ces populations sinistrées sont sans abris et dorment en plein air. Elles sont désespérées, disent ne pas avoir de vêtements, ni suffisamment de nourriture et ignorent combien de temps elles devront rester dans ces camps.
Quelle est la situation dans les camps?
Cela varie d'un camp à l'autre. Certains camps sont gérés par le gouvernement et sont plutôt bien organisés. Ailleurs, les gens se sont installés dans des lieux de refuge temporaires ou le long des routes, partout où ils ont pu trouver de la terre sèche. Ces camps de fortune se trouvent parfois loin des centres de santé ou négligés en raison de leur difficulté d'accès.
À Chuni, par exemple, plusieurs milliers de personnes ont été réchappées des zones inondées à bord d’embarcations de l'armée. Comme les routes ont été détruites ou rendues impraticables par les inondations, nous avons dû utiliser un tracteur pour distribuer des biens de première nécessité. En raison du mauvais état des routes, l'opération a été difficile et a pris beaucoup de temps. Mais nous sommes parvenus à couvrir les besoins du camp et chaque personne déplacée a reçu une bâche en plastique, du savon, des contenants, et des comprimés de purification de l'eau. Nous continuons de mener des consultations médicales régulièrement, grâce à nos cliniques mobiles.
Quels sont les risques d’épidémie?
Les risques d’épidémie sont sérieux puisque le camp est surpeuplé et l’eau est contaminée. Le niveau de l’eau a baissé, et lorsque l’eau stagne, la santé de la population peut se détériorer. Lorsque nous avons atteint Chuni, une épidémie de diarrhée commençait tout juste et trois ou quatre décès ont été reportés ainsi que des centaines de cas de diarrhée. Nous avons immédiatement traité les gens et la situation y est maintenant sous contrôle.
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