Mise à jour du programme d’activité en Tchétchénie
Malgré la fin de la guerre d’indépendance avec la Russie, la République tchétchène et la santé de sa population sont toujours affectées par l’instabilité. Sous une apparence relativement calme, un autre conflit persiste toujours; on rapporte que les insécurités, les explosions de véhicules et les fusillades y sont communes. La violence s’est propagée aux régions voisines d’Ingouchie, du Daguestan, de Kabardino-Balkarie et de l’Ossétie du Nord. En raison de l’insécurité, Médecins Sans Frontières (MSF) a choisi d’établir un programme contrôlé à distance 1 (se référer à l’information de l’encadré) dans le Caucase du Nord. En ce qui a trait aux projets situés en Tchétchénie, le travail y est supervisé par les membres de l’équipe de gestion, basés au bureau de coordination à quelque 1000 kilomètres de Moscou. Les membres de cette équipe parviennent, à l’occasion, à effectuer de brèves visites dans la région.
Dans un contexte où les besoins de santé sont immenses, MSF a répondu en Tchétchénie en offrant des programmes médicaux étendus, comprenant des soins primaires, de la chirurgie, un traitement contre la tuberculose et un soutien de santé mentale. Dans les dispensaires soutenus par MSF, les médecins tchétchènes traitent une population souffrant de conditions reliées au stress. Les cliniques mobiles de MSF sont conçues pour atteindre les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP), retournées en Tchétchénie, mais qui continuent à vivre sous des toits temporaires. En privilégiant les soins procurés aux mères et aux enfants, MSF offre des soins pédiatriques et gynécologiques et soutient les établissements existants de soins maternels et pédiatriques à Grozny. De plus, un volet de soins de santé mentale à été intégré à ses programmes en 2002. La présence de MSF à l’hôpital no 9 de Grozny, permet un soutien des services de neurochirurgie et de traumatologie, où plus de 150 traumatismes reliés à la violence sont traités par des médecins MSF chaque année. La présence MSF permet aussi le soutien d’un centre de soins intensifs, ainsi qu’un projet de chirurgie reconstructrice pour traiter les blessures de guerre de longue date.
Après la fin de la guerre, le traitement de la tuberculose est devenu l’un des besoins les plus laissés pour compte en Tchétchénie. Le programme de traitement contre la tuberculose soutenu par MSF depuis 2004 a connu un récent essor, et couvre maintenant la population entière de la République et permet un accès aux soins aux tuberculeux des régions montagneuses éloignées du sud.
Les unes après les autres, les organisations humanitaires mettent fin à leurs programmes d’intervention d’urgence en Tchétchénie. Pourtant, la situation de sécurité demeure volatile dans la région et les évaluations de MSF démontrent que la population requiert toujours des services de santé. Tel que l’explique Willem de Jonge, chef de mission pour MSF, « Nous pouvons voir un réel progrès en Tchétchénie, mais aussi le potentiel pour que les choses tournent au pire au moindre instant. »
1 Qu’est-ce qu’un projet contrôlé à distance?
- Un projet contrôlé à distance est un projet qui fonctionne sans la présence d’équipes d’expatriés sur les lieux du projet.
- L’équipe de gestion du pays (chef de mission, coordonnateur médical et autres membres de l’équipe de gestion) a généralement peu, sinon aucune, possibilité de visiter le site du projet et est souvent basée à un endroit relativement loin du projet comme tel.
- Ce modèle de projet a été mis en place en raison des risques de sécurité qu’encourrait le personnel humanitaire international en se trouvant directement dans un projet.
- Les activités des projets sont donc menées exclusivement par une équipe de médecins, d’infirmiers, de logisticiens et d’administrateurs locaux, qui coordonnent les opérations sur place.
Dernières Nouvelles
3 700 patients traités la première année
Les civils toujours pris dans les bombardements
Mission de MSF en Syrie en mars 2012
MSF attend toujours l’autorisation d’apporter des secours
Les gouvernements doivent tenir leurs promesses financières



